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(fr) CNT-TAS - Qui veut la peau de l'inspection du travail?
Date
Fri, 24 Jul 2026 00:08:28 +0300
Signez et faites signer la tribune de soutien à nos collègues
inspecteurs du travail Pierre et Benoit!
<https://www.change.org/p/en-is%C3%A8re-comme-ailleurs-%C3%A7a-suffit-soutien-%C3%A0-nos-coll%C3%A8gues-pierre-et-beno%C3%AEt>
---- Depuis de nombreuses années, les services de l'inspection du
travail sont mis sous tension. Un rapport récent du cabinet indépendant
APTEIS a dressé un tableau alarmant des services du ministère du Travail
et de l'Emploi, en particulier ceux de l'inspection du travail. ----
Depuis 2017, 20 % des postes d'inspection du travail ont été supprimés
et les effectifs des fonctions d'appui ont été réduits drastiquement. À
ce jour, il reste moins de 1 800 agent·es de contrôle pour 21 millions
de salarié·es. La mise sous pression managériale a été privilégiée au
détriment de l'appui aux fonctions de contrôle: en lien avec des plans
de communication sans moyens augmentés, les ministres du Travail
successifs fixent des objectifs chiffrés,
le plus souvent sans rapport avec les besoins du terrain et les
demandes d'intervention des travailleur·euses ou de leurs représentant·es.
Le rapport fait également état d'une intensification et d'une
complexification généralisées du travail, qui ont pour conséquence une
explosion des risques psychosociaux.
Dans le même temps, la réforme «OTE» de 2021 (Organisation territoriale
de l'État) a renforcé le pouvoir des préfets, plaçant l'ensemble de la
hiérarchie locale de l'inspection du travail (DDEETS et DREETS) sous la
tutelle du ministère de l'Intérieur, dont dépend désormais l'ensemble
des moyens de fonctionnement de l'inspection du travail. Cette situation
de tutelle préfectorale rend de plus en plus illusoire la garantie
d'indépendance des services de l'inspection du travail exigée par la
Convention n° 81 de l'OIT ratifiée par la France.
Dans ce contexte, ce qui s'est joué autour de la défense du 1er mai,
seul jour «super férié» (c'est-à-dire férié et chômé) est édifiant.
Malgré les attaques dont il a fait l'objet, les règles particulières
protégeant le 1er mai n'avaient pas changé. Le gouvernement a pourtant
fortement suggéré aux agent·es de contrôle d'anticiper une hypothétique
évolution réglementaire, fait tout à fait inédit.
Plus grave encore en termes de respect de l'État de droit et du principe
de séparation des pouvoirs, le même gouvernement, par la voix du Premier
ministre, a invité les représentants patronaux des boulangeries et des
fleuristes à déroger à la loi existante, leur assurant une tolérance des
services de contrôle. Dans certains départements, comme en Isère, des
directions zélées sont allées jusqu'à tenter d'empêcher les inspecteurs
et inspectrices du travail de mener à bien des contrôles.
Le Premier ministre s'est même autorisé à appeler un boulanger ayant
fait l'objet d'un contrôle pour l'assurer qu'aucune amende ne serait
prononcée. La délinquance patronale a donc été encouragée puis
légitimée, le tout en décrédibilisant l'action de l'inspection du travail.
Dans ce même département, deux inspecteurs du travail ont été convoqués
le 4 mai 2026 par la police pour des faits supposés de «harcèlement
moral», convocation faisant suite à un signalement ancien de leur
direction et une plainte de leur supérieure hiérarchique, dans un
contexte d'intense dégradation des conditions de travail qu'ils ont
maintes fois dénoncée en tant que représentants syndicaux des agent·es.
Il s'agissait donc clairement d'une procédure-bâillon et de
représailles. Le procureur de la République de Grenoble ne s'y est pas
trompé et a très rapidement classé sans suite cette plainte de la
hiérarchie. Pourtant, manifestement déterminé à mettre au pas
l'inspection du travail, le ministère du Travail a immédiatement engagé
des poursuites disciplinaires contre les deux inspecteurs, à qui il est
reproché de s'exprimer afin d'obtenir des conditions de travail dignes
au ministère du Travail, ou de refuser de participer à des contrôles
concernant la lutte contre le narcotrafic.
Ces inspecteurs dénoncent l'impossibilité de mener à bien leur mission
essentielle: la protection des travailleur·euses. C'est bien cela qu'on
veut leur faire payer avec ces procédures-bâillons.
