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(fr) CNT-AIT - A la mémoire de Santiago «SURIETA» SURIA, assassiné par l'OAS à Alger le 10 avril 1962
Date
Sat, 11 Apr 2026 18:52:02 +0100
Né à Valence (Levant, Espagne) en 1900, bossu de naissance et mesurant à
peine 1 mètre, Santiago Suria dit Surieta, qui était le fils d'un
modeste artisan marbrier, avait adhéré très jeune au mouvement
libertaire. Particulièrement actif dans les Athénées libertaires, il
occupa pendant la Révolution espagnole entre 1936 et 1939 divers postes
de responsabilité. ---- A la fin de la guerre civile il parvint à
s'embarquer sur le bâteau Lézardieux à destination de l'Afrique du Nord.
Comme tant d'autres réfugiés espagnols qui avaient pourtant combattu le
fascisme les armes à la main, il fut interné par la République Française
(et non par Vichy ...) au nom de la loi de 1938 sur les «étrangers
indésirables». Il fut interné au camp de concentration de Boghari (Camp
Morand) où il fit partie du groupe Exilio formé par les jeunes
libertaires qui publia un journal du même nom.
Ouvert en avril 1939, le Camp Morand, à BOGHARI (département d'Alger)
fut destiné aux miliciens espagnols que l'on tenait éloignés des villes.
Sa situation près du massif de l'Ouarsenis en fit un lieu d'hébergement
difficilement supportable. A la chaleur du désert algérien s'ajoutaient
des conditions d'hygiène des plus précaires et un manque crucial d'eau
et de nourriture. Dans les baraques prévues pour 24 s'entassaient 48
personnes. Le camp était dépourvu d'infirmerie et connaissait une
pénurie grave de médicaments. En mai 1939, 3 000 miliciens étaient
regroupés dans le CAMP MORAND et plus de 2 000 s'y trouvaient encore en
novembre. Deux missions internationales visitèrent les camps d'Afrique
du Nord et la conférence d'aide aux réfugiés espagnols organisée à PARIS
en juillet 1939 demanda la dissolution du camp de BOGHARI, mais en vain.
Après la libération il fut membre de la Fédération Locale de la CNT-AIT
d'Alger, qui dès 1946 manifestait le 1er mai pavec une banderole en
espagnol et en arabe proclamant «Les travailleurs réfugiés espagnols au
peuple algérien pour la fête du travail»
A la CNT-AIT, il occupait la fonction de «paquetero», responsable de la
répartition et de la vente des brochures, livres et journaux de
l'organisation. Il avait organisé à son domicile une bonne bibliothèque
et pour une somme modique prêtait des livres à ceux qui n'avaient pas
les moyens de s'en acheter. Travaillant occasionnellement comme
cordonnier, Le bossu, comme l'appelaient ses ennemis, parcourait du
matin au soir les rues d'Alger et en particulier celles du quartier
populaire de Bab-El-Oued, son quartier, pour y répartir la presse
libertaire. Il participa également à une coopérative de production de
chaussures qui avait été montée par des militants anarchosyndicalistes
espagnols.
A la fin de la guerre d'Algérie, il fut menacé par l'Organisation Armée
Secrète (OAS), qui regroupait les fanatiques de l'Algérie coloniale. Ses
voisins musulmans l'avertirent et lui proposèrent de ne plus sortir de
chez lui et de le ravitailler; la fédération locale de la CNT-AIT lui
recommanda la plus grande prudence, en vain, Surieta ne voyant pas quel
mail il y avait à faire circuler la presse libertaire.
Le 10 avril 1962 au matin, alors qu'il sortait de chez lui, quartier de
La baseta à Bab El Oued, avec une musette pleine de livres et de revues,
Santiago Suria fut enlevé par un commando de l'OAS. Battu, fouillé par
les assassins qui recherchaient des adresses qu'ils ne trouvèrent pas,
il fut ensuite étranglé.
