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(fr) Union Communiste Libertaire (UCL) - Motion 3: Battre le fascisme partout

Date Thu, 22 Jan 2026 19:54:48 +0000


Dans une période où le fascisme gagne en pouvoir à l'international, et depuis maintenant plusieurs décennies, l'UCL opte pour un combat antifascisme sur tous les fronts possibles. Cela implique, en plus de la nécessaire lutte antifasciste frontale et de terrain, un combat contre tous les facteurs favorisant le fascisme: racisme, impérialisme, capitalisme. Cela implique de renforcer les liens entre les commissions concernées, et de constamment rappeler les liens entre tous ces facteurs. La gravité de l'époque implique également de ne pas négliger le terrain électoral, et d'anticiper les pires scénarios, comme l'arrivée au pouvoir du RN ou une guerre entre Europe et Russie.

Motion adoptée à 74,04% des mandats exprimés (21,15% de votes contre et 4,81% d'abstention)

1. Introduction

1.1. Définitions

1.1.1. L'impérialisme est un stade du capitalisme où la concurrence entre capitaux prend de plus en plus la forme de conflits géopolitiques et militaires entre États et blocs d'États. Ce n'est pas une politique poursuivie délibérément par les classes dirigeantes, mais une conséquence inévitable de la rivalité économique et géopolitique sous le capitalisme. Il en résulte la domination, directe ou indirecte, d'un État sur d'autres peuples ou territoires, à l'échelle régionale ou mondiale. Le colonialisme et le néocolonialisme sont des formes de domination impérialiste. Le néocolonialisme, largement pratiqué au XXIe siècle, est marqué par l'échange inégal imposé: les pays industrialisés imposent une division internationale du travail, spécialisant les pays «sous-développés» dans certaines productions, et se réservent les productions nécessitant une technologie plus avancée.

1.1.2. Le racisme est une idéologie systémique. Le capitalisme organise et renforce le racisme et est renforcé en retour par celui-ci. Le racisme s'est structuré lors de l'expansion coloniale du capitalisme au moment de la colonisation du «Nouveau Monde», du développement de l'esclavage et de l'instauration de plantations. Il est fondé sur l'exploitation de populations humaines distinguées et hiérarchisées par leurs cultures ou leurs ethnies. Sa justification idéologique varie selon les époques (racisme scientifique ou biologique du XVIIIe au milieu du XXe, réaction à la décolonisation et racisme culturel dans la deuxième moitié du XXe, choc des civilisations et grand remplacement avec une centralité de l'islamophobie à partir de la fin du XXe).

1.1.3. Le fascisme est un mouvement politique d'extrême droite contre-révolutionnaire produit par les contradictions économiques et sociales de l'impérialisme. Il prospère en l'absence d'alternative prolétarienne crédible. Pas seulement plus dur que le capitalisme dans sa forme libérale, il tend à éliminer toute possibilité de contestation institutionnelle ou populaire. Les caractéristiques centrales du fascisme sont triples. D'abord, il se constitue sur un mouvement de masse. Bâti par les leviers idéologiques ou institutionnels traditionnels du capitalisme qui poussent à la passivité de la population (comme l'école, les médias, l'Église, l'État, la police, l'armée), le fascisme cherche à l'enrôler, la galvaniser et la discipliner, notamment par le biais des structures parallèles à l'État qu'il construit. Ensuite, il a son centre de gravité dans la petite bourgeoisie et dans la position contradictoire de cette classe dans le capitalisme. Enfin, il dispose d'une relative autonomie vis-à-vis de l'État et de la bourgeoisie. Il peut être utilisé par les fractions dominantes du patronat notamment lors de moments de crise. L'idéologie fasciste considère la nation comme un corps, menacé par des ennemis intérieurs ou extérieurs, qu'il faudrait purifier par la violence. Le fascisme développe un programme raciste, pouvant mener à des pratiques coloniales et génocidaires.

1.2. Entrelacement historique entre impérialisme, racisme et fascisme au XXIe siècle

1.2.1. Le tournant du 11 septembre 2001

1.2.1.1. Au début des années 2000, l'antiterrorisme prend dans les États occidentaux la place laissée vacante par l'anticommunisme de la guerre froide. Ainsi, il devient le leitmotiv des interventions impérialistes mais aussi l'idéologie dominante des extrêmes droites. La guerre au terrorisme islamiste et les représentations racistes contre les «immigré·es» ou leurs descendant·es sont les produits des décolonisations du siècle précédent et des guerres racistes contre celles-ci.

1.2.1.2. En France, le passage au second tour de l'élection présidentielle de 2002 de Jean-Marie Le Pen confirme la progression continue de l'extrême droite dans les urnes. Cette progression est contenue quelques temps mais les attentats de 2015 marquent un nouveau tournant. Marine Le Pen se qualifie au second tour de l'élection présidentielle en 2017 puis de nouveau en 2022. La dissolution hasardeuse de l'Assemblée nationale décidée par Emmanuel Macron en 2024 s'ensuit d'une campagne législative éclair, au cours de laquelle la possibilité que le RN gagne la majorité absolue devient une menace tangible. Les candidat·es du RN, mal préparé·es, enchainent les déclarations publiques racistes. Si cela libère la parole raciste en France, cela a aussi l'effet d'un électrochoc à gauche. L'alliance du NFP, soutenue entre autres par la CGT, la FSU, le Planning familial et des pans larges de Solidaires, emporte la première place à l'Assemblée nationale, sans toutefois parvenir à la majorité absolue. Cela permet à Macron de poursuivre sa politique, qui déroule toujours le tapis rouge à l'extrême droite, avec notamment le duo Darmanin-Retailleau à la justice et à l'intérieur.