Nous ne nous y trompons pas: depuis la loi Travail de 2016 et les
ordonnances Macron en 2017, qui avaient déjà entaillé très sérieusement
la représentation du personnel dans les entreprises et rouvert la boîte
de Pandore des possibilités de dérogations à la loi, le sabotage des
droits des travailleur·euses continue. En s'attaquant à ses
représentants syndicaux, le ministère du Travail veut mettre au pas
l'inspection du travail, une des dernières digues de protection des
droits des travailleur·euses.
Alors que la hausse inquiétante des accidents mortels du travail (plus
de deux travailleurs décèdent au travail chaque jour) devrait obliger le
gouvernement à engager une réelle politique de prévention des risques
pour la santé au travail (notamment par un renforcement des effectifs de
contrôle), et rétablir une réglementation plus protectrice et préventive
(rétablissement des CHSCT en particulier), il ne trouve rien de plus
urgent que de s'acharner sur deux agents de l'inspection, dans
l'objectif clair d'envoyer un message de mise au pas à tous les agent·es
de ce corps de contrôle.
Nous demandons que cesse le harcèlement judiciaire et disciplinaire à
l'encontre de Pierre et Benoît, à commencer par l'abandon des procédures
disciplinaires engagées. La réponse aux revendications et aux luttes des
agent·es de l'inspection du travail ne peut en aucun cas être la
répression syndicale. Nous demandons des moyens, des effectifs, un
véritable plan d'urgence à la hauteur des besoins de ce service public
essentiel qu'est l'inspection du travail.
Premièr·es signataires:
Sophie BINET, secrétaire générale de la CGT
Caroline CHEVÉ, secrétaire générale de la FSU
Julie FERRUA et Murielle GUILBERT, co-déléguées générales de l'Union
syndicale Solidaires
Julien HUARD, secrétaire confédéral de la CNT-SO
Nathalie SALA, secrétaire confédérale de la CNT
Stéphane MAUGENDRE, président du Syndicat des avocats de France
Manon LEFEBVRE, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature
Nathalie TEHIO, présidente de la Ligue des Droits Humains
Youlie YAMAMOTO, porte-parole d'Attac France
Benoît HAMON, président d'ESS FRANCE
Virginie DUPEYROUX, porte-parole de Ban Asbestos France
Caroline MORIO, Marion SEFIDARI et Lauriane THEULLIER, co-présidentes de
l'AVFT
Marie PLA, porte-parole du collectif Nos services publics
Manon AUBRY, députée européenne LFI et présidente du groupe de La Gauche
(GUE/NGL) au Parlement européen
Mathilde PANOT, députée du Val-de-Marne et présidente du groupe LFI à
l'Assemblée nationale
Boris VALLAUD, député des Landes et président du groupe socialistes et
apparentés à l'Assemblée nationale
Cyrielle CHATELAIN, députée de l'Isère et présidente du groupe
Écologiste et Social à l'Assemblée nationale
Stéphane PEU, député de Seine-Saint-Denis et président du groupe
parlementaire Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée nationale
Guillaume GONTARD, sénateur de l'Isère et président du groupe Écologiste
- Solidarités et Territoires au Sénat
Nathalie ARTHAUD, porte-parole de Lutte ouvrière
Olivier BESANCENOT, Christine POUPIN et Philippe POUTOU, porte-paroles
du NPA-A
Gaël QUIRANTE, porte-parole du NPA-R
Anasse KAZIB, porte-parole de Révolution permanente
Gérard FILOCHE, ancien inspecteur du travail et secrétaire national de
L'Après
Anthony SMITH, député européen LFI et inspecteur du travail
Danièle LINHART, sociologue
Annie THEBAUD-MONY, sociologue du travail et de la santé, présidente de
l'association Henri Pézerat
Thomas COUTROT, économiste, chercheur associé à l'Ires
Emmanuel DOCKES, professeur en droit du travail, Université Lyon 2