Son cadavre, toutes les articulations brisées, fut abandonné le
lendemain dans un sac, rue de Normandie, avec l'écriteau «Ainsi payent
les traîtres - OAS». Pour des raisons de sécurité, aucun membre de la
CN-AITT n'assita à l'enterrement. Mais pour commémorer sa mémoire, les
compagnons de la CNT-AIT en Algérie (vraissemblablement le compagnon
Angel VIDAL) publièrent dans le journal de la CNT-AIT de Toulouse,
espoir, un article pour le premier anniversaire de sa disparition.
Aujourd'hui, reprenant le flambeau, nous republions cet article sur le
site de la CNT-AIT, afin de poursuivre la promesse de ces vétérans de la
Révolution espagnole: «nous veillerons à ce que ta vie exemplaire
inspire les jeunes générations.»
des miliantes et militants de la CNT-AIT de France et d'Algérie
SOURCES: J. Muñoz Congost, Por tierras de moros, Ed. Madre Tiera, 1989 -
Espoir, n°68, 21 avril 1963. Iconographie: Espoir, n°68, 21 avril 1963.
Remember «Le Bossu»
Espoir (journal de la CNT-AIT française de la 6ème région, Toulouse,
numéro 28, 21 avril 1963)
Il y a un an, Santiago Súria était assassiné par un commando opérant à
Alger sur ordre de l'OAS. Surieta, comme l'appelaient ses amis les plus
proches, était originaire de Valence, une région qu'il rêvait de visiter
une fois l'Espagne libérée du joug de l'oppression.
Le destin lui a infligé un coup cruel, le condamnant à une vie de
malheur. Fils d'un modeste artisan marbrier, issu d'un milieu aisé et
imprégné d'idées libérales, il choisit de surpasser son père et embrassa
le mouvement libertarien dès son plus jeune âge, fréquentant assidument
nos athénées. Rapidement, il devint un collaborateur précieux, reconnu
pour son intégrité et son honnêteté.
Né en 1900, il avait 62 ans.
Durant la guerre civile, il occupa les postes à responsabilité qui lui
furent confiés, dans la mesure où son handicap physique important le lui
permettait, se montrant strict lorsque nécessaire et flexible lorsqu'il
le jugeait opportun. Son tempérament enjoué et optimiste l'empêchait de
s'attarder sur les inexactitudes et les suppositions.
En exil, comme des milliers d'autres, il endura les dures épreuves des
camps de concentration africains. Les températures extrêmes du Grand
Désert ne brisèrent pas son esprit; il garda toujours l'espoir de
recommencer, ou plutôt, de continuer.
Lorsque sa vie fut brutalement fauchée, il était responsable de la
distribution de la presse et de la propagande pour la Fédération locale
d'Alger de la CNT-AIT, une mission qu'il avait accomplie avec une
fidélité et une méticulosité sans faille pendant de nombreuses années.
Il était chargé de la distribution et de la vente de journaux, de
suppléments, de revues liées à notre organisation, de brochures, de
livres, etc., avec une gestion toujours impeccable.
Avec sa sacoche en bandoulière, débordant de tracts de propagande, «Le
Bossu», comme l'appelaient ses adversaires, arpentait les rues d'Alger
du matin au soir, surtout celles de son quartier (Bab-el-Oued), à la
recherche de compagnons qu'il savait trouver un peu partout, pour leur
distribuer le journal. Ce n'était pas le pourcentage de profit tiré de
la vente et de la distribution de ces imprimés qui le faisait avancer,
non! C'était l'amour qu'il portait aux idéaux de libération. Bien que
ses efforts ne lui permirent guère qu'une existence végétative, il
refusa toujours les offres répétées d'aide financière. Complètement
incapable du moindre travail manuel, il se résignait toujours à son sort.
