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(fr) Monde Libertaire - Communiqué de la FAI sur la guerre en Iran
Date
Thu, 19 Mar 2026 17:20:37 +0000
Iran. Désertons la guerre! ---- [version en italien:
https://umanitanova.org/iran-disertiamo-la-guerra/] ---- L'attaque de
l'Iran par les États-Unis et Israël a déclenché un engrenage guerrier
qui dévaste la région comprise entre la Méditerranée et le Golfe
Persique. Une déflagration de niveau mondial semble toujours plus
proche. ---- Pour celles et ceux qui s'opposent au régime théocratique
iranien dans une perspective internationaliste, de classe et
antipatriarcale, le risque est grand que le régime, affaibli par
l'insurrection de janvier, se durcisse avec les attaques. ---- Les
États-Unis et Israël n'accordent pas la moindre importance à
l'aspiration à liberté qui a couté la vie à pas moins de vingt mille
personnes et qui a fait dix mille prisonniers politiques parmi celles et
ceux qui ont choisi de défier la République islamique.
Trump ne vise pas un changement de régime qui répond aux demandes des
insurgé.es, parce qu'il veut simplement arracher des accords favorables
dans le domaine énergétique.
Ce qui est en jeu pour les États-Unis, c'est le contrôle des ressources
et du détroit de Hormuz, l'isolement de la Russie et la fin du commerce
d'hydrocarbures avec la Chine.
Israël cherche à régler ses comptes avec le Hezbollah, en se servant des
divisions entre les chiites libanais.
C'est une opération risquée, surtout si le gouvernement israélien ne se
contente pas de contrôler la bande jusqu'au fleuve Litani et tente une
opération terrestre plus ample, qui pourrait s'avérer difficile sur le
plan militaire, et qui pourraient déclencher de nouvelles oppositions et
résistances sur le plan intérieur. Netanyahou avance sur une ligne de
crête, avec des coups qui sont calculés pour renforcer sa position
électorale. Le gouvernement du Likoud et ses alliés de l'extrême-droite
religieuse comptent en effet sur l'expansion en Cisjordanie et sur la
guerre pour éviter une déconfiture dans les urnes, qui signerait la fin
politique du premier ministre et de la coalition qui gouverne.
Cependant, jouer la carte de resserrer les rangs face à un ennemi
historique pourrait avoir fait long feu, surtout si le conflit s'étend
sur la durée: au Nord du pays, de nouveau, les gens fuient par milliers
frappés par des pluies de missiles.
30% de la population israélienne, la part la plus pauvre, n'a pas de
refuge pour se protéger des bombes.
Les guerres commerciales de l'administration Trump n'ont pas eu les
résultats escomptés, entamant le consensus obtenu en promettant le
retour de l'âge d'or, où les États-Unis seraient de nouveau le centre de
l'économie mondiale.
Les sondages indiquent une nette perte de consensus, qui pourrait
s'avérer désastreuse pour les élections des mid-term.
L'administration Trump, après le coup de force au Venezuela, joue une
fois de plus la carte militaire, parce que c'est le seul domaine où elle
possède encore une supériorité indiscutable, y compris sur ses
concurrents les plus importants.
Un choix qui n'est pas sans risque, comme l'ont montré les conséquences
tragiques des guerres déclenchées par les États-Unis en Irak et en
Afghanistan. Dans ces pays, la puissance militaire états-unienne a
permis une victoire sur le terrain, mais qui s'est transformée en
défaite, à cause de la brutalité de l'occupation militaire et de
l'absence d'alliés solides, que seuls des investissements massifs à
fonds perdus auraient pu garantir. Cela a conduit à des retraits, qui ne
font que démontrer l'incapacité des États-Unis à mener à bien leurs
propres projets coloniaux.
L'Iran n'est pas le Venezuela. En témoignent les attaques bien plus
fortes et bien plus offensives par rapport à la pantomime mise en scène
pendant la guerre des 12 jours en juin dernier.
Mais ce n'est pas tout.