Pierre-Emmanuel BARRE, humoriste
Bruno GACCIO, auteur
Guillaume MEURICE, humoriste
Nadège ABOMANGOLI, députée LFI de Seine-Saint-Denis
Sylvie AEBISCHER, co-secrétaire générale UFSE CGT
Sarah-Loëlia AKNIN, secrétaire nationale de SUD TAS
Jean-Christophe ANGAUT, philosophe, École normale supérieure de Lyon
Christine ARRIGHI, députée Les Écologistes de Haute-Garonne
Caroline AUDRIC, secrétaire de l'Union Locale du Grand Grenoble
Clémentine AUTAIN, députée L'Après de Seine-Saint-Denis
Léa BALAGE EL MARIKY, députée Les Écologistes de Paris
Marie BARDIAUX-VAÏENTE, autrice et historienne
Sébastien BARLES, coordinateur des Verts Populaires
Louis-Marie BARNIER, sociologue du travail
Stéphane BAROZ, co-secrétaire du syndicat Solidarité cordiste SYSOCO
Lisa BELLUCO, députée Les Écologistes de la Vienne
Anaïs BELOUASSA CHERIFI, députée LFI du Rhône
Guy BENARROCHE, sénateur Les Écologistes des Bouches-du-Rhône
François BENOIT-MARQUIÉ, coordinateur des Verts Populaires
Nicolas BENOIT, secrétaire de l'UD CGT de l'Isère
Guillaume BERGER, secrétaire fédéral CNT-PTT
Alain BIHR, professeur honoraire de sociologie, Université de Franche-Comté
Caroline BLANCHOT, Secrétaire générale de l'Ugict-CGT
Nicolas BONNET, député Les Écologistes du Puy-de-Dôme
Arnaud BONNET, député Les Écologistes de Seine-et-Marne
Laurent BOSAL, secrétaire fédéral de la CNT-TEFP
Pierre-Yves CADALEN, député LFI du Finistère
Damien CARÊME, député européen LFI
Cédric CAUBERT, secrétaire de l'UD CGT de Haute-Garonne
Béranger CERNON, député LFI de l'Essonne
Leïla CHAIBI, députée européenne LFI
Linda CHEKALIL, secrétaire générale, Pour UL CGT Gennevilliers
/villeneuve la garenne
Antoine CHUZEVILLE, co-secrétaire général du Syndicat national des
journalistes (SNJ)
Lucie CLAMENS, secrétaire générale UL CGT de Gennevilliers /Villeneuve
la Garenne
Cécile CLAMME, secrétaire générale CGT Travail Emploi Formation
professionnelle
François CLERC, ex-responsable confédéral CGT sur les discriminations
Hadrien CLOUET, député LFI de Haute-Garonne
Sergio CORONADO, coordinateur des Verts Populaires
Manuel COULLET, secrétaire départemental SUD SDIS 38 et Secrétaire
national SUD SDIS
Hugo DAILLAN, coordinateur des Verts Populaires
Hendrik DAVI, député L'Après des Bouches-du-Rhône
Daniel DEHENNIN, secrétaire CNT Culture Education Santé Sociale 21
Christophe DELECOURT, co-secrétaire général UFSE CGT
Michael DUC, secrétaire SUD Commerce et Service Rhône Alpes Auvergne
Cédric DURAND, économiste
Patrick FARBIAZ, coordinateur des verts populaires
Éric FASSIN, sociologue, Université Paris 8
Olivier FAURE, député PS de Seine-et-Marne
Laurent FEISTHAUER, secrétaire général de l'UD CGT du Bas Rhin
Mathilde FELD, députée LFI de la Gironde
Emmanuel FERNANDES, député LFI du Bas-Rhin
Jacques FERNIQUE, sénateur Les Écologistes du Bas-Rhin
Claire FLECHER, maîtresse de conférences en sociologie à l'Institut
d'Etudes du travail de Lyon (IETL), Université Lyon 2
Emma FOURREAU, députée européenne LFI
Perceval GAILLARD, député LFI-Rézistan's Égalité 974 de La Réunion
Jean-Jacques GANDINI, avocat honoraire, ancien président national du
Syndicat des Avocats de France
Margot GARAY, CNT Stics 38 (industrie, commerce et service)
Marie-Charlotte GARIN, députée Les Écologistes du Rhône
Fabien GAY, sénateur PCF de Seine-Saint-Denis et Directeur de l'Humanité
Philippe GILLIG, maître de conférences HDR en économie, Université de
Strasbourg
Jérémie GIONO, secrétaire départemental du PCF de l'Isère
Damien GIRARD, député Les Écologistes du Morbihan
Jérôme GLEIZES, coordinateur des Verts Populaires
Angélique GROSMAIRE, secrétaire générale de la Fédération SUD PTT
