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(fr) OSL [BRA] «La Plateforme centenaire» - Entretien de l'OSL avec BRRN* (pt) [Traduction automatique]

Date Mon, 13 Jul 2026 20:46:46 +0100


Introduction --- La Plateforme centenaire: Paroles d'anarchistes organisés du monde entier (Vol. 1) - À l'occasion du centenaire de la publication de la Plateforme organisationnelle des communistes libertaires (projet), nous sommes heureux de présenter le premier volume d'une série d'entretiens en deux tomes consacrés à l'héritage durable de ce document au sein des organisations anarchistes du monde entier. - La Plateforme, comme on l'appelle souvent par son abréviation, a été rédigée par un groupe d'anarchistes russes et ukrainiens exilés peu après la prise du pouvoir par les bolcheviks lors de la Révolution d'Octobre 1917. Ce document visait à corriger l'orthodoxie anarchiste dominante de l'époque, que ses auteurs - parmi lesquels Nestor Makhno et d'autres participants actifs à la révolution - considéraient comme la cause de leur défaite.

Ce premier volume d'entretiens porte sur les organisations anarchistes des Amériques. Ce projet est une collaboration entre les comités de formation externe et de relations internationales de Rose Noire / Rosa Negra (BRRN).

Lien vers le volume 1 complet: https://www.blackrosefed.org/platform-100-interviews-vol-1/

Entretien avec OSL

1. OSL est une organisation récente, mais elle regroupe des militants expérimentés issus de FARJ, OASL, RL et COMPA. Au sein d'OSL, ces groupes conservent-ils leur identité propre ou ont-ils fusionné officiellement pour former les noyaux d'OSL? Si oui, en quoi a consisté ce processus de fusion?

OSL: OSL s'est formée précisément par un processus de fusion organisationnelle entre ces organisations et collectifs. Nous étions convaincus que, pour progresser dans la construction d'une organisation politique anarchiste nationale, il ne suffisait pas de maintenir une simple relation de coordination entre organisations et groupes autonomes; il était nécessaire de construire une structure organisationnelle commune, avec une unité idéologique, théorique, stratégique et tactique plus profonde. À notre avis, cette coordination d'organisations/groupes autonomes ou relativement autonomes, qui existait au sein de la CAB (Coordination anarchiste brésilienne), constituait un obstacle à la construction effective d'une organisation anarchiste nationale.

C'est pourquoi la FARJ, l'OASL, la RL, la COMPA et d'autres militants ont décidé de cesser d'exister en tant qu'organisations politiques distinctes pour former une seule organisation nationale: l'OSL. Naturellement, nous continuons de reconnaître les différents héritages historiques, expériences régionales et trajectoires politiques que chacune de ces organisations/groupes a développés au fil des ans. Ces héritages demeurent fondamentaux pour la construction collective de l'OSL.

Cependant, sur le plan organisationnel, nous ne fonctionnons plus comme une fédération de groupes autonomes, où chacun conservait ses propres lignes directrices. Nos noyaux locaux et régionaux font désormais partie d'une structure nationale unique, fonctionnant selon un cadre organisationnel commun, avec des instances unifiées, des orientations politiques partagées et des mécanismes collectifs de prise de décision et de responsabilité.

Ce processus de fusion a nécessité plusieurs années de convergence politique et organisationnelle. Depuis au moins 2021, notre branche régionale, au sein de ce qui était alors le CAB (Sud-Est/Centre-Ouest), fonctionnait déjà, dans les faits, de manière très intégrée, unifiant les processus internes, la coordination politique, les formulations et les fronts de travail. Cette expérience a concrètement démontré les avantages du passage d'une coordination à une organisation politique unifiée.

Les orientations générales de l'OSL ont été élaborées lors des différentes phases de notre premier congrès (I ConOSL), où nous avons débattu et pris des décisions concernant la structure organisationnelle, la stratégie, la théorie, le programme et l'expansion nationale. Nous considérons ce processus comme faisant partie d'un effort visant à faire murir l'anarchisme brésilien et à construire un outil politique plus homogène et cohérent, capable d'intervenir de manière constante dans la lutte des classes brésilienne.

