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(fr) CNT-SO - Communiqué de rentrée 26-27
Date
Mon, 14 Sep 2026 22:05:59 +0300
Une rentrée et un bilan ---- Emmanuel Macron va bientôt quitter la
présidence après une décennie à accentuer les inégalités. Il laissera
derrière lui un pays exsangue et miné par des inégalités sociales au
plus haut depuis 30 ans (INSEE). Les jeunes travailleurs·euses auront
été particulièrement victimes de la «politique de l'offre» et loin
d'avoir réussi à endiguer la tentation du vote RN, les ponts vers les
idées d'extrême droite n'ont au contraire jamais été aussi solides grâce
aux logiques réactionnaires omniprésentes en Macronie. ---- La dernière
rentrée de la sinistre décennie macroniste marque la fin d'une période
de politiques ultra-libérales qui ont affaibli l'École, les services
publics et l'ensemble des conquis sociaux. Cette rentrée n'est pas
seulement un moment administratif: c'est le symbole de choix politiques
dont le but est de fragiliser les travailleurs·euses.
10 ans de réformes pour quels résultats?
Ces dix années de politiques éducatives laissent un paysage dévasté avec
des contre-réformes médiatiques et précipitées, des dispositifs
expérimentaux abandonnés aussi vite qu'ils ont été imposés, des
injonctions contradictoires, et une ligne directrice prédatrice et
constante malgré la valse étourdissante des ministres: adapter l'école
aux besoins du capital plutôt qu'à ceux des élèves et des personnels.
Cette politique mortifère a eu des conséquences immédiates et tragiques,
en stage notamment, avec de nombreux élèves blessés ou même morts. Ces
drames ne sont pas des accidents isolés, mais le symptôme d'un système
qui choisit d'exposer sa jeunesse (et en particulier celle issue des
quartiers populaires), pour satisfaire les besoins du patronat.
Si les programmes EVARS sont solidement construits grâce aux
interventions syndicales et imposés enfin dans les établissements pour
développer l'égalité filles-garçons et minorités de genre, on peut
déplorer l'absence de temps réglementaire de décharge ou de moyens
alloués, le budget et le pass cuture étant insuffisants, faisant peser
sur les épaules des personnels volontaires une lourde charge.
Cette décennie aura aussi été celle d'annonces démagogiques et
réactionnaires comme le soi-disant retour de l'uniforme (expérience
abandonnée dans la plus grande discrétion) ou l'intolérance et mépris
affichée pour les fautes d'orthographe et de syntaxe au baccalauréat en
faisant un outil de contrôle des personnels lors des corrections des
examens... L'Éducation nationale vaut mieux qu'un coup de com' permanent!
Quoi de neuf pour la rentrée?
Le mois de juin puis l'été ont été un choc climatique: cinq canicules,
des feux de forêt ravageurs, des territoires entiers laissés à
l'abandon. Les populations les plus précaires ont été les premières
exposées, confirmant que la crise écologique est aussi une crise sociale.
Dans les écoles, la situation a été intenable et l'est de nouveau :
salles de classe transformées en étuves, personnels et élèves en
souffrance, aucune anticipation, aucune mesure sérieuse. . La fin
d'année scolaire, déjà marquée par des épisodes caniculaires, avait
pourtant donné l'alerte. Rien n'a été fait. Les bâtiments restent
inadaptés, les protocoles inexistants et l'État continue de nier la
réalité climatique pourtant annoncée depuis longtemps. Et on apprend que
le plan canicule, destiné à adapter les établissements scolaires, vient
de subir une coupe de 40 million alors qu'une énième canicule arrive!
Le ministère de l'éducation nationale aura montré jusqu'à la fin de ce
mandat le peu de cas qu'il faisait de la santé et de la sécurité des
personnels. Négligeant la protection de nos données numériques, ces
dernières circulent désormais sur des marchés opaques, exposant les
personnels à des risques d'escroquerie, de harcèlement et de
surveillance. Comme d'habitude la réponse apportée par l'institution
est clairement insuffisante. Aucune prise de responsabilité, aucune
garantie de sécurité pour le futur, aucune mesure de réparation n'est
envisagée. Doit-on s'en étonner?
À partir de ce mois de septembre, l'interdiction des téléphones
portables dans les lycées est brandie comme une mesure phare. Pour nous,
c'est de la poudre aux yeux. Une diversion affligeante pour masquer la
dégradation massive des conditions d'enseignement: classes surchargées,
bâtiments dégradés, absence de personnels, souffrance scolaire en
hausse. On prétend régler un problème en interdisant un objet, alors que
les élèves ont besoin d'air, de soutien, de moyens, pas d'un nouveau
dispositif répressif! Et l'ironie est totale: l'institution elle‑même a
rendu les portables indispensables via Pronote et les outils numériques
imposés aux familles.
Dans le même mouvement, la nouvelle cérémonie commémorative du 11
novembre, rendue obligatoire, s'inscrit dans une dérive inquiétante.
Sous couvert de travail de mémoire, on impose aux élèves une célébration
morbide, un rituel qui loin de prévenir contre les horreurs de la
guerre, glorifie au contraire le sacrifice militaire et cherche à
installer un culte des martyrs. Cette injonction participe d'une
militarisation de la jeunesse que nous dénonçons depuis l'expérience
désastreuse du SNU et celle plus actuelle des «classes défense».
L'État affirme vouloir acculturer la jeunesse à la défense nationale.
Nous répondons que nos établissements ne sont pas des bureaux de
recrutement! Nous préférons que ces crédits et cette énergie soient mis
au profit des défis écologiques et sociaux à venir. Nous voulons
construire un futur solidaire habité par des citoyen·nes libres,
critiques et émancipé·es et non par des sujets disciplinés pour des
logiques guerrières.
Pour nous le seul slogan qui vaille lorsqu'on pense au 11 novembre est
«Maudite soit la guerre!»
Et maintenant que fait-on?
Comme toute année d'élection présidentielle, 2027 s'annonce évidemment
comme un moment charnière. Mais ne nous y trompons pas: si nous nous
réjouissons de la fin d'une décennie de macronisme à l'École, nous ne
croyons pas en l'homme ni à la femme providentiel·le. Nous lutterons
contre tout projet réactionnaire de droite ou d'extrême-droite mais nous
avons aussi en mémoire les différentes réformes prises par celles et
ceux qui, «à gauche» ont voulu nous endormir à coup de promesses jamais
honorées. Plus que jamais défendons les valeurs démocratiques, la
solidarité et tenons la ligne antifasciste. À l'École comme ailleurs
c'est nous qui travaillons alors c'est nous qui décidons!
https://educ.cnt-so.org/article/communique-de-rentree-26-27/
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