1.2.1.3. La montée du fascisme est mondiale. Turquie, Inde, Brésil, Hongrie, Italie, Israël, États-Unis, Argentine, Suède, Luxembourg, partout des partis d'extrême droite prennent le pouvoir. Ceux qui ne parviennent pas à le garder durablement, acceptent difficilement de le rendre (fin du premier mandat de Trump ou du mandat de Bolsonaro), et parviennent parfois à le reprendre après une brève alternance (Orbán, Netanyahou, Trump).

1.2.1.4. La Russie de Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 1999, utilise tous les moyens possibles pour déstabiliser l'Occident libéral. Elle soutient, parfois au nom de la guerre au terrorisme, des régimes et impérialismes régionaux opposés aux impérialismes occidentaux (Syrie d'el-Assad, Iran, Corée du Nord). Elle conduit des interventions armées contre les populations minoritaires au sein de son territoire, puis dans sa «sphère d'influence»: en 2008 elle prend le contrôle de territoires en Géorgie, et en 2014 elle entame son invasion de l'Ukraine, qui devient en 2022 une guerre ouverte impliquant d'un côté une résistance ukrainienne soutenue par l'Otan et de l'autre la Russie et ses alliés, Biélorussie, Iran, Corée du Nord. En parallèle, la Russie tente de renforcer son soft power auprès de l'impérialisme turc, membre de l'Otan. Elle apporte aussi un soutien militaire à des putschs dans les anciennes colonies européennes contre les régimes néocoloniaux; son influence est notamment manifeste au Burkina Faso, au Mali et au Niger, qui s'émancipent entre 2020 et 2023 par la force de la tutelle française. La Russie subventionne des partis d'extrême droite dans les démocraties européennes, notamment le groupe eurosceptique ID devenu «Patriotes pour l'Europe» au Parlement européen, et aux États-Unis, où elle soutient à partir de 2016 le mouvement MAGA de Donald Trump. L'élection présidentielle en Roumanie de 2024 est l'occasion d'opérations massives d'influence russe sur les réseaux sociaux et un candidat d'extrême droite pro-russe en sort vainqueur; l'élection est annulée par la Cour constitutionnelle.

1.2.1.5. La Chine, présidée par Xi Jinping à partir de 2013, est en passe de devenir la première puissance économique mondiale. Elle cherche à rattraper son retard militaire et développe une politique de soft power en Europe et en Afrique avec son projet de «nouvelles routes de la soie». Dans son espace proche en Asie, elle concurrence de plus en plus les intérêts états-uniens. Sa revendication historique nationaliste et politique de rattachement de Taiwan, allié des occidentaux, pourrait devenir un conflit armé. En outre, la Chine poursuit la politique impérialiste et raciste violente menée depuis des siècles contre ses minorités intérieures, notamment tibétaine ou ouïghoure. Contre la minorité ouïghoure, la Chine mobilise elle aussi la guerre au terrorisme et l'islamophobie.

1.2.1.6. Le Moyen-Orient est constamment déstabilisé par des ingérences et des guerres impérialistes occidentales, justifiées officiellement seulement par la guerre au terrorisme en dissimulant des enjeux économiques et politiques: guerre d'Irak, guerre d'Afghanistan, coalition contre Daech, etc. La guerre au terrorisme est aussi mobilisée par la Turquie d'Erdogan pour persécuter le peuple kurde jusqu'en Syrie. Depuis octobre 2023, le soutien occidental inconditionnel au génocide en Palestine poursuivi par le régime de Netanyahou est une étape décisive de la politique de guerre au terrorisme, du développement de l'islamophobie, de la déshumanisation des populations arabo-musulmanes en général et du peuple palestinien en particulier, et en France de la banalisation de l'extrême droite - qui ne serait plus antisémite au seul titre qu'elle soutient le régime fasciste israélien. Les actes antisémites connaissent une hausse importante en France depuis le 7 octobre. Des débats divisent à gauche sur le foyer de cet antisémitisme, sur son instrumentalisation par la droite et l'extrême droite, et sur la responsabilité de LFI en particulier.

1.2.2. Depuis janvier 2025

1.2.2.1. Le retour de Trump à la Maison blanche, allié avec le libertarien et homme le plus riche du monde Elon Musk, s'ensuit d'une bifurcation vers une politique de renégociation des chasses-gardées avec la Russie. Trump veut avoir pour seul adversaire la Chine et est prêt pour cela à lâcher l'Ukraine et plus largement l'Europe. Le compromis économico-social néolibéral «pax americana» de la fin du XXe siècle se retrouve au bord de l'effondrement en quelques semaines.

1.2.2.2. Macron agite la menace d'une guerre entre l'Europe et la Russie et, avec de nombreux autres pays d'Europe, engage un réarmement massif qui contente l'armée et l'industrie de l'armement. Le patronat français libère du temps pour les salarié·es souhaitant rejoindre la garde nationale (12 000 candidatures pendant le premier trimestre 2025). Des réservistes sont envoyés directement sur les chaines de montage de l'industrie de l'armement.

1.2.2.3. La nouvelle administration Trump entame l'expulsion de plus de 500 000 migrant·es, multiplie les saluts nazis, évoque des annexions du Groenland, du Canada et du canal de Panama, attaque agressivement les droits des personnes trans, censure les sciences du climat et de la biodiversité. Elle soutient par ailleurs activement et au grand jour les partis d'extrême droite européens au nom de la «liberté d'expression». L'AfD allemande opère une percée historique aux élections législatives, après une campagne marquée par l'ingérence d'Elon Musk et J. D. Vance.

