|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
_The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours |
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025 |
of 2026
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Courant Alternative #359 (OCL) - L'organisation des secours, un outil de la répression
Date
Thu, 16 Apr 2026 17:37:19 +0100
Quand on évoque la répression à Sainte-Soline le 25 mars 2023, ce sont
en général les violences policières qui viennent à l'esprit, d'autant
que les vidéos des caméras-piétons portées par les gendarmes pendant la
manifestation antibassines les ont récemment mises en relief. Mais en
fait l'interdiction d'évacuer les blessé-e-s qui avait été décidée par
le gouvernement a renforcé les effets des violences policières. Aussi
peut-on dire que la répression a eu deux outils: l'organisation
militaire et l'organisation sanitaire. Et cette dernière a été conçue à
partir de «doctrines du maintien de l'ordre» aujourd'hui en vogue, comme
l'explique ici Françoise, la mère de Serge. ---- - A la suite de votre
plainte pour violences policières et entrave à l'arrivée des secours
[1], l'IGGN (inspection générale de la gendarmerie nationale) a enquêté
et rendu un rapport sur ces questions. Quelles informations as-tu tirées
de ce rapport, concernant l'organisation des secours?
- Pendant son enquête, l'IGGN a auditionné des soignant-e-s, des
pompiers, des militaires... Elle a stocké des vidéos de caméras-piétons,
saisi les vêtements de manifestant-e-s hospitalisés... Mais elle n'a
exploité qu'une partie de ce matériel (il y a pas mal de «manques» que
notre nouvelle plainte mettra peut-être au jour), et c'est seulement
cette partie que des experts en balistique, médecine et autres
spécialités ont étudiée afin d'émettre un avis dessus. Ensuite, l'IGGN a
rendu au procureur un rapport sur la base de leurs observations - et ce
procureur a classé notre plainte.
Pour savoir s'il y avait eu entrave à l'arrivée des secours le 25 mars
2023, les experts ont étudié les auditions réalisées par l'IGGN, ainsi
que certaines communications téléphoniques entre soignants, militaires
et pompiers. Ils ont vite établi que les secours avaient été organisés
sur la base de deux doctrines - le plan Orsec [organisation de la
réponse de sécurité civile] dans sa version «nombreuses victimes» (donc
Orsec-Novi) et la «doctrine opérationnelle tuerie de masse» -, et sur la
base de «recommandations et de plans organisationnels en cas de
situation sanitaire exceptionnelle» (SSE).
Selon les auditions des responsables du Samu 79 et du SDIS [service
départemental d'incendie et de secours], des réunions se sont tenues
avant la manifestation sous l'égide de la préfète en présence de
représentants de l'ARS [Agence régionale de santé], de la direction
départementale du territoire, de la gendarmerie, du SDIS et du Samu 79
pour organiser les secours. Comme «dans le cadre d'un plan Orsec, ont
écrit les experts, il y a eu la mise en place d'un centre opérationnel
départemental (COD) en préfecture et d'une interaction et coordination
entre un COS (commandant des opérations des secours) et un COPG
(commandant des opérations de police ou de gendarmerie)». Il y a eu
aussi l'installation d'un poste médical avancé (PMA) «pour les premiers
soins d'urgence et de stabilisation avant extraction»; et les zones
d'intervention des moyens de secours opérationnels ont suivi le «concept
des trois zones». Autrement dit, des zones ont été délimitées (par un
COS) «en fonction du type de danger»: une «zone d'exclusion» rouge, une
«zone d'accès contrôlé» orange et une «zone de soutien» verte - avec un
contrôle de leurs accès par les forces de l'ordre.