2. Abordons la question du dualisme organisationnel. Les groupes qui se sont unis pour former l'OSL sont reconnus pour leur travail de réception, d'articulation et de transmission du concept politico-stratégique d'especifismo - l'exemple le plus connu étant le document «Anarchisme social et organisation» de la FARJ. Nous menons cet entretien à l'occasion du centenaire de la publication de la Plateforme par le Groupe Dielo Truda. Bien que le spécifisme et le «platformisme» soient tous deux des expressions du dualisme organisationnel, des questions se posent souvent quant aux similitudes et aux différences mises en avant par chaque approche. OSL considère-t-elle ces différences comme purement artificielles et esthétiques, ou existe-t-il une divergence substantielle entre elles? OSL: Nous comprenons que l'espificisme et le platformisme sont deux expressions historiques distinctes d'une même tradition anarchiste: le dualisme organisationnel, dont les origines remontent à Bakounine et à l'expérience de l'Alliance. Tous deux prônent la nécessité d'une organisation anarchiste spécifique, dotée d'une unité théorique, idéologique, stratégique et tactique, et agissant de manière complémentaire aux mouvements populaires et de masse.

Pour nous, les différences entre espificisme et platformisme ne sont ni artificielles, ni irréconciliables. Elles sont avant tout liées aux conditions historiques et régionales de leur développement. Le platformisme a émergé dans le contexte européen après la Révolution russe, notamment à partir de l'expérience du groupe Dielo Truda et de l'analyse critique de l'échec anarchiste face au bolchevisme. L'espificisme, quant à lui, s'est développé principalement en Amérique latine, sous l'impulsion de la Fédération anarchiste uruguayenne (FAU), intégrant des réflexions sur l'impérialisme, la dépendance et les stratégies d'insertion sociale dans les pays périphériques.

L'OSL reconnaît ces deux traditions comme les héritières légitimes du dualisme organisationnel anarchiste issu des alliances. Nous pensons qu'il existe plus de convergences que de divergences entre elles et cherchons précisément à synthétiser leurs contributions historiques, organisationnelles et stratégiques en une proposition adaptée à la réalité brésilienne et latino-américaine contemporaine.

3. Comment la Plateforme influence-t-elle la théorie, la pratique et/ou la structure organisationnelle de l'OSL?

OSL: La Plateforme du Groupe Dielo Truda revêt une importance historique fondamentale pour notre mouvement actuel, notamment parce qu'elle a clairement systématisé des principes organisationnels déjà présents dans les expériences antérieures de l'anarchisme révolutionnaire. Sa défense de l'unité théorique, tactique et stratégique, de la responsabilité collective et du fédéralisme contribue directement à notre conception organisationnelle.

L'OSL conçoit l'organisation anarchiste comme une organisation politique homogène et programmatique. Nous sommes convaincus que, sans unité et cohérence organique, les anarchistes tendent à la dispersion et à l'incapacité d'influencer les processus réels de la lutte des classes.

Nous cherchons à articuler la Plateforme avec les apports du spécisme latino-américain, notamment ceux de la FAU (Faculté d'Architecture et d'Urbanisme), qui ont exploré les questions d'insertion sociale, de travail de masse et de nécessité de construction durable du pouvoir populaire dans les contextes périphériques et dépendants.

Ainsi, la Plateforme influence notre structure organisationnelle nationale, notre conception du rôle de l'organisation anarchiste spécifique et notre défense d'un projet révolutionnaire fondé sur l'autogestion, le fédéralisme et la lutte des classes.

4. L'OSL (Organisation du Socialisme Libertiaire) propose le concept de Matérialisme Libertiaire comme alternative à l'idéalisme/postmodernisme et à la conception classique du Matérialisme Dialectique. Pourriez-vous brièvement exposer les fondements de cette analyse?

OSL: Notre conception du matérialisme - ou réalisme libertaire - vise à construire une théorie sociale libertaire capable d'interpréter la réalité contemporaine sans tomber dans les limites du marxisme classique ni dans les problèmes du postmodernisme et du poststructuralisme.

D'une part, nous estimons nécessaire de dépasser les aspects problématiques du marxisme, notamment ses tendances économistes, déterministes et étatistes, ainsi que l'identification historique entre socialisation et étatisation (société et État) qui a caractérisé une grande partie de l'expérience du soi-disant «socialisme réel». Nous constatons également que certaines formulations du «matérialisme historique» ou du «matérialisme dialectique» ont abouti à des interprétations excessivement rigides de la réalité sociale.

D'autre part, nous rejetons la montée actuelle du postmodernisme et du libéralisme progressiste dans de larges pans de la gauche. Nous considérons problématiques la fragmentation des analyses sociales, le déni de la centralité de la lutte des classes, le relativisme épistémologique et le remplacement des perspectives structurales par des approches exclusivement discursives ou identitaires.