1.2.2.4. Des rebondissements au Kurdistan turc (appel à la fin de la lutte armée et à la dissolution du PKK par Abdullah Öcalan) et au Kurdistan syrien (intégration de l'administration autonome du Rojava dans le nouvel État syrien) interrogent sur l'avenir du mouvement kurde.

1.2.2.5. La visite officielle en Israël de Jordan Bardella et Marion Maréchal en mars parachève la «dédiabolisation» du RN.

1.2.2.6. L'inéligibilité de Marine Le Pen, avec exécution provisoire, suite à sa condamnation en mars pour détournement de fonds, pourrait rebattre les cartes pour les élections présidentielles de 2027.

1.2.2.7. La stagnation du PIB dans les pays occidentaux, le tassement de sa croissance en Chine, les limites écologiques au modèle extractiviste et productiviste, la concentration monopolistique dans Big Tech et Big Oil, l'influence grandissante de la Russie et de la Chine, tout cela modifie les intérêts des capitalistes. Des fractions conséquentes du grand capital occidental voient ainsi leurs intérêts s'aligner avec ceux de l'extrême droite climato-négationniste et nationaliste, ainsi qu'avec ceux de l'impérialisme russe opposé à l'ancien ordre international néolibéral. Ces fractions ajoutent leurs fonds aux fonds russes pour subventionner l'extrême droite dans tout l'Occident. En France, l'empire médiatique de Bolloré se lance dans une vaste campagne de propagande pro-russe.
2. Bilan

2.1. Antiracisme en France

2.1.1. L'UCL a été signataire en 2019 de l'appel unitaire à marcher contre l'islamophobie. Cependant l'investissement dans ce front de lutte est resté très inégal selon les groupes locaux, et les analyses sont restées disparates. Le texte de congrès «L'antiracisme est une lutte sociale» de 2021 a permis d'avancer sur la question des cadres unitaires antiracistes mais n'a pas permis de clarifier plus précisément l'analyse. Dans la même période, plusieurs communiqués et articles contre l'antisémitisme ont été produits.

2.1.2. Les études internes sur la sociologie de l'UCL en 2020 et 2025 montrent que l'engagement de ses militant·es dans les organisations du mouvement antiraciste a au mieux stagné depuis.

2.1.3. En 2021, l'UCL a été motrice pour la campagne Antiracisme et Solidarité pendant plusieurs mois, mais cet investissement dépendait de trop peu de militant·es pour perdurer. Aujourd'hui, l'UCL est membre de plusieurs cadres nationaux, notamment la Marche des Solidarités, la Coalition contre le racisme systémique et pour les libertés publiques, la campagne Uni·es Contre l'Immigration Jetable (UCIJ), le collectif 17 Octobre 1961, mais ne parvient pas à y participer activement. Notre distance vis-à-vis de ces cadres et notre méconnaissance de leur (dys)fonctionnement nous condamnent à ne pas faire plus que des signatures d'appels et des cortèges lors des manifestations nationales.

2.1.4. Le meurtre de Nahel en 2023, juste après un mouvement social d'ampleur, a été l'occasion pour de nombreuses organisations dont l'UCL d'afficher un soutien aux luttes contre le racisme et les violences policières.

2.1.5. Quelques mois plus tard, au congrès de 2023, l'UCL a remis à jour un texte d'orientation d'Alternative Libertaire sur les luttes des quartiers populaires. Ses implications tactiques n'ont pas été développées ni animées, peut-être en partie parce que les objectifs affichés étaient très élevés vis-à-vis des réalités de l'implantation actuelle des groupes de la fédération, ce qui avait été souligné lors des débats du congrès.

2.1.6. L'UCL a participé en 2024 et 2025 à trois meetings unitaires portant sur les questions antiracistes, «Contre l'antisémitisme et ses instrumentalisations», «Que faire?» puis «Des tours et des bourgs».

2.2. Internationalisme

2.2.1. L'activité principale de la commission Relations Internationales se concentre actuellement sur son rôle de commission de fonctionnement, donc de maintien des relations avec les organisations de notre réseau rouge et noir. Celui-ci a permis quelques échanges d'informations importantes (notamment avec des camarades internationalistes en Syrie au moment de la chute de Bachar el-Assad), mais ces derniers restent limités à cause d'un manque d'organisation et d'influence de notre courant au niveau mondial et d'un manque de maturité politique pour certaines organisations très jeunes. L'UCL manque de moyens mis dans les Relations Internationales et de formation interne sur ces questions.

2.2.2. Ce centrage sur nos relations internationales laisse des vides sur le terrain de l'intervention politique de l'UCL sur des thématiques internationales quand nous n'avons pas de contacts sur place. C'est le cas au sujet de la Palestine.

2.2.3. L'UCL est membre du collectif Stop Ingérence en Afrique mais n'y participe pas au-delà d'une réception de la newsletter par les Relations Extérieures.

2.2.4. L'UCL a réussi à reprendre quelques contacts avec le mouvement kanak (duquel notre courant s'était un peu écarté), mais sans arriver à offrir un appui stratégique concret. Au niveau national, elle est membre du collectif Solidarité Kanaky, reçoit la newsletter sans participer aux réunions, et quelques GL sont également investis sur cette lutte.

2.2.5. Sur la guerre en Ukraine, un manque de formation général a abouti à une grande disparité d'analyses, plus ou moins résolu par une orientation assez sommaire mais nécessaire. Cela ne s'est pour l'instant pas traduit par un soutien matériel concret aux luttes populaires ukrainiennes. L'UCL est membre du Réseau Européen de Solidarité avec l'Ukraine (RESU) mais la participation se limite à une réception de la newsletter par les Relations Extérieures.