Mais le responsable du SDIS a également fait référence, lors de son
audition, à une «doctrine opérationnelle tuerie de masse» où on retrouve
ces trois mêmes zones (mais définies par le COS et par le COPG). La zone
rouge dite «de danger immédiat» est «une aire dans laquelle l'adversaire
exerce des tirs et des violences»; son accès est réservé aux forces de
police et de gendarmerie, qui «acheminent les victimes vers le point
d'extraction des victimes situé en limite de zone contrôlée et de zone
d'exclusion». La zone orange est «partiellement sécurisée par les forces
de police et de gendarmerie»: les secours peuvent y accéder sous [leur]
protection et sous [leur] commandement». La zone verte, «située à la
périphérie des lieux de l'événement», est «sécurisée par les forces de
l'ordre», et c'est là que «se regroupent et s'organisent les secours,
sous l'autorité du COS».
Enfin, les experts de l'IGGN estiment que Sainte-Soline a relevé «d'une
situation sanitaire exceptionnelle (SSE)» puisque, d'après le ministère
des Affaires sociales, une SSE englobe «toutes les situations
susceptibles d'engendrer une augmentation importante de la demande de
soins ou de perturber sensiblement l'organisation de l'offre de soins».
«Dans un contexte de SSE, ont déclaré les experts, la prise en charge
médicale se trouve à la jonction entre de la médecine d'urgence et de la
médecine de catastrophe.» Ce sont les équipes médicales de la police et
des sapeurs-pompiers qui sont chargées d'extraire les victimes en zones
rouge et orange et d'effectuer sur place les gestes de secourisme
nécessaires. Comme «dans le cas d'un plan Orsec, surtout Novi», le
ramassage des victimes est effectué «par les sapeurs-pompiers et les
secouristes jusqu'à un point de rassemblement des victimes (PRV) où sont
situées les équipes médicales».
- Est-ce que les experts de l'IGGN ont fait des remarques concernant
cette organisation des secours?
- Quelques-unes, oui. Ils ont tiqué sur plusieurs de ses aspects, mais
en général sans prendre position, en disant toujours que ce n'était pas
leur mission de le faire...
Par exemple, ils ont constaté que, dans la «directive opérationnelle»
rédigée par le SDIS la veille de la manifestation, il n'est «fait aucune
mention spécifique sur l'organisation prévue pour l'extraction et la
prise en charge de victimes en zone contrôlée AVEC une urgence vitale,
alors que les autres situations y sont précisées».
Ils ont aussi noté que les soignants et les pompiers s'étaient comportés
à Sainte-Soline conformément aux doctrines du maintien de l'ordre: ils
connaissaient l'existence des zones, les consignes à appliquer. De
nombreux appels téléphoniques montrent qu'ils savaient être dans un plan
Orsec, «Novi», «cata»... et ne pas avoir le droit d'intervenir dans la
«zone d'exclusion».
En revanche, ont remarqué les experts, les medics ne connaissaient pas
«les principes d'organisation des secours qui étaient déployés», comme
l'existence d'un PRV ou sa localisation; et ils/elles ne savaient pas
non plus qu'il avait été décidé «une organisation type plan Orsec ou
Orsec-Novi avec la mise en place de zones d'exclusion». De même pour les
manifestant-e-s. De ce fait, les experts ont fini par dire qu'en
l'absence d'une déclaration publique du plan Orsec avant la
manifestation, «il peut se poser la question de l'impact de la
méconnaissance par la société civile du plan mis en place pour
l'organisation des secours».
Ils ont également noté qu'«au vu du dispositif de gendarmerie mis en
place [à Sainte-Soline] la situation sanitaire exceptionnelle était
couplée à une opération de maintien de l'ordre défensive [sic!]». Or
c'est un cas de figure que les doctrines et/ou recommandations ayant
servi de référence pour organiser les secours ne prévoient pas: elles
n'envisagent pas «d'organisation spécifique lors d'action d'opération de
maintien de l'ordre défensive conjointe à une organisation de secours».
Ces dispositifs n'étaient ainsi pas adéquats même aux yeux des experts.
Enfin, ces experts ont souligné des zones d'ombre dans l'enquête menée.
Par exemple, les documents en leur possession ne précisaient pas les
possibilités d'accès aux blessés qu'avaient «pu avoir, entre 13h50 et
15h34, les véhicules pompiers protégés par les forces de l'ordre».