Steevy GUSTAVE, député Les Écologistes de l'Essonne
Hélène HERNANDEZ, émission Femmes libres sur Radio libertaire
Catherine HERVIEU, députée Les Écologistes de la Côte-d'Or
Ken IWASAKI GARCIA, coordinateur des Verts Populaires
Nicolas JOUNIN, sociologue, Université Paris 8
Lucie JUBERT-TOMASSO, maîtresse de conférences en droit privé,
Université de Rennes
Salah KELTOUMI, CGT Stellantis Mulhouse
Andy KERBAT, député LFI de Loire-Atlantique
Aurore KESSAÏ, membre du Conseil syndical ASSO-Solidaires
Maxime KIEFFER, syndicat CGT des Cheminots de Strasbourg
Annie LAHMER, conseillère régionale Les Écologistes d'Île-de-France
Maxime LAISNEY, député LFI de Seine-et-Marne
Fleur LARONZE, maîtresse de conférences HDR en droit social, Université
de Strasbourg
Agathe LE BERDER, secrétaire générale adjointe de l'Ugict-CGT
Aurélien LE COQ, député LFI du Nord
Arnaud LE GALL, député LFI du Val-d'Oise
Kevin LE TÉTOUR et Coline WIATROWSKI, co-secrétaires fédéraux SUD éducation
Élise LEBOUCHER, députée LFI de la Sarthe
Claire LEJEUNE, députée LFI de l'Essonne
Christian MAHIEUX, co-secrétaire de l'Union nationale
interprofessionnelle des retraité.es Solidaires
Anne MARCHAND, sociologue santé au travail du GISCOP93
Elisa MARTIN, députée LFI de l'Isère
Xavier MATHIEU, comédien et ex porte-parole de la CGT continentale
Philippe MEIRIEU, professeur honoraire en Sciences de l'éducation,
Université Lyon 2
Akli MELLOULI, sénateur Les Écologistes du Val-de-Marne
Jean-Pierre MERCIER, SUD Stellantis Poissy
Marina MESURE, députée européenne LFI
Émile MEUNIER, coordinateur des Verts Populaires
Julia MIGNACCA, coordonnatrice des Verts Populaires
Grégory MIOLINA, co-président de l'association des Cordistes en colères
solidaires
Bénédicte MONVILLE, coordonnatrice des Verts Populaires
Sandrine NOSBÉ, députée LFI de l'Isère
Isabelle PETERS, adjointe à la maire de Grenoble
Sébastien PEYTAVIE, député Génération·s de la Dordogne
Roland PFEFFERKORN, professeur émérite de sociologie
René PILATO, député LFI de la Charente
Éric PIOLLE, ancien maire de Grenoble
Marie POCHON, députée Les Écologistes de la Drôme
Raymonde PONCET-MONGE, sénatrice Les Écologistes du Rhône
Thomas PORTES, député LFI de Seine-Saint-Denis
Sandra REGOL, députée Les Écologistes du Bas-Rhin
Sandrine ROUSSEAU, députée Les Écologistes de Paris
Fabien ROUSSEL, maire de Saint-Armand-les-Eaux
Laurence RUFFIN, maire de Grenoble
Aurélien SAINTOUL, député LFI des Hauts-de-Seine
Daniel SALMON, sénateur Les Écologistes d'Ille-et-Vilaine
Eva SAS, députée Les Écologistes de Paris
Jérôme SCHMITT, porte-parole de la fédération SUD Energie
Sabrina SEBAIHI, députée Les Écologistes des Hauts-de-Seine
Delphine SERRA, co-secrétaire de l'Union syndicale Solidaires 38
Ariel SEVILLA, maître de conférence en sociologie, Université Reims
Champagne Ardennes
Danielle SIMONNET, députée L'Après de Paris
Clémence SOUCHET, psychologue du travail et des organisations.
Ersilia SOUDAIS, députée LFI de Seine-et-Marne
Anne STAMBACH-TERRENOIR, députée LFI de Haute-Garonne
Sophie TAILLÉ-POLIAN, députée Génération·s du Val-de-Marne
Boris TAVERNIER, député Les Écologistes du Rhône
Tiphaine TRIJOULET, co-porte-parole du syndicat Solidaires Jeunesse et
Sports
Julien TROCCAZ, secrétaire fédéral SUD Rail
Aurélie TROUVÉ, députée LFI de Seine-Saint-Denis
Bastien VASSEUR, secrétaire national SUD Chimie
Arnaud VOSSIER, secrétaire de Sud PTT Isère-Savoie
Omar YAQOOB, maire LFI de Creil
Signez et faites signer la tribune de soutien à nos collègues
inspecteurs du travail Pierre et Benoit!
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