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(fr) Union Communiste Libertaire (UCL) - Voir: Hasan Hadi, «Le Gâteau du président»
Date
Tue, 21 Apr 2026 19:11:32 +0100
Le Gâteau du président, de son titre original Mamlaket al-qasab,
littéralement «Le Royaume du roseau», est un film réalisé par Hasan Hadi
dont c'est le premier long métrage. Il a été présenté en avant-première
au festival de Cannes en mai 2025. ---- Chronique d'un pays en guerre
---- Le film nous fait redécouvrir l'Irak du début des années 1990 lors
de la première guerre du golfe, où nous allons principalement suivre
Lamia, 9ans, interprétée par Baneen Ahmad Nayyef, sa grand-mère Bibi,
interprétée par Waheed Thabet Khreibat, et son camarade de classe et ami
Saeed, interprété par Sajad Mohamad Qasem, qui vivent dans des marais au
bord de l'Euphrate, dans un pays sous embargo international après
l'invasion du Koweït par l'armée irakienne. ---- C'est dans ce contexte
que Lamia est tirée au sort dans sa classe de CE2 pour préparer un
gâteau pour l'anniversaire du président Saddam Hussein, alors que le
pays manque de tout, que les prix explosent, et que la militarisation de
la jeunesse et de la société s'accroissent.
Sans argent pour acheter des oeufs, de la farine et du sucre, Bibi et
Lamia partent à la ville la plus proche pour échanger de quoi préparer
le gâteau. S'ensuit alors une suite de péripéties qui amènent Lamia et
Saeed à faire preuve de débrouillardise pour acquérir les ingrédients du
gâteau, les enfants rencontrant ainsi de nombreux adultes, surtout des
marchands, à travers différents lieux de la ville, tandis qu'en
parallèle Bibi se retrouve aux prises avec les policiers d'un
commissariat. Pendant le film, le ou la spectatrice est surtout amenée à
constater la déliquescence de la plupart des liens de solidarités avec
un abus répété de pouvoir de la plupart des personnages secondaires,
surtout les marchands et les fonctionnaires, tombant peut-être à
certains moments dans un pathos critiquable; éventuellement un des seuls
reproche à faire au film et à son équipe.
Le Gâteau du président est, quoi qu'il en soit, un très beau film, servi
par de poignants acteurs et actrices et brillamment réalisé avec, par
exemple, de superbes plans de l'Euphrate, et qui montre une
reconstitution très crédible de l'Irak de la Première Guerre du golfe.
C'est un film subtil qui dénonce sans s'étaler: les conséquences des
sanctions déclarées par la communauté internationale et l'ONU sont
rendues sensibles par la mention des prix exorbitants exigés par les
commerçants et commerçantes pour le moindre bien ou par la mention de la
pénurie de médicaments au détour d'une phrase; la guerre et les bombes
américaines sont rendues visibles par les soldats blessés et par le
ballet continuel et menaçant d'avions à réaction dans le ciel; etc.
Les conséquences des guerres impérialistes
Le Gâteau du président est donc une bonne piqure de rappel du réel, pour
voir concrètement quels sont les conséquences matérielles des politiques
américaines et occidentales en matière de justice internationale à coup
de sanctions économiques et de bombardements, s'abritant derrière la
«libération des peuples» ou l'«apport de la démocratie» et visant un
régime soit-disant à bout de souffle.
Régime qui s'enfonce alors encore plus dans le culte de la personnalité,
la militarisation et le fanatisme, tandis que les cibles a priori
désignées de ces politiques, Saddam Hussein et sa court, restent à
l'abri dans leurs palais et leurs bunkers, et continuent de profiter de
gâteaux d'anniversaire disproportionnés, suggérant que le dictateur et
ses proches ne semblent pas, comme on pouvait s'y attendre, subir les
conséquences de la guerre et des privations.
Avertissement: c'est cependant un film, qui sans être gore ou
voyeuriste, est dur et où quasiment rien n'est épargné au spectateur.
Au final, nous pouvons voir dans ce film une critique de l'impérialisme
occidental, montrant sans fard ses conséquences sur le terrain. Le film
ne tombe pas non plus dans le piège de mettre en avant la bourgeoisie
nationale comme un rempart à l'impérialisme, mais, ne proposant aucune
solution, aboutit néanmoins à un pessimisme politique paralysant. Cela
nous rappelle plus que jamais la nécessité de s'organiser collectivement
face à la marche à la guerre et la barbarie capitaliste.
Oli (UCL Alsace)
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Voir-Hasan-Hadi-Le-Gateau-du-president
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