Notre matérialisme libertaire vise à affirmer une science et une raison critiques, en articulant classe, race/ethnicité, genre/sexualité et nationalité dans une perspective structurale et de classe. Nous cherchons à élaborer notre propre théorie sociale libertaire, ancrée dans les auteurs anarchistes classiques et contemporains, capable d'orienter stratégiquement notre pratique politique et notre projet révolutionnaire.

5. Quels sont les domaines d'organisation de masse ou de mobilisation citoyenne que l'OSL privilégie ou dans lesquels elle est actuellement impliquée?

OSL: L'OSL intervient sur plusieurs fronts d'organisation citoyenne et d'action sociale, cherchant à renforcer l'auto-organisation des classes opprimées et à construire un projet de pouvoir populaire à caractère socialiste et libertaire.

Nous sommes impliqués dans les mouvements ouvriers, communautaires, étudiants, agraires et territoriaux, ainsi que dans des initiatives liées à la lutte pour le logement, à l'organisation des périphéries et à diverses formes de mobilisation populaire. Nous considérons que les mouvements populaires constituent le terrain fondamental de la lutte des classes et que c'est d'eux que peuvent émerger de véritables processus de transformation sociale.

Notre travail vise à renforcer les pratiques de la démocratie participative, de l'action directe, de l'indépendance de classe, de la combativité et de l'autogestion. Nous défendons également la nécessité d'une accumulation politique et organisationnelle à long terme, conscients que la transformation révolutionnaire exige un processus prolongé de construction du pouvoir social.

Par ailleurs, nous poursuivons l'expansion de la portée organisationnelle de l'OSL dans différentes régions du Brésil, cherchant à construire une organisation nationale véritablement ancrée dans les luttes concrètes des classes opprimées.

6. Le courant de «l'anarchisme organisé» semble se développer à travers le monde, y compris en Amérique du Sud. À quoi attribuez-vous ce phénomène?

OSL: Il est important de noter tout d'abord que le terme «anarchisme organisé» peut prêter à confusion. En effet, il possède au moins deux sens. D'une part, il peut désigner uniquement le courant organisationnel de l'anarchisme (qui s'oppose aux anti-organisationnalistes) et, dans ce sens, les anarcho-syndicalistes, les synthétistes et d'autres courants seraient également inclus, puisqu'ils prônent eux aussi l'organisation (bien que sous des formes différentes de la nôtre). D'autre part, plusieurs organisations issues de notre tradition (allianceistes, plateformistes et spécistes) utilisent le terme «anarchisme organisé» pour désigner notre courant. Dans ce cas, anarchisme organisé et notre courant seraient synonymes. Il est toujours bon de faire cette distinction, car nous ne défendons pas l'«organisation» en soi; nous défendons une forme spécifique d'organisation, différente d'autres, comme l'anarcho-syndicalisme et le synthétisme, par exemple.

En tout état de cause, nous pensons que cette expansion organisationnelle de l'anarchisme est liée à plusieurs facteurs historiques et politiques. Premièrement, les formes traditionnelles de la gauche, notamment les expériences social-démocrates et marxistes-léninistes, traversent une crise prolongée et ont souvent démontré leurs profondes limites, tant sur le plan stratégique qu'organisationnel.

Parallèlement, les effets des problèmes du capitalisme d'État - l'aggravation des inégalités, la précarisation du travail, la montée de l'autoritarisme, les guerres, la destruction de l'environnement et l'intensification des formes de domination - ont remis au premier plan la nécessité d'alternatives révolutionnaires.

Nous sommes conscients que ce processus reste modeste, compte tenu de l'ampleur des défis à relever. Cependant, nous pensons que ce renforcement international de «l'anarchisme organisé» traduit une tentative de reconstruire une alternative socialiste, révolutionnaire et libertaire, ancrée dans les luttes concrètes des classes opprimées. Comparé à d'autres courants du socialisme, nous constatons un recul de l'anarchisme et de toutes les expressions socialistes révolutionnaires. À l'échelle internationale, parallèlement à la montée de l'extrême droite, on observe également une montée des expressions fortement centralisées et autoritaires du socialisme. Au Brésil, ce phénomène est visible, et nous manquons encore d'une analyse approfondie pour l'expliquer. Cependant, concernant l'anarchisme et le mouvement révolutionnaire, nous pensons que l'anarchisme organisé s'est développé et s'est positionné comme une approche socialiste libertaire alternative face aux défis de la lutte des classes.

* «La Plateforme à 100 ans»: Entretien d'OSL avec Black Rose / Fédération anarchiste Rosa Negra

https://socialismolibertario.net/a-plataforma-aos-100-anos-osl-entrevistada-pela-brrn/
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