2.2.6. Dans le champ de la gauche politique, l'UCL se démarque par un soutien très actif à la gauche kurde. Certains groupes locaux ont été particulièrement investis sur cette question. Dans ces groupes ou dans des communiqués fédéraux, il a parfois été porté un regard trop proche de la vision et des intérêts seulement kurdes. Il est pourtant nécessaire que ce soutien reste critique, du fait, d'une part de la distance idéologique et stratégique qui nous sépare, et d'autre part des actualités de début 2025 au Kurdistan.

2.2.7. Le mouvement de solidarité avec la Palestine a été très investi par l'UCL. Plusieurs GL ont rejoint les actions de la campagne BDS, avec néanmoins une coordination fédérale qui peut encore être améliorée. Le groupe de travail BDS peine à se donner la moindre activité. Les coordinations nationales sont suivies de façon très épisodiques. Au niveau national, l'UCL est membre du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestinien·nes et Israélien·nes (CNPJDPI), de la Coordination nationale BDS et de Stop Arming Israel, mais sans toutefois participer activement, le suivi se limitant à l'abonnement des Relations Extérieures aux listes de discussion et de diffusion. Le contexte du 7 octobre a, à l'UCL comme ailleurs à gauche, fait naître en interne un clivage important sur le niveau de critique auquel soumettre les mouvements de résistance au colonialisme et à l'impérialisme dans le contexte global de guerre au terrorisme et de montée de l'islamophobie et de l'antisémitisme en France et dans le monde.

2.3. Antifascisme

2.3.1. L'antifascisme à l'UCL s'inscrit dans la lignée d'une longue tradition antifasciste communiste libertaire, et notamment des travaux de Daniel Guérin dans Fascisme et grand capital.

2.3.2. Les militant·es de l'UCL sont surtout actifs dans l'antifascisme spécifique et de rue: lutte contre les groupuscules aux côtés, par exemple, de la Jeune Garde ou des groupes de la galaxie Action Antifasciste. Dans les syndicats ou autres organisations de masse, les militant·es de l'UCL sont souvent à l'initiative sur les questions antifascistes (à travers VISA notamment), mais se trouvent confronté·es à des difficultés pour élargir des mouvements, et se heurtent dans le contexte de génocide en Palestine aux mêmes clivages qu'en interne sur la question de l'antisémitisme. L'UCL est également membre de la campagne nationale «Désarmer Bolloré», participe aux réunions et quelques GL y contribuent activement.

2.3.3. Malgré cette activité importante, l'arrivée au pouvoir du RN a, jusque là, été regardée par l'UCL comme inexorable, sans trouver de prise pour agir dessus, et sans pour autant s'y préparer concrètement.

2.3.4. L'appel au vote barrage tactique par l'UCL lors des élections législatives de juin-juillet 2024 est d'une importance historique pour notre courant. L'UCL ne regrette ni son choix, ni sa distance critique à l'égard du NFP.

2.4. Liens entre les commissions

2.4.1. Certains thèmes recouvrent à la fois l'intervention des commissions Relations Internationales, Antiracisme et Antifascisme. À la fois par manque d'échanges et manque de réactivité voire d'activité de commissions en sous-effectifs, ces commissions ont pu développer des analyses contradictoires et concurrentes, ce qui a alimenté des conflits internes dans l'organisation et au sein des mêmes commissions. Ces conflits traversant par ailleurs tout le champ de la gauche, il n'est pas étonnant de les retrouver en notre sein, mais la précision des mandats donnés aux commissions et leur champ d'intervention, ainsi que le renforcement des échanges au sein des commissions et entre elles ne pourra qu'améliorer la situation. Les parties suivantes proposent des pistes de travail en ce sens.
3. Perspectives stratégiques

3.1. Lutter contre le vote d'extrême droite en France par l'antiracisme et la conquête sociale

3.1.1. En France, le vote d'extrême droite est déterminé d'après un large consensus d'études par le racisme et la question de l'immigration. Le vote pour le RN est structuré par une idée centrale: la préférence nationale.

3.1.2. Ce constat fait du soutien et du lien entre les luttes du mouvement ouvrier (salaires, retraites, Sécurité sociale, services publics) et les luttes antiracistes (luttes des quartiers populaires contre le mal logement ou pour l'accès aux services publics, contre les violences policières, régularisation des sans-papiers, discriminations racistes) une nécessité antifasciste de premier plan. Il démontre également l'importance des luttes syndicales contre la division raciste du travail. La mise en pratique de cet axe sera détaillée plus loin.

3.1.3. L'enjeu actuel pour l'UCL avec le reste des organisations antifascistes est de réussir à riposter pour non seulement bâtir des digues, mais aussi et surtout redonner un «espoir à gauche».

3.1.4. La perspective d'une arrivée au pouvoir de la gauche réformiste unie est peu probable. Elle doit cependant être pensée avec des issues différentes:

* soit, si elle ne trahit pas comme presque toujours dans l'histoire, la gauche va se heurter à l'impossibilité structurelle d'améliorer en profondeur nos vies dans le cadre du capitalisme et de l'État, va gérer le libéralisme, engendrant encore une montée du vote d'extrême droite;

* soit, une victoire de la gauche pourrait emmener une respiration qui, si il existe une hausse de la conscience et de la conflictualité de classe, ouvrirait un nouveau cycle de luttes offensives et de conquêtes sociales et ensuite potentiellement une marginalisation de l'extrême droite.