Les hordes fascistes algériennes, aveuglées par le sang versé par les
innocents et les sans défense, savaient qu'en ce «Bossu» elles tenaient
un ennemi et décidèrent de l'éliminer, non sans l'avoir averti de cesser
de vendre et de distribuer la presse «communiste» (??? cela montre
l'incurie politique des fascistes...). Súria, malgré le ton menaçant des
avertissements, n'y prêta aucune attention. Dur comme l'acier, avec un
tempérament et un esprit forgés dans le feu de l'action, il décéda avant
de céder aux menaces.
Ses voisins les plus proches, tous musulmans, qui l'aimaient beaucoup,
conscients du danger qui le menaçait, le supplièrent de ne pas quitter
sa maison, lui assurant qu'ils le nourriraient et prendraient soin de lui.
Nous, la Fédération locale d'Alger de la CNT-AIT, conscients du danger
qui menaçait notre camarade, lui recommandâmes la plus grande prudence.
Mais Súria était trop sur de lui. Il pensait que tous les hommes étaient
aussi bons que lui - nous l'avions souvent surpris à bavarder avec des
enfants - et il affirmait ne faire de mal à personne en vendant des
journaux libéraux et anarchistes. La persévérance d'un homme et
l'orgueil aveugle des vandales ont abouti à son meurtre. Le matin du 10
avril, à La Baseta, quartier populaire de Bab-el-Oued, alors qu'il
quittait son domicile avec une sacoche pleine de livres et de journaux,
il fut saisi, traîné le long du ruisseau, roué de coups et conduit au
lieu de son exécution: l'une des nombreuses caves que les assassins
utilisaient comme salles de torture.
Ils fouillèrent minutieusement le corps du malheureux, ses carnets et
ses papiers à la recherche de listes de noms et d'adresses d'abonnés,
mais ne trouvèrent rien. L'indifférence dont Súria faisait preuve à
l'égard [de sa propre sécurité] contrastait fortement avec la prudence
dont il faisaitt preuve envers [celle] des autres. Dans ses poches, ses
bourreaux ne trouvèrent qu'un morceau de pain et une poignée de figues
sèches. Súria suivait et propageait les théories de Kunhe et Capo
concernant la nutrition végétarienne et naturaliste.
Le lendemain, la presse locale, le seul journal existant à l'époque,
avec son titre imprimé à l'encre bleue, couleur de la «noblesse»,
publia, parmi sa liste interminable d'attaques, la brève note suivante:
«Rue Normandie, à Bab-el-Oued, découverte d'un sac contenant le corps
d'un homme: Santiago Súria, tué par strangulation.»
En effet, dans un sac abandonné dans la rue, gisait le corps meurtri,
toutes les articulations brisées, de notre compagnon «paquetero». Une
inscription y était accrochée: «Voilà comment les traîtres paient. O.A.S.»
À cet instant, le danger était imminent pour tous, car l'ennemi pouvait
agir en toute impunité. Il rôdait partout, et la mort planait au-dessus
de nos têtes. Il était imprudent de nourrir le loup. Il le cherchait
déjà parmi les troupeaux. Par prudence et par précaution, Santiago Súria
s'en fut pour dépérir sous terre sans personne pour l'accompagner.
Lorsque les circonstances le permirent, l'horizon s'étant éclairci,
plusieurs membres de la Fédération locale entrèrent dans l'humble
demeure où le disparu passait ses nuits. Une montagne de papiers apparut
devant eux. Des livres, des tas de livres; des journaux, encore des
journaux. C'était toute sa fortune et ses meilleurs amis. Aujourd'hui,
jour anniversaire de sa disparition, aujourd'hui, alors que nous le
pouvons, il serait impardonnable de ne pas rendre hommage à notre cher
camarade en ces termes.
Repose en paix, Surieta, et nous veillerons à ce que ta vie exemplaire
inspire les jeunes générations.
Au nom de la Fédération locale: LE SECRÉTARIAT. Alger, le 10 avril 1963.
https://cnt-ait.info/2026/04/10/surieta/
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