De même, ils ont constaté ne posséder aucune information «sur la
réactivité des escortes de gendarmerie pour escorter les secours suite
aux demandes du PC pompiers [le SDIS]», ou «sur le nombre d'escortes de
gendarmerie prévues pour escorter les secours». Concernant Serge, ils
ont juste relevé le retard «incompréhensible» des motards qui devaient
escorter l'ambulance venue de Ruffec pour l'évacuer et leur «décrochage»
à l'entrée de Sainte-Soline.
Leur conclusion est que ce qui a pu «poser problème», c'est le fait que
le plan Orsec n'avait pas été déclaré publiquement, ou que les possibles
urgences vitales n'avaient pas été prises en compte. Mais pour eux il ne
peut «pas être évoqué stricto sensu d'obstacle à la mise en oeuvre des
secours par le Samu puisque l'organisation [des secours] prévoyait
l'intervention sur le terrain de secouristes pompiers (...) pour amener
les blessés aux équipes soignantes Samu et pompiers situées au PRV de
Clussais la Pommeraie». Et pour ce qui est des secours pompiers, ils ne
se prononcent pas sur «la présence ou non d'obstacles à [leur] mise en
oeuvre». Certes, des membres du Samu ont dit «à de multiples reprises»
qu'ils n'arrivaient pas à joindre le PC pompiers, mais les experts
refusent de formuler un avis dessus... parce que les enregistrements du
PC pompiers n'ont pas été exploités par l'IGGN.
- Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce «plan Orsec-Novi» que même les
experts de l'IGGN paraissent trouver quelque peu inadapté à la
manifestation de Sainte-Soline?
- Le plan Orsec sert officiellement à lutter contre les effets directs
ou indirects d'un sinistre et à prendre en charge ses victimes. Il peut,
semble-t-il, être mis en oeuvre sans être officiellement déclenché - par
exemple si le gouvernement veut minimiser l'ampleur d'un sinistre pour
une raison ou une autre.
Sa version «Novi» est destinée à définir l'organisation des secours dans
une situation d'urgence qui demande davantage de moyens sanitaires que
d'ordinaire. C'est une réponse médicale aux catastrophes naturelles type
inondations, aux gros accidents de la route, aux explosions (comme celle
de l'usine AZF à Toulouse en 2001), etc., mais aussi aux «crises à
dominante sécurité et ordre public»: attaques terroristes, prises
d'otages, attentats-suicides, ou encore émeutes.
Cependant, les consignes qui y sont données paraissent davantage
destinées à secourir les... forces de l'ordre que des manifestant-e-s.
Une revue éditée par une association de secourisme le montre [2]. On
peut y lire que, dans la «zone d'exclusion dont l'accès est réservé
exclusivement aux forces de l'ordre», il y a une partie «similaire à une
zone de guerre dans laquelle la médicalisation est impossible en dehors
du sauvetage par le compagnon d'armes»; et aussi que, dans cette
partie-là, seul peut intervenir «le médecin opérationnel de l'unité en
intervention (RAID, GIGN)».
Le plan Orsec-Novi a été appliqué à Sainte-Soline alors qu'il n'y avait
là ni catastrophe naturelle ni attentat terroriste. Et c'est le
gouvernement qui a fait de cette manif antibassines une situation de
guerre, parce que les forces de l'ordre étaient censées accompagner les
soignants-e-s pour évacuer les blessé-e-s, donc aider à sauver des gens,
mais c'était elles qui «fabriquaient» des blessé-e-s. On n'était pas
dans du «maintien de l'ordre défensif», comme l'affirment les experts de
l'IGGN, mais dans du «maintien de l'ordre offensif»: les instructions
étaient visiblement de faire beaucoup de blessé-e-s parmi les
manifestant-e-s - notamment par les tirs tendus que montrent les vidéos
des caméras-piétons.
