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(fr) Union Communiste Libertaire (UCL) - Max (CGT Capgemini): «Ce qu'on veut, c'est la fermeture de Capgemini Government Solutions.»,Approved: 5frannew
Date
Sun, 22 Mar 2026 18:16:42 +0000
Fin 2025, la CGT Capgemini apprend que la filiale américaine du groupe
-appelée Capgemini Governement Solutions (CGS)- propose des outils de la
société Palantir à des fins de surveillance de masse. En janvier 2026,
l'observatoire des multinationales puis France2 révèlent que CGS dispose
de plusieurs contrats avec l'ICE, certains fixant des primes à la
performance dans leur chasse aux migrantes et migrants. ---- AL: Au
moment où ça sort en janvier, il se passe quoi dans le syndicat? ----
Maximilien: On travaillait déjà sur la question. Dès la réélection de
Trump, il y avait eu un mail de l'ambassadeur envoyé aux entreprises.
Capgemini a commencé à changer son discours politique, notamment sur
l'inclusivité et la diversité. Quand France2 sort son enquête, ça a
accéléré les choses. On a bouclé et sorti tout ce sur quoi on
travaillait depuis un mois: posts Instagram, communiqués de presse,
répondre à tous les journalistes, interpeller notre fédération et la
confédération CGT. Voir aussi ce qu'on peut faire en coordination des
luttes. Parce que Capgemini n'est pas la seule entreprise, il y a aussi
Thalès et d'autres encore.
Il faut aussi proposer une alternative. On dénonce, OK, mais qu'est-ce
qu'on fait? Parce qu'il y a quand même des camarades, des collègues qui
doivent travailler. Il faut de plus rappeler aux gens qu'il y a une
autre solution que ce que le capitalisme nous donne. En tant
qu'expert·es de notre domaine on sait qu'on peut utiliser notre force de
travail pour autre chose.
Maximilien est informaticien à Capgemini, entreprise de services du
numérique française, cotée au CAC40. Il est délégué syndical, et
co-secrétaire général de la CGT Capgemini.
Maximilien
Donc il a fallu convaincre un peu les collègues.
Juste avant, on a appris un plan de 2 409suppressions de postes. On a
commencé à faire des assemblées générales. Mais comme pour les
négociations annuelles obligatoires et plus généralement dans le monde
de l'informatique et des ingénieur·es, les gens sont très fatalistes.
Donc on n'a pas vraiment réussi à avoir les foules. À l'inverse, le
contrat avec l'ICE, c'est tout de suite beaucoup de messages de soutien,
beaucoup de remerciements de gens qui était fièr·es qu'on essaie de
combattre ça de l'intérieur. Et beaucoup de syndicalisation. Les gens se
sont dits: «mon entreprise fait de la merde, je vais pas fermer les
yeux, je vais y aller».
Pour dire l'ampleur de la crise à Capgemini, toutes les organisations
syndicales ont été invitées par Aiman Ezzat, le PDG, pour une réunion de
discussion, ce qui est très rarement fait. En tant que simple
informaticien, en veste Adidas et casquette Lacoste, au siège
international et face au patron en visio, on ressent bien le système de
domination. J'ai lu une déclaration collective et j'ai pu confronter le
patron sur son discours éthique. En effet, les collègues qui refusent
des missions pour rester en accord avec leurs principes se font mettre à
la porte.
Dans vos revendications, il y avait la fin des partenariats avec l'ICE,
et cette question de la clause de conscience.
Lors d'une précédente négociation, on a revendiqué une «clause de
conscience écologique», notamment sur les contrats avec Total. Elle a
été immédiatement balayée, mais ce sont des choses qu'on essaye
syndicalement de mettre en place: les collègues sont bouffé·es par le
Capital, mais ayons quand même un peu de pouvoir sur nos valeurs.
Certaines et certains collègues veulent quand même faire ce genre de
contrat. Il y a pas de souci, on juge pas les collègues sur ce qu'elles
et ils font, ce n'est pas notre but. Nous sommes là pour pour leur
donner une solution de sortie.
Face aux luttes internes et à l'ampleur du scandale, Capgemini a mis en
vente sa filière aux États-Unis.
Déjà, qui va acheter une entreprise qui selon les mots du PDG «n'est pas
rentable»? Ensuite la «mise en vente» c'est juste déplacer le problème
chez quelqu'un d'autre. On a la fameuse phrase chez nous: «Je mets en
vente le fusil qui a permis de tuer 50personnes. Ce n'est plus le mien!»
Nous, ce qu'on veut, c'est clairement la fermeture de CGS.
Vous avez étendu cette revendication pour demander la fin de tous les
partenariats nocifs, avec les entreprises génocidaires ou écocides.
Est-ce que dans le syndicat, et dans la boîte, ça rencontre des échos?
On pourrait faire du name and shame. Mais toutes les grosses entreprises
capitalistes collaborent avec les entreprises génocidaires ou
coloniales, ou fournissent les gouvernements et l'armée. On demande au
moins un audit. Capgemini est une entreprise internationale, elle vient
de sortir une entité. Mais par exemple en Hongrie, qu'a-t-on comme
activité? Que propose-t-on comme services? On reste quand même un
syndicat internationaliste, donc nous défendons les intérêts de toutes
les travailleuses et tous les travailleurs, et pas que les blancs et
blanches. En tant que syndicat internationaliste, on doit aider les
camarades d'Amérique, qui sont dans les mêmes orientations que la CGT.
On estime qu'on ne doit pas être responsables de néocolonialisme.
Revenons à l'annonce de plus de 2 400suppressions de postes et ce
Taylorisme appliqué à l'informatique.
Pendant longtemps, l'informatique a été un eldorado et beaucoup de gens
s'y sont reconverti·es. On avait le rapport de force individuel pour
négocier les salaires. Mais les patrons ont compris: ils ont fait
beaucoup de reconversion professionnelle, mais sur des tâches
spécifiques plutôt que sur un cursus pour devenir généraliste dans
l'informatique.
C'est une forme de néo-taylorisme. Beaucoup de métiers deviennent
obsolètes et sont laissés de côté dans les réorganisations. Les gens ne
retrouvent pas forcément du travail derrière, parce qu'ils font une
tâche spécifique. En plus, le statut de cadre a l'air (faussement)
protecteur. Les collègues se disent qu'ils et elles ne sont plus de
notre classe sociale. Moi c'est ce que j'appelle des cadres fiscaux. On
reste des ouvrières et des ouvriers, mais avec une chemise. Je ne dis
pas que notre travail est fatiguant physiquement, on n'est pas à
l'usine. Mais il est tout aussi fatiguant intellectuellement parce que
tu fais tout le temps les mêmes tâches. Beaucoup de collègues se
définissent comme ouvrières et ouvriers du code, parce qu'elles et ils
bossent pendant des années sur les quatre mêmes lignes de code. Les
patrons ont adapté les méthodes de production des usines de l'industrie,
et ils l'ont mis dans l'informatique. L'intelligence artificielle est un
faux prétexte. Il s'agit de diminuer la masse salariale et d'augmenter
la productivité. Pour le plus grand bonheur des actionnaires.
Propos recueillis par Malo (UCLRennes)
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Max-CGT-Capgemini-Ce-qu-on-veut-c-est-la-fermeture-de-Capgemini-Government
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