3.1.5. Dans tous les cas il n'y aura de salut qu'avec un mouvement social capable de résister et de mener des luttes sociales de grande ampleur. En cas d'arrivée au pouvoir de la gauche, ce ne sera possible que si le mouvement social est réellement autonome du pouvoir en place et évite son aspiration comme ça a été le cas en France en 1981, en Grèce avec Syriza en 2015 ou en Espagne avec Podemos, avec des conséquences terrible sur nos capacités de résistance... et des désillusions qui font le lit du fascisme.

3.1.6. Dans cette période, notre rôle n'est donc surtout pas de participer à l'émergence d'un «débouché politique» plus qu'incertain des luttes éparses, mais bien d'oeuvrer malgré les difficultés à l'émergence de luttes sociales d'ampleur, à l'unité sur le terrain social, à préserver l'autonomie et l'indépendance des organisations du mouvement vis à vis des partis de gauche et de convaincre le plus de monde possible que l'égalité économique et sociale, la préservation de notre environnement et la démocratie réelle ne peuvent pas exister dans le cadre du capitalisme et de l'État.

3.2. Lutter contre le fascisme mondial par un anti-impérialisme des peuples

3.2.1. Au niveau européen et plus largement mondial, l'UCL et son réseau militant dans les organisations des masses soutiennent les luttes anti-impérialistes et anti-coloniales.

3.2.2. Pour cela sa boussole communiste libertaire doit l'écarter des deux écueils historiques de la gauche.

3.2.3. D'une part, le campisme, fruit d'un soutien stratégique au bloc de l'Est, résultant maintenant en un alignement sur les impérialismes concurrents des États-Unis et de ses alliés, niant d'ailleurs leurs autonomies respectives, et très souvent au mépris des peuples sous leur domination.

3.2.4. D'autre part, le ni-nisme, la négation des rapports de forces, née de l'opposition historique au stalinisme, au sein de certains courants trotskistes ainsi que certains courants anarchistes idéalistes et bien sur des courants sociaux-démocrates. Cet écueil consiste à refuser de soutenir, parce qu'ils ne seraient pas assez «purs», des luttes populaires contre un impérialisme ou des mouvements de libération nationale. Cela ne signifie bien sur pas suspendre toute critique à l'égard des organisations luttant contre un impérialisme ou des mouvements de libération nationale, ni de leurs actions. Cela signifie veiller à ne pas rejeter dos-à-dos les acteurs impérialistes et les organisations des peuples qui se défendent contre leur domination impérialiste. Cette lecture idéaliste peut mener aussi à invoquer, sans la construire, la solidarité par-delà le fait colonial entre le prolétariat de la force coloniale et le peuple colonisé (ou sa composante prolétarienne si elle existe). Cette lecture nie les intérêts objectifs de la première au maintien de la domination et donc l'importance de mener un véritable travail d'hégémonisation anticoloniale pour y faire contrepoids dans une logique de lutte de classes et d'internationalisme.

3.2.5. Le courant communiste libertaire veut se placer dans un dépassement de ces écueils, en héritier de Daniel Guérin ou de la Fédération Communiste Libertaire qui n'ont jamais hésité, par exemple, à soutenir le FLN et ses revendications, sans taire leurs critiques contre le FLN. Le courant communiste libertaire a agi concrètement contre le colonialisme français en se mettant du côté des aspirations populaires.

3.2.6. La solidarité aux peuples en lutte et le soutien politique à apporter à la résistance doivent dès lors être des préalables à tout autre désaccord. Nous soutenons les résistances populaires anti-impérialistes (en Ukraine, en Palestine, en Kanaky et dans le reste des colonies françaises, etc.) quand elles existent, de manière toujours critique et en soutenant prioritairement les organisations ayant un projet politique compatible avec nos valeurs.

3.2.7. En Ukraine, les anti-impérialistes doivent souhaiter l'échec de l'impérialisme russe. Cet échec doit être celui de la classe dirigeante russe. Il doit être le produit de la résistance ukrainienne et du soulèvement de la population russe contre la guerre, pas d'interventions directes de puissances impérialistes rivales.

3.2.8. Que les intérêts des peuples en lutte s'alignent temporairement avec ceux d'impérialismes occidentaux (par exemple le soutien de l'Otan à la résistance ukrainienne) ne change rien à notre soutien, mais nous oblige à prendre garde aux risques d'instrumentalisation renforçant les discours d'extrême droite de choc des civilisations.

3.2.9. De même, que des impérialismes concurrents des impérialismes occidentaux s'alignent sur les luttes des peuples (par exemple le soutien de l'Iran à la lutte de libération de la Palestine ou le soutien de la Russie aux luttes contre l'impérialisme français en Afrique de l'Ouest) ne les rendent pas plus justifiables.

3.2.10. Nous ne devons pas choisir quel peuple est le plus légitime entre celui qui se bat contre un impérialisme anti-occidental et celui qui se bat contre un impérialisme occidental.

3.3. Une méthode ouverte, autogestionnaire et de classe

3.3.1. Les analyses de la gauche française divergent beaucoup, quelles que soient la composition de ces organisations, sur la Palestine, l'Ukraine, le réarmement national, l'instrumentalisation de la laïcité, l'antisémitisme, l'islamophobie, entre autres. Peu de consensus existe, surtout dans une démarche unitaire très large, par exemple jusqu'au PS d'Olivier Faure ou la FSU. Cela illustre à la fois des vraies divergences idéologiques et stratégiques, un manque général de formation, et une perte d'habitude de la gymnastique dialectique et de la culture du débat. Il faut prendre cela comme un état de fait, certes regrettable, mais qui s'impose.