De plus, rien n'avait été prévu pour évacuer les blessé-e-s graves qu'il
y aurait forcément; et les besoins en lits d'hôpital avaient été
sous-évalués dès le départ. Il a fallu les réévaluer très vite, comme le
reconnaissent les experts, parce que le dispositif initialement mis en
place était basé sur les manifestations antérieures; il y a eu un
«rappel de personnels médicaux et paramédicaux en lien avec la montée en
charge des appels et des victimes déclarées». Bref, alors que Darmanin
avait annoncé un événement «très violent», les secours n'ont pas été
prévus en conséquence - l'objectif recherché n'était donc pas de prendre
en charge rapidement les blessé-e-s. «Sainte-Soline» a été un chaos
organisé et entretenu par l'Etat pour donner une leçon aux
manifestant-e-s et pour casser le mouvement antibassines - comme
d'autres mouvements.
- Non seulement les dispositifs mis en oeuvre pour organiser les secours
ne correspondaient pas au contexte d'une manifestation antibassines,
mais il y avait des consignes officieuses, en particulier celles sur les
tirs tendus...
- Bien sur, et ce qui s'est passé à Sainte-Soline montre parfaitement
qu'il y a la procédure, ou le règlement, et l'usage qui en est fait.
Déjà, les textes de loi sont toujours soumis à interprétation. Par
exemple, les experts de l'IGGN ont rappelé que, d'après le Code pénal,
«la dispersion d'un attroupement fait partie de ce qu'on appelle le
"maintien de l'ordre"»; et qu'un attroupement est défini comme «un
rassemblement de personnes, sur la voie publique ou dans un lieu public,
susceptible de troubler l'ordre public». Et ils ont ajouté: «Le mot
"susceptible" indique en fait qu'il est possible de mettre en oeuvre ces
moyens sur des personnes qui ne commettent aucun trouble, le
rassemblement devenant lui-même un trouble que l'on peut réprimer.»
Autrement dit, l'intervention des forces de l'ordre est laissée à
l'appréciation du gouvernement ou de la préfecture.
Et puis le non-respect d'un protocole ou d'une interdiction par les
forces de l'ordre peut être «justifié» par le contexte - voir les
fréquents débats sur l'utilisation des grenades selon leur type. Les
experts ont rappelé ce que sont les grenades autorisées. Ils ont
précisé: «Ces grenades ne peuvent être mises en oeuvre que par des
personnels dument formés à leur utilisation»; selon le Code de la
sécurité intérieure, leur emploi doit «s'inscrire dans le cadre d'une
riposte ou d'une action proportionnée au but à atteindre et être réalisé
avec discernement»; et «à toutes ces conditions qui définissent la
légalité de l'usage de la force, s'ajoute également le respect de règles
techniques sur la façon d'utiliser le matériel». Mais les experts ont
ajouté: «Tout ce qui est dit ici vaut pour du maintien de l'ordre
"classique" [car] en cas de tirs sur les forces de l'ordre, les tireurs
d'élite feront usage de leurs armes létales pour faire cesser les tirs
adverses». Et ils ont donné deux exemples pour illustrer leur propos: la
répression de manifs par l'armée française dans les Balkans au cours des
années 1990, et à Abidjan en 2004. On est donc dans un contexte de
guerre, ou colonialiste/impérialiste, quand on manifeste contre les
mégabassines (ou contre la réforme des retraites...)?
En réalité, les débats sur les «bonnes» et les «mauvaises» grenades
noient le poisson étant donné qu'une grenade «défensive» peut tuer aussi
bien qu'une grenade «offensive» si elle est envoyée en «tir tendu» - et
les forces de l'ordre trouvent toujours des arguments pour justifier ce
genre de tir. Mais les experts aussi puisqu'ils écrivent: «Un tir
volontairement tendu et non conforme d'une grenade lacrymogène au
[lance-grenades] Cougar peut se justifier dans certains cas de légitime
défense où le fonctionnaire fera ce qu'il peut, par exemple à l'encontre
d'un individu qui se précipite sur lui avec une arme blanche létale, ou
s'il ne peut défendre autrement la position qu'il occupe.» Mais est-ce
que le gendarme qui a fait un tir tendu sur Serge depuis un blindé situé
entre 50 et 60 m de lui, et avec un lance-grenades prévu pour une
distance de 200 m, était en état de «légitime défense»? Est-ce qu'il
était menacé comme si un individu s'était précipité «sur lui avec une
arme blanche létale»?
