|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
_The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours |
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025 |
of 2026
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Monde Libertaire - Indonésie: Quand l'armée mutile ses détracteurs
Date
Sun, 22 Mar 2026 18:16:37 +0000
L'activiste Andrie Yunus victime d'une agression à l'acide ---- Dans la
soirée du jeudi 12 mars, l'activiste de 27 ans Andrie Yunus, figure
militante bien connue de la jeunesse contestataire indonésienne, a été
victime d'une vicieuse tentative d'assassinat. ---- La scène, filmée
dans la rue par des caméras de vidéosurveillance, s'est déroulée dans le
quartier de Salemba, dans le centre de Jakarta. Après l'avoir pris en
filature pendant un moment, deux hommes à scooter, casqués, aspergent
d'un liquide caustique le visage d'Andrie qui roule alors en sens
inverse. Il tombe de son véhicule, pris de douleurs, et tente d'arracher
ses vêtements. ---- L'activiste sortait tout juste du bureau de la
Fondation indonésienne d'aide juridique (YLBHI), où il enregistrait un
podcast sur la «Remilitarisation et le contrôle judiciaire en
Indonésie», traitant la question de la récente révision de la loi
militaire contre laquelle il s'était publiquement engagé.
Aussitôt secouru par des passants, Andrie est alors transporté en
urgence à l'hôpital central Cipto Mangunkusumo. Certes, sa situation est
stable et son pronostic vital n'est pas engagé mais, tout de même, le
liquide corrosif lui a provoqué d'importantes brulures sur plus de 20%
du corps, notamment sur le côté droit du visage, la poitrine et les
mains. Plus grave encore, l'acide a occasionné de sérieux traumatismes
chimiques à l'oeil droit, provoquant une baisse dramatique de la vision
et des dommages à la surface de la cornée.
Risquer s'exprimer contre l'armée
Il faut dire que les prises de position publiques d'Andrie dérangent
fortement les cercles du pouvoir - notamment militaire. Il est entre
autres le vice-coordinateur de KontraS (Commission pour les personnes
disparues et victimes de violences), une organisation de la société
civile (OSC) créée en 1998 qui surveille la situation des droits humains
en Indonésie, recense les cas de disparitions forcées et de violences
commises par l'État, et pétitionne en faveur d'un contrôle civil sur
l'armée.
Sans surprise, l'organisation avait déjà été prise de nombreuses fois
pour cible. Son fondateur, Munir Said Thalib, avait lui-même été
empoisonné à l'arsenic en 2004 lors d'un vol Jakarata-Amsterdam. Le
coupable s'était avéré être un membre des Services de renseignements
(BIN), qui avait agi sur ordre même du chef du département: le général
Muhamad Abdullah Hendropriyono.
Par le biais de KontraS, Andrie militait avec ferveur contre l'ingérence
croissante de l'armée dans les affaires civiles. Il avait notamment fait
la une des journaux en mars de l'année dernière, lorsqu'il avait
perturbé une réunion à huis clos de la Chambre des représentants visant
à finaliser le projet d'amendement de la loi de 2004 sur les Forces
armées indonésiennes (TNI).
Son travail avait mis en lumière la tentative des législateurs de faire
adopter en catimini une loi importante élargissant le rôle de l'armée
dans les affaires civiles, sans vérification préalable ni participation
publique. Cette loi autorise les officiers en service actif à occuper
des postes au sein de nombreuses institutions publiques sans avoir à
démissionner. La ratification de cette loi en mars 2025 a
considérablement élargi le rôle de l'armée dans les affaires civiles et
politiques.
En outre, cet engagement militant n'est pas le seul qui pourrait lui
avoir valu les inimitiés des élites indonésiennes, puisque Andrie Yunus
était également l'un des membres de la Commission d'établissement des
faits (KPF) qui, au cours des derniers mois, a mené une enquête
indépendante sur les répressions sanglantes d'aout et septembre 2025.
L'armée prend le relais pour mieux étouffer son implication
Très rapidement, une enquête est ouverte et les enregistrements des
caméras de vidéosurveillance sont passées au crible. Des images
circulent, notamment sur le net et les réseaux sociaux, et plusieurs
clichés révèlent le visage des assaillants. Quatre suspects sont
rapidement identifiés, arrêtés puis identifiés comme... faisant partie
de l'armée: il s'agirait de quatre officiers militaires, rattachés à
l'Agence de renseignement stratégique (BAIS) des forces aériennes et
navales indonésiennes.
Certes, le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Yusril Ihza
Mahendra, a rapidement réagi en déclarant que l'incident constituait
«une atteinte à la démocratie» et a promis que seraient traduits en
justice «qui que soient les auteurs et quelles que soient leurs
motivations. De tels actes de violence sont intolérables, ils doivent
être poursuivis conformément à la loi», a-t-il affirmé dans un
communiqué publié le lendemain de l'attaque (13 mars).
Et pourtant, les suspects feront finalement l'objet d'une enquête de la
police militaire et seront jugés par un tribunal militaire pour
«agression grave», un crime passible de peines allant jusqu'à sept ans
de prison.
Dans un communiqué publié le mercredi 18 mars, un grand nombre
d'organisations de la société civile - dont Kontras et Amnesty
International Indonésie - se sont insurgées contre la reprise de
l'affaire par les Forces armées indonésiennes, déclarant qu'une enquête
interne menée par les militaires «atténuerait la gravité et le caractère
systémique» de l'attaque, et risquerait également de soustraire les
hauts responsables à leurs responsabilités.
Aujourd'hui, les quatre suspects sont en détention: les gorilles qui, en
bout de chaine, sont directement impliqué dans l'attaque à l'acide
contre Andrie. Certes, mais quand seront identifiés et appréhendés les
véritables commanditaires de cette tentative d'assassinat?
Le jeudi 19 mars le président Prabowo Subianto - militaire sanguinaire
de surcroit, accusé de crimes contre l'humanité - s'est personnellement
exprimé sur la question. Faisant mine de s'en soucier, il a promis «une
enquête approfondie, jusqu'aux cerveaux de l'opération» et ordonné aux
autorités de «démasquer les instigateurs de l'attaque». Insistant que
«ceux qui l'ont commandité, ceux qui l'ont payé, doivent être
identifiés», il a même osé préciser «qu'il n'y aura pas d'impunité».
Dans un pays gangréné par la corruption et la compromission, où règne
l'impunité des élites politiques et militaires, et où la violence d'État
dégueule ses répressions meurtrières contre la digne révolte de la
rue... Nous nous permettons de douter de la sincérité du
président-boucher Prabowo. A fortiori puisque la tentative d'assassinat
semblerait bien être le fait de l'armée.
https://monde-libertaire.net/?articlen=8891
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center