Quinze jours après le début de cette nouvelle phase sanglante du
conflit, les États-Unis et Israël, qui ont infligé des coups extrêmement
durs à l'appareil militaire iranien et qui ont massacré plus de mille
personnes, ne semblent pas savoir tenir la situation sous contrôle. La
tentative de recourir aux milices kurdes iraniennes a été jusqu'ici
rejetée par la récente coalition des partis de la région kurdophone de
l'Iran.
Le chaos systémique que cherche probablement Trump pourrait fissurer les
alliances états-uniennes de la région, qui sont déjà bien plus
fragilisées aujourd'hui qu'elles ne l'étaient par le passé.
Il suffit de penser à un pays comme la Turquie, un allié historique qui
désormais agit pour son propre compte, en soutenant activement les
factions palestiniennes qui répondent au Hamas en Palestine, en
s'alliant avec Al Jolani en Syrie, et en réglant les comptes avec
l'opposition kurde. Aujourd'hui, la Turquie se positionne comme le
pilier de la région, dans une perspective néo-ottomane et en concurrence
directe avec Israël.
En Iran, l'opposition politique et sociale internationaliste, de classe
et anarchiste s'oppose à la guerre. La guerre de Trump et de Netanyahou
n'est pas menée en leur nom. La mort du tyran n'a pas conduit à la fin
de la dictature, parce qu'il n'y a que la lutte, par le bas, qui puisse
mettre en pièce l'ordre religieux et patriarcal, qui puisse ouvrir de
nouveaux horizons de liberté à même de déclencher un processus
révolutionnaire.
Les bombes israéliennes et états-uniennes massacrent la population
civile pendant qu'un régime toujours plus sanguinaire et cruel prive de
nourriture les prisonniers politiques et les utilise comme boucliers
humains dans les bases militaires.
Les anarchistes iraniens s'opposent à la guerre et au régime.
Les déserteur.es et les objecteur.es israélien.nes ont soutenu
l'insurrection en Iran et s'opposent à la guerre. Tout notre soutien est
à elles et eux.
Dans notre pays, on a vu des manifestations organisées par certains
groupes d'exilés iraniens soutenir l'attaque d'Israël et des États-Unis
contre l'Iran.
D'autres manifestations, organisées par divers groupes de la gauche
italienne, ont brandi les drapeaux de la République iranienne et des
images de Khamenei.
Ce sont des signaux inquiétants.
Nous sommes dans un moment obscur.
L'Italie, qui depuis des années est une plateforme logistique pour la
guerre en Ukraine et à Gaza, joue aujourd'hui un rôle névralgique dans
le soutien à la guerre en Iran.
Les bases de Sigonella et le MUOS [note] de Niscemi jouent un rôle
central dans les opérations de renseignement militaire.
La frégate lance-missile Martinengo a été délocalisée à Chypre et des
aides militaires ont été envoyées aux Pays du Golf.
Le gouvernement nie de vouloir entrer en guerre, mais notre pays est
déjà en guerre depuis des années.
Les missions militaires italiennes sont actives depuis des décennies en
Irak, au Koweït, au Liban, à Chypre, en Palestine, en Égypte, ainsi que
dans la Mer Rouge et dans la Corne de l'Afrique.
Nous, nous désertons.
Nous ne nous enrôlons pas au côté d'un État ou d'un autre.
Nous sommes au côté de toutes celles et ceux qui, dans tous les coins de
la terre, désertent la guerre.
Nous voulons un monde sans frontières, sans armées, sans oppression et
sans exploitation.
Seule une humanité internationale pourra jeter les fondements de ce
monde libre et égal qui peut mettre fin aux guerres.
La lutte pour la fermeture des bases militaires italiennes,
états-uniennes et de l'OTAN est cruciale, aujourd'hui plus que jamais.
Déserter la guerre n'est pas un simple slogan, c'est une pratique
concrète, qui se renforce par les alliances transnationales parmi les
opprimé.es et les exploité.es.
Sabotons la guerre!
La commission de correspondance de la Fédération Anarchiste Italienne
https://federazioneanarchica.org/home.html
https://monde-libertaire.net/?articlen=8888
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