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(fr) Alternative Libertaire #372 (UCL) - Budgets racistes et austéritaires: Relancer la lutte dans les facs

Date Mon, 22 Jun 2026 18:38:42 +0100


Le lundi 20avril, le ministre de l'Enseignement supérieur a déclaré vouloir généraliser des frais d'inscription de plusieurs milliers d'euros pour les étudiantes et étudiants extracommunautaires, c'est-à-dire d'origine non-européenne. Cette mesure raciste n'est pas nouvelle: face à la destruction programmée de l'université publique, les présidences des facs cherchent depuis des années de l'argent partout pour réduire leurs déficits en tapant sur les plus précaires. Un exemple à l'université Paris1. ---- Avant même les annonces du ministre, la présidence de l'université Paris1 avait décidé d'elle-même de servir de marchepied à l'extrême droite en imposant un budget raciste et austéritaire. Pour financer son escalier privé à 300000euros et son nouveau campus blindé de caméras, elle a ainsi instauré la préférence nationale et multiplié par 15 les frais d'inscription des étudiants et étudiantes s'inscrivant pour la première fois à l'université depuis un pays hors de l'UE. Elle a aussi choisi de faire payer des frais d'inscription aux enseignants et enseignantes précaires qui y donnent des cours: réduire les salaires ne suffit plus, il faut maintenant payer pour travailler!

Face à ce budget de la honte, tous les recours institutionnels ont été tentés. Malgré l'opposition nette de la grande majorité du personnel de l'université, des étudiantes et étudiants ainsi que des organisations syndicales majoritaires, la présidence a refusé tout dialogue. Elle est même aller jusqu'à appeler la police dans l'université pour intimider une assemblée générale qui se tenait sous ses fenêtres.
Une lutte exemplaire, mais insuffisante

Heureusement, les choses n'en sont pas restées là. Ce sont les personnes visées par ces mesures qui ont pris en main elles-mêmes l'organisation de la lutte. Les enseignants et enseignantes précaires ont ainsi construit, à la base, un mouvement de grève massif pour ne pas rendre les notes d'examen. Les étudiants et étudiantes ont aussi organisé des assemblées générales et campagnes de diffusion.

Une coordination a aussi été mise en oeuvre entre tous les mouvements, afin que le poids de la grève ne retombe pas sur le personnel administratif. Il s'agit souvent de femmes moins bien payées et plus sujettes au harcèlement et à la pression de leurs chefs. Les organisations syndicales, notamment Sud Éducation et la CGT Doctorantes, sont également en soutien de la lutte et au service de son auto-organisation: réservation de salles, organisation de tournées de bureaux pour discuter avec les collègues...

Malheureusement, le mouvement n'a débouché que sur une semi-victoire, impliquant des modifications à la marge de la mesure. L'autoritarisme de la présidence et la fatigue lors d'un mouvement s'étalant sur plusieurs mois permettent de l'expliquer, mais ce ne sont pas les seules raisons. La faiblesse du mouvement étudiant, déstructuré par l'effondrement des organisations étudiantes, comme l'absence de soutien des enseignants titulaires, a empêché le relais du mouvement porté par les précaires. Ces dernières et derniers ont aussi été victimes de pressions individuelles et de chantage à l'emploi. Enfin, les tensions stratégiques entre les plus radicaux et celles et ceux qui préféraient garder des forces pour une prochaine bataille ont compliqué les dernières assemblées générales.

Une fois encore, l'absence de mouvement national et la grève par procuration des bourgeois «de gauche» ont forcé les plus précaires à supporter seul le poids d'un mouvement dur. Une lueur d'espoir: les organisations syndicales se sont renforcées et une nouvelle génération de militantes et militants a émergé. Pour construire les prochaines luttes?

Hugo (UCL Paris Nord Est)

https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Budgets-racistes-et-austeritaires-Relancer-la-lutte-dans-les-facs
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