3.3.2. Que ce soit dans nos organisations de masse ou à l'UCL, ces divergences d'analyses, en particulier depuis le 7 octobre, mènent parfois à des conflits internes violents entre camarades.

3.3.3. Ces conflits prennent des formes diverses et peuvent parfois évoquer des conflits déjà vécus à l'UCL. Certains mettent en opposition laïcité et antiracisme. D'autres s'inscrivent dans la concurrence des oppressions, et en particulier des formes de racisme entre elles. D'autres encore se structurent autour d'écueils anti-impérialistes campistes ou ni-nistes. Dans certains cas mais pas tous, le conflit oppose plusieurs générations de militant·es, socialisées différemment dans le rapport à ces sujets.

3.3.4. Plus le conflit dure, plus il est susceptible d'entremêler des enjeux distincts. Des parties prenantes peu regardantes sur l'avant-gardisme peuvent tenter des coups de force ou des méthodes bureaucratiques de blocage voire de politique de la terre brulée. La victimisation ou l'assimilation de camarades à des ennemis politiques (accusations abusives d'antisémitisme, de soutien au sionisme, d'islamophobie, etc.) peuvent aussi être mobilisées. Le conflit devient un repoussoir pour les militant·es éloignés du centre du conflit, peu au fait de l'historique ou insuffisamment formés sur l'antiracisme ou l'anti-impérialisme. Cet effet repoussoir alimente le conflit en affaiblissant la démocratie interne et la nécessaire solidarité entre camarades. Le poids des militant·es au centre du conflit se renforce, le conflit prend une dimension interpersonnelle, et progressivement il devient indépassable. Le cercle vicieux amène alors à des pertes d'adhérent·es voire, dans les pires cas, à une scission de l'organisation.

3.3.5. Toujours, ces conflits révèlent la faiblesse des pratiques et des mobilisations antiracistes ou anti impérialistes réelles, et prospèrent sur ces faiblesses et les renforcent. Car en dernière instance c'est dans la lutte que le consensus se construit, mais pour lutter, encore faut-il pouvoir s'organiser.

3.3.6. Il y a un enjeu de réussir à ne pas fracturer toujours plus, et à se rappeler que nous avons en face des ennemis déterminés et mortels. Il faut réussir, non pas à évacuer ces débats, mais à les tenir dans une dynamique d'unification de notre camp social et non pas d'accentuation de la fragmentation des luttes. Il s'agit de faire un travail de conciliation pour éviter le déchirement d'organisations de masse qui sont précieuses pour notre camp social. Pour cela, la responsabilité des militant·es communistes libertaires est de mettre en place les conditions d'un débat véritablement démocratique, adapté aux rapports de forces internes et externes pour n'être ni spontanéiste ni dirigiste. À l'UCL, nous savons qu'il ne suffit pas de proclamer un débat apaisé et respectueux pour que celui-ci devienne réalité, et nous sommes donc d'autant plus responsables d'être entre nous à la hauteur de notre camaraderie, mais également de partager le plus largement possible nos pratiques autogestionnaires.
4. Éléments tactiques: transformer la guerre impérialiste en guerre de classe

4.0.1. Dans cette dernière partie, nous donnons de nombreuses tâches aux commissions fédérales. Ces tâches nécessitent certes que les GL renforcent les commissions, mais dans le même temps elles doivent rendre le travail des commissions plus concret et attrayant et ainsi créer des conditions favorables pour ce renfort. Nous estimons cela réaliste, pourvu que l'organisation se saisisse de l'enjeu avec sérieux. Bien évidemment, ces mandats donnés n'ont rien d'exhaustif ou de limitant.

4.1. Empêcher la prise du pouvoir du RN par tous les moyens

4.1.1. Ne pas négliger le terrain électoral

4.1.1.1. Une victoire électorale du RN rendrait notre tâche révolutionnaire profondément plus difficile. La répression pourrait nous contraindre à revoir profondément la structuration de notre organisation et de nos activités. Au-delà de notre travail politique, elle mettrait immédiatement en danger les groupes minorisés ciblés par l'extrême droite (personne issues de l'immigration, supposées musulmanes, trans...).

4.1.1.2. L'UCL décidera au cas par cas à chaque élection de son expression sur le fait d'appeler au vote barrage ou non, si possible via une décision en coordination fédérale, ou à défaut par une consultation des GL en ligne. Le SF est responsable d'animer cette question et de permettre la prise de décision.

4.1.2. Développer la lutte antiraciste spécifique dans nos organisations de masses

4.1.2.1. La tâche première à laquelle doit s'atteler l'UCL et le mouvement ouvrier en général est de contester, partout, tout le temps, l'idée de préférence nationale, et d'y opposer la construction d'une subjectivité et d'une solidarité de classe. Sur ces questions, il s'agit de ne pas se contenter de faire oeuvre de témoignage antiraciste.

4.1.2.2. Au niveau syndical, cela implique de s'emparer avec force des enjeux de discriminations racistes au travail, par l'ouverture de permanences dédiées et la formation syndicale, ainsi que de renforcer le travail existant à destination des travailleur·ses sans-papiers; de contribuer à structurer des mobilisations collectives sur ces questions; de lutter syndicalement contre les lois racistes et d'exception (loi de 2004 contre le voile à l'école, circulaire Retailleau, loi séparatisme, etc.). Les syndicats doivent aussi reprendre l'offensive et impulser, grâce à leur connaissance des réalités du travail, de ses divisions et de ses conflits, des campagnes syndicales antiracistes secteur par secteur. Le travail au sein de l'association VISA est efficace et doit être poursuivi, tout en veillant à ne pas transformer cet investissement en pratique d'avant-garde, et donc en menant d'abord le débat à la base. Les communistes libertaires pourront aussi s'appuyer sur la campagne intersyndicale «Contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie au travail» et la construire à la base, sur une ligne matérialiste.

