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(fr) FDCA, Cantiere #42 [ITA] - Loi sur le viol: un choix politique pour maintenir le contrôle sur le corps des femmes - Stefania Baschieri (it)[Traduction automatique]

Date Sun, 22 Mar 2026 18:16:44 +0000


Dans un contexte où les violences sexuelles demeurent un fléau majeur au Vietnam, le récent débat sur la loi relative aux violences sexuelles, dite «loi sur le viol», a suscité une vague de critiques de la part des juristes, des organisations de lutte contre les violences et, surtout, du mouvement féministe. Il convient de rappeler qu'en novembre dernier, la Chambre des députés a adopté à l'unanimité un projet de loi remplaçant intégralement l'article 609 bis du Code pénal, liant explicitement le crime de violence sexuelle à la notion de consentement libre et effectif, principe déjà établi par la Cour de cassation et la Convention d'Istanbul. Ce vote a eu lieu quelques jours seulement avant la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, et le Premier ministre l'a présenté avec insistance comme la preuve de l'importance que son gouvernement accorde aux droits des femmes. Malheureusement, à la date prévue pour son examen au Sénat, la majorité a décidé de bloquer le vote, reportant l'examen du texte et demandant des «investigations complémentaires». Le 22 janvier, la Ligue, par l'intermédiaire du sénateur Bongiorno, a présenté un projet d'amendement à la Commission de la justice du Sénat. Cet amendement a été mis aux voix et approuvé par le Sénat le 27 janvier. Il modifiait radicalement le texte précédemment adopté à l'unanimité, en en dénaturant le sens. Le nouveau projet remplace le «consentement» par «l'intention de s'opposer à l'acte sexuel», introduisant la notion de désaccord et ramenant le système juridique à un cadre obsolète et patriarcal.

Il convient de rappeler que la Convention d'Istanbul (article 36), ratifiée par l'Italie en 2013, établit clairement que «le consentement doit être donné librement, comme une expression libre de la volonté de la personne». Sans consentement, tout acte sexuel est considéré comme une violence. Le modèle du désaccord, en revanche, présuppose que la victime doit manifester une «réaction» active - cris, répulsion, tentatives de fuite - pour prouver son absence de consentement. Cette approche ignore complètement des phénomènes tels que la paralysie psychologique qui bloque de nombreuses victimes lors d'une agression, déplaçant ainsi la charge de la preuve de l'agresseur à la victime, qui subirait alors le phénomène répandu de la victimisation secondaire, ce qui découragerait les plaintes.

Il faut affirmer clairement que construire une loi sur la liberté sexuelle en partant du principe du «non» plutôt que du «oui» revient à continuer de raisonner comme si le corps des femmes - et de toute autre personne victime de violence - était disponible par défaut.

Le projet de loi ignore délibérément une vérité fondamentale: le silence n'est pas un consentement. Ce n'est pas le cas dans la vie quotidienne, ni dans les relations amoureuses, et ce n'est pas - ou ne devrait pas être - le droit pénal. Or, se focaliser sur le désaccord revient précisément à dire: si vous n'avez pas dit non, alors vous avez peut-être consenti.

Le projet de loi, dans sa formulation, semble dire: «Prouvez-moi que vous avez dit non», mais ceux qui travaillent dans le système judiciaire savent bien que cela signifie des procès plus difficiles, plus longs et plus douloureux. Cela implique des interrogatoires qui fouillent dans la vie privée de la victime, ses réactions émotionnelles et son comportement avant et après l'agression. En substance, cela revient à déplacer l'attention de l'agresseur vers la victime.

C'est un énorme pas en arrière, une réintroduction d'un modèle chauvin et patriarcal qui, de surcroît, ne tient pas compte de la réalité de la violence.

Il faut souligner que la dissidence n'est pas toujours possible. Elle l'est lorsqu'il existe un rapport de force; lorsqu'il y a peur; lorsque l'agresseur est un membre de la famille, un partenaire ou un supérieur hiérarchique; lorsque la victime est en état de choc.  Pourtant, ce projet de loi semble conçu comme si toutes les agressions avaient eu lieu dans une ruelle sombre, parmi des inconnus, avec un «non» crié à pleins poumons.

Alors que d'autres pays européens ont opté pour le modèle du consentement positif, comme le stipule explicitement la Convention d'Istanbul, l'Italie reste ancrée dans un paradigme obsolète. Un principe simple y est affirmé: tout acte sexuel sans «oui» est une violence et n'est légitime que s'il est consenti de bout en bout. Or, ici, nous persistons à raisonner comme si la responsabilité incombait à la victime, qui doit manifester son opposition.

En réalité, la question du consentement remplacée par celle de la dissidence n'est pas un simple détail technique. Elle constitue le critère décisif d'une vision de la sexualité et du pouvoir; elle perpétue une conception de la sexualité selon laquelle les corps des femmes, et ceux de tous les autres sujets historiquement soumis à la violence, sont toujours disponibles, à moins qu'ils n'expriment leur désaccord. Il s'agit d'un choix politique clair: maintenir un contrôle systémique sur les corps des femmes.  Enfin, il convient de noter que ce projet de loi met l'accent sur le durcissement des peines, illustrant une fois de plus la vision sécuritaire de cette majorité, qui croit que tout peut être résolu en augmentant les sanctions sans s'attaquer aux causes profondes du problème. Or, une société ne change pas en augmentant le nombre de sanctions pénales. Elle change lorsque l'on s'attaque aux racines de la violence, lorsque des mesures sont mises en oeuvre pour promouvoir l'éducation sexuelle, émotionnelle et affective dans les écoles (ce à quoi cette majorité s'oppose fermement), lorsque la prévention, la formation et une culture du consentement sont instaurées. Tous ces éléments sont complètement ignorés par ce projet de loi.

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