Les experts ont conclu leur «démonstration» en disant: «Le débat sur le
caractère exceptionnellement dangereux de telle ou telle arme destinée
au maintien de l'ordre n'est pas un débat technique, mais un débat
politique» - et là, pour le coup, on va être d'accord avec eux!
Enfin, il y a pour les forces de l'ordre différentes façons de détourner
un protocole. Par exemple les deux sommations qui doivent être faites
pour disperser un attroupement: il suffit de les rendre inaudibles.
D'après Le Monde, l'IGGN a affirmé qu'il y en avait bien eu à
Sainte-Soline, mais elle a du reconnaître que les manifestant-e-s ne les
avaient pas entendues. Les observateurs de la LDH, eux, en ont entendu
une, mais qui a été faite après le début des tirs de grenade - elle
était donc «non réglementaire».
- On voit dans bien d'autres occasions les forces de l'ordre procéder de
même. Est-ce que les violences policières ne sont pas le point commun
entre «Sainte-Soline» et d'autres mobilisations sociales ou
environnementales (comme les gilets jaunes), ou les émeutes pour Nahel
et à Nouméa?
- C'est certain, mais pour ces autres «événements» il n'y a pas eu une
entrave à l'arrivée des secours comme le 25 mars 2023, où l'organisation
sanitaire a été un outil de la répression, l'autre étant bien sur
l'organisation militaire.
Une seconde spécificité de «Sainte-Soline 2» est le piège que le
gouvernement a tendu aux manifestant-e-s. Avant la manif «Sainte-Soline
1» du 29 octobre 2022 (ou lors du «village de l'eau» à Melle des 16-21
juillet 2024), les forces de l'ordre ont contrôlé les personnes qui se
rendaient au lieu de rassemblement; elles leur ont collé des amendes de
135 euros et ont fouillé les véhicules. En revanche, pour «Sainte-Soline
2», elles ont «accompagné» les manifestant-e-s, les ont laissés
approcher de la bassine, puis elles les ont soudain bombardés de grenades.
Les gilets jaunes ou les émeutiers [après la mort de Nahel, ou à Nouméa]
ont, eux, comme second point commun d'avoir subi une répression
judiciaire tous azimuts; concernant Sainte-Soline, il y a bien sur eu et
il y a toujours des poursuites et des procès, mais la répression
judiciaire a en priorité ciblé les «organisateurs» de la manif (dont des
syndicalistes, pour inciter sans doute les syndicats à retourner sur le
terrain de «partenaires sociaux» participant au maintien de l'ordre).
La répression est la réponse qu'apportent les gouvernants à toute
contestation du système en place: les jeunes des cités, les
ex-colonisé-e-s, les manifestant-e-s sont des ennemis à dresser. Face à
toutes ces réalités, il faut nous employer à contrer la propagande de
l'État et du système capitaliste. Il faut essayer de faire entendre un
autre discours pour convaincre que les forces de l'ordre ne sont pas des
«gardiens de la paix», mais les défenseurs d'un ordre qui est plus que
jamais à renverser.
Propos recueillis par L.
Notes
[1] Françoise fait partie du collectif composé de quatre blessé-e-s
graves et de proches qui avait déposé cette plainte peu après la
manifestation, et qui en a déposé une autre en janvier pour relancer
l'enquête. Voir CA n° 356 (janvier 2026)
[2] Article de Patrick Chavada et René Noto paru dans Secourisme revue
en 2016
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4683
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center