4.1.2.3. La commission Travail, en lien avec la commission Antiracisme, est mandatée pour rédiger un argumentaire quatre pages sur l'action syndicale antiraciste.

4.1.2.4. Un travail militant similaire doit se déployer dans les organisations de masse non syndicales: associations, collectifs de lutte, etc.

4.1.2.5. Les rendez-vous annuels des luttes antiracistes (18 décembre, journée internationale des migrant·es; 21-22 mars, journée internationale contre la discrimination raciale) doivent être amplifiés pour aller vers une grève antiraciste (sur le modèle du 8 mars). Jusque-là, ces dates se sont au contraire heurtées à un désintérêt large y compris au sein du milieu militant. Il faut réussir à les transformer en tremplins pour les luttes. Le relatif succès du 22 mars 2025 nous laisse penser que ces dates peuvent devenir des rendez-vous importants.

4.1.2.6. La commission Antiracisme est mandatée pour produire une brochure d'ici janvier 2026. Cette brochure développera les analyses antiracistes de ce texte et outillera les militant·es pour défendre nos positions dans leurs organisations de masse.

4.1.3. Construire l'unité de classe

4.1.3.1. Le développement syndical dans les secteurs précarisés, féminisés, et les déserts syndicaux en général, est un enjeu antiraciste et antifasciste de premier ordre, puisqu'il constitue l'espace à partir duquel rebâtir la solidarité de la classe. Faire (re)vivre l'interpro, au niveau des UL et des UD, et plus largement reconstruire un maillage syndical et associatif fin sur l'ensemble du territoire métropolitain, demeure une priorité incontournable. Il est établi que la présence syndicale sur un territoire ou dans une entreprise y fait reculer le vote RN en même temps qu'elle renforce la solidarité de classe.

4.1.3.2. La défense, notamment dans la ruralité, de la sauvegarde et de l'amélioration des services publics est indispensable.

4.1.3.3. L'UCL doit continuer de porter l'unification syndicale comme perspective notamment antifasciste. Même si elle est inatteignable d'ici à 2027, il n'est pas trop tard pour développer des étapes intermédiaires (appuyer dans les débats et décisions toutes les possibilités de convergence, d'unité, de fédéralisation et de regroupement, soutenir les intersyndicales permanentes sectorielles, etc.).

4.1.3.4. Il faut également s'opposer résolument à la dynamique de répression des militant·es au nom de l'antiterrorisme. Bien que l'antiterrorisme ne soit pas uniquement mobilisé dans des contextes racistes (par exemple, dans le cas des Soulèvements de la Terre), il touche de manière disproportionnée les militant·es racisé·es, surtout musulman·es, de par sa fonction sociale première. La gauche politique et syndicale n'a pas su montrer un soutien unanime face à cette répression. Lutter fermement contre l'arbitraire antiterroriste est donc un impératif antiraciste.

4.1.4. Abattre l'impérialisme français

4.1.4.1. Nous pouvons agir directement sur l'impérialisme français, par exemple par l'action syndicale, par un soutien aux luttes populaires des colonies et néocolonies pour l'indépendance et contre la vie chère, par la publicisation des actions de l'armée et du patronat français dans la Françafrique, par la mobilisation antimilitariste (contre le SNU, contre l'union sacrée, contre une économie de guerre sur le dos des travailleurs·ses). La France constitue, avec les États-Unis, le seul grand pays occidental avec un si fort degré d'interaction entre influence économique et interventionnisme militaire. Depuis 1949, elle est chaque année dans la liste des dix pays qui ont fait le plus de dépenses militaires. Elle est aujourd'hui le second exportateur d'armes dans le monde. Les Relations Internationales sont mandatées pour entretenir des liens avec les mouvements et organisations populaires, notamment socialistes, dans les colonies et néocolonies françaises.

4.1.4.2. Nous gardons à l'esprit qu'au final, ce seront les prolétaires des colonies ainsi que de la métropole qui payeront l'addition, pas les capitalistes. Nous gardons aussi à l'esprit que les impérialismes dominants, les États-Unis et, dans une moindre mesure, la Russie et la Chine, ne dépendent pas de la bonne santé de l'impérialisme français et se feront un plaisir de prendre sa place (en Afrique notamment). Nos luttes anti-impérialistes visent à rapprocher l'horizon révolutionnaire, et pas seulement à échanger un impérialisme pour un autre. Mais nos argumentaires ne peuvent en aucun cas être utilisés pour minorer l'importance des revendications légitimes contre l'impérialisme français, à commencer par la fin du franc CFA, la lutte contre la dette, les accords de partenariat économique (APE), les accords de défense, la francophonie... S'opposer à toutes les opérations extérieures de l'armée française est fondamental.

4.1.4.3. La commission Relations internationales occupe une place à cheval entre commission de fonctionnement et commission d'intervention: elle entretient nos relations avec nos organisations-soeurs et doit animer les discussions, la formation interne et l'intervention de notre organisation sur des thématiques internationales, y compris en l'absence de contacts structurés sur place.

4.1.4.4. À terme, la commission Relations internationales doit se diriger vers une structuration en sous groupes thématiques concentrés sur des régions du monde, car il est impossible d'être spécialiste de toutes les thématiques internationales. L'absence de focalisation freine la participation à la commission.

