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(fr) Union Communiste Libertaire (UCL) - Débat: Lutte des classes et alliance avec les animaux
Date
Tue, 10 Mar 2026 17:52:14 +0000
Dans notre numéro de décembre 2025 paraissait un texte critiquant la
notion d'antispécisme. Cet article cherche à apporter des réponses à
certaines de ces critiques, notamment à travers la notion d'alliance et
en cherchant à penser un antispécisme nuancé, en particulier concernant
la question de l'élevage. ---- Dans son article «Par-delà le spécisme et
l'antispécisme» [1], Thomas Wendelin porte une critique sur la limite
des outils conceptuels utilisés par la mouvance antispéciste, comme par
exemple les notions de «classe animale» et «classe humaine». Pour
traiter la question animale, l'auteur rappelle avec justesse la boussole
du matérialisme et propose des pistes d'élaboration politique
alternatives à l'antispécisme. ---- Pour les communistes libertaires, le
matérialisme demeure effectivement un outil essentiel, et doit être
utilisé pour analyser la question animale et pour tenter de l'intégrer
au sein d'une plateforme politique cohérente. Comme le mentionne
l'article, l'éthologie [2] a permis, par exemple, de confirmer
scientifiquement les observations empiriques faites en tout temps par
celles et ceux qui vivent avec des animaux domestiques. Ceci, à la fois
sur leur sensibilité et leur capacité à développer individuellement des
personnalités en lien avec leur expérience de vie. Cet apport a permis
ainsi de remettre en question scientifiquement la théorie cartésienne de
«l'animal-machine», théorie délétère ayant justifié la négation de la
valeur des vies animales, y compris dans le camp progressiste.
Mais la science permet également de battre en brèche de nombreuses
autres idées reçues sur la supposée «exception humaine» (voir aparté
ci-dessous), sur lesquelles s'appuie pourtant l'article de Thomas
Wendelin et qui sont encore largement répandues dans le mouvement
ouvrier: c'est sur ce principe que repose, encore aujourd'hui, la
définition du «travail» telle qu'elle est transmise au sein de la CGT
dans les formations d'accueil des nouvelles et nouveaux syndiqués.
L'écologie politique a apporté une contribution déterminante au camp
progressiste en posant la question de la coexistence entre les humains
et les autres espèces au sein d'écosystèmes que nous sommes contraints
de partager dans un contexte de limites planétaires. L'apport essentiel
des antispécistes est de mettre aujourd'hui en avant ce que nous avons
en commun avec les animaux au plan ontologique [3] et de positionner nos
questionnements à la hauteur de l'individu animal. Le courant communiste
libertaire a intégré les acquis de l'écologie politique, pourquoi
n'intégrerait-il pas aujourd'hui les acquis positifs du mouvement
antispéciste? Mais comment le faire? Si nous avons des traits communs
avec les animaux, qui justifient que nous les considérions comme des
sujets politiques, nous avons aussi des différences qui invalident la
pertinence des outils critiques que nous utilisons habituellement pour
caractériser les oppressions au sein de la seule espèce humaine. Or
c'est bien souvent en tentant d'étendre ces outils critiques à la
question animale que nous buttons, ce que démontre avec pertinence
Thomas Wendelin dans son article.
Par exemple, l'élevage de moutons constitue-t-il une forme
«d'exploitation»? Si nous considérons un mouton comme nous considérons
un ou une travailleuse salariée dans la société capitaliste, l'élevage
est assurément une forme d'exploitation des plus atroces. Mais les
moutons ne sont pas des humains salariés, et les relations sociales
riches et profondes qu'ils construisent entre eux ne relèvent pas du
système capitaliste. Nos mondes se croisent, mais ils sont distincts. La
notion «d'alliance», issue de l'écologie scientifique et reprise par
l'écologie politique, peut constituer une clé pour prolonger au-delà de
l'humanité ce que l'unité de classe permet de caractériser en son sein.
L'élevage une fois reconsidéré comme une alliance entre les humains et
les mouflons (l'espèce sauvage dont sont issues toutes les lignées
domestiques de moutons) peut alors être décrit comme une relation qui
aura permis la réussite évolutive réciproque des humains et des
mouflons, dont les descendances auront prospéré conjointement partout
sur la planète bien au-delà de leurs niches écologiques d'origine grâce
aux bénéfices mutuels tirés de leur coexistence. En considérant la
valeur individuelle de la vie de chaque être sensible, l'antispécisme
peut nous aider à approfondir cette alliance au-delà de sa seule
dimension écologique, en posant comme perspective progressiste
l'évolution des systèmes d'élevage actuels vers une nouvelle forme de
relation reposant sur la prise en compte intégrale du bien-être
individuel des moutons et, réciproquement, du bien-être des humains qui
vivent avec eux. Une telle perspective de dépassement rendant
compatibles l'antispécisme et l'élevage, mais incompatible avec une
économie concurrentielle, pourrait permettre l'exploitation de la laine
pour les vêtements et l'isolation thermique des bâtiments, le
renoncement à l'abattage, une production de lait limitée au surplus non
consommé par les agneaux, et l'exploitation du cuir et de la viande des
animaux morts de manière naturelle.
La cause animale contient un potentiel unificateur pour notre classe,
comme le mentionne Thomas Wendelin. Elle contient, aussi, un potentiel
révolutionnaire: au sein de l'espèce humaine, la propriété privée et les
classes sociales sont nées avec l'apparition de l'élevage au
néolithique; le capitalisme moderne repose lui sur l'exploitation à
outrance des écosystèmes dans lesquels vivent les animaux sauvages et se
traduit par une intensification à un niveau inédit dans toute l'histoire
de l'humanité des violences exercées contre les animaux domestiques.
Construire une stratégie révolutionnaire reposant sur une dialectique
entre la lutte des classes et l'alliance avec les animaux peut
constituer un axe d'élaboration politique pertinent pour les communistes
libertaires, ainsi qu'une voie de convergence pour les antispécistes:
jamais il ne sera possible d'organiser le dépassement du capitalisme
sans remettre en question nos relations avec les animaux, et jamais il
ne sera possible d'abolir les violences commises contre les animaux sans
mettre à bas le capitalisme.
Felis Nigra (UCL Montreuil)
++++
UNE «EXCEPTION HUMAINE»?
L'espèce humaine serait seule capable de transformer son environnement
et d'agir sur ses conditions de vie? Les connaissances acquises par la
zoologie et l'écologie démontrent le contraire. Les exemples sont
innombrables: les castors, capables de transformer à grande échelle les
réseaux hydrographiques, les taupes expertes de l'aménagement du
sous-sol ou encore les cnidaires constructeurs de récifs coralliens.
L'exception humaine tiendrait à la capacité à penser le monde et à faire
reposer toute action sur une vision critique? La science démontre au
contraire des capacités d'abstraction chez de nombreuses espèces
animales, des insectes aux mammifères, et l'importance des gouts
esthétiques chez de nombreuses espèces d'oiseaux.
L'exception humaine tiendrait-elle à ses structures sociales? Les
animaux, aussi construisent des sociétés, diverses, dotées
d'organisations complexes, stratifiées, régies par des règles, évoluant
de manière dynamique. La primatologie, s'appuyant sur l'étude d'espèces
présentant un degré élevé d'apparentement avec les humains, apporte des
données essentielles. Loin de constituer des exceptions humaines, le
patriarcat et la xénophobie sont documentés chez les chimpanzés, de même
que des comportements que nous jugeons anti-sociaux, comme le meurtre et
la guerre ou, à l'inverse, l'altruisme et l'amitié.
Notes:
[1] Thomas Wendelin, « Débats: Par-delà le spécisme et l'antispécisme »,
Alternative libertaire n°366, décembre 2025.
[2] L'éthologie est l'étude scientifique du comportement animal.
[3] L'ontologie est une branche de la philosophie qui cherche à définir
ce qu'est l'être.
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Debat-Lutte-des-classes-et-alliance-avec-les-animaux
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