4.1.4.5. Si nécessaire, le travail au sein de la commission peut être séparé en deux pôles relativement autonomes: relations internationales et animation de l'intervention de l'UCL sur des thématiques internationales, qui ne se recoupent pas toujours.

4.1.4.6. La guerre au terrorisme est le principal leitmotiv des impérialismes occidentaux, et de l'impérialisme français en particulier. Ce dernier utilise aussi régulièrement, dans sa politique intérieure comme extérieure, les arguments de la guerre à la drogue et de la guerre aux crimes. Nous réunissons ces différentes guerres impérialistes, racistes et fascisantes sous le terme de guerres aux peuples. Elles justifient les processus juridiques, matériels et idéologiques de déploiement sécuritaire, impérialiste et contre-révolutionnaire: policiarisation de l'armée sur les terrains extérieurs, militarisation de la police à l'intérieur, politiques de surveillance et de déploiement carcéral, etc. Ces processus entraînent un recul du droit et des libertés. Lutter contre l'impérialisme français, c'est lutter contre les guerres aux peuples qu'il mène, pied à pied, sur tous les terrains économiques et idéologiques.

4.1.4.7. L'UCL développera une campagne de longue haleine contre les guerres aux peuples menées par l'impérialisme français. Un groupe de travail de pilotage adossé à la commission Antiracisme et aux Relations internationales est constitué à l'issue du congrès. La commission Propagande est mandatée pour produire une affiche en accord avec ce GT de pilotage. La première tâche du GT sera d'écrire un argumentaire quatre pages.

4.1.5. Dénoncer l'alignement d'intérêts entre fascisme et grand capital ainsi que l'imposture anti-système

4.1.5.1. L'UCL portera dans les organisations de masse une mobilisation contre le grand capital qui finance l'extrême droite (Bolloré, Stérin, Musk, etc.). Pour cela, elle mettra en lumière ces réseaux patronaux, leurs liens avec l'impérialisme russe et leurs motivations: détruire les règlementations financières et commerciales internationales, nier le dérèglement climatique.

4.1.5.2. Elle soutiendra plus activement la campagne unitaire "Désarmer Bolloré", qui suscite l'enthousiasme de larges pans de la gauche politique et syndicale. Elle y défendra une analyse matérialiste dépassant la critique de l'action de Bolloré au seul niveau idéologique de la concentration médiatique.

4.1.5.3. À court terme, le vote RN peut être affaibli par un retour à l'abstention d'une partie hésitante de son électorat. Dans ce but, il est nécessaire de continuer de montrer que ce parti n'a rien d'antisystème. La condamnation pour détournement de fonds et utilisation de faux assistants parlementaires en est un récent rappel. Avec l'inéligibilité de Marine Le Pen, il faut aussi dénoncer l'hypocrisie du plan B Bardella, un professionnel de la politique, qui n'a pas connu d'autre métier, devenu millionnaire grâce au parti.

4.1.5.4. La commission Travail, la commission Antifascisme et la commission Écologie sont mandatées pour travailler de concert afin de produire un argumentaire quatre pages sur ces sujets.

4.2. Anticiper la possibilité d'une prise de pouvoir du RN

4.2.1. La commission Antifascisme est mandatée pour préparer des scénarios de prise du pouvoir du RN, en lien avec les Relations Internationales, et la commission SO est mandatée pour décliner ces scénarios en terme de sécurité collective.

4.2.2. Ces scénarios, basés sur une étude des pays sous domination de l'extrême droite, devront servir à anticiper les besoins de transformations structurelles de l'organisation, mais aussi des organisations de masses dans lesquelles nous sommes implanté·es.

4.2.3. Ils seront à articuler avec le développement d'une possible guerre Europe-Russie.

4.3. Anticiper une guerre Europe-Russie et analyser le comportement de l'extrême droite dans ce processus

4.3.1. Les Relations Internationales sont mandatées pour tisser des réseaux de solidarité de l'extrême gauche se retrouvant dans la ligne de l'anti-impérialisme des peuples, en particulier au niveau européen, dans la perspective d'une possible évolution de l'invasion de l'Ukraine en guerre Europe-Russie. Elles chercheront aussi à tisser des liens plus larges (donc au-delà de l'extrême gauche) avec les mouvements russes d'opposition à la guerre ou au fascisme. Elles feront des rapports réguliers à l'UCL sur l'état du débat sur l'union sacrée et sur l'impérialisme russe dans les autres pays d'Europe.

4.3.2. Les contradictions propres à cette guerre, par exemple le soutien à des mobilisations contre la guerre en Russie, devront être scrutées de près et expliquées à l'ensemble de l'organisation dans ces rapports. Il s'agira d'exploiter ces contradictions pour sortir de la guerre le plus vite possible.

4.3.3. Les commissions Antifascisme et Relations Internationales sont mandatées pour organiser ensemble une veille des positionnements des extrêmes droites européennes sur la guerre en Ukraine et leur inféodation ou non à l'impérialisme russe.

4.3.4. Les possibilités que cette guerre Europe-Russie dégénère en troisième guerre mondiale (avec plusieurs fronts, États-Unis/Chine, Chine/Taiwan, Europe/Russie, Israël/Iran, etc.) devront également être surveillées, tout comme la possibilité d'une multiplication des conflits par procuration et des guerres aux peuples. Les Relations Internationales sont mandatées pour produire des scénarios, notamment sur la base des analyses des organisations de notre réseau international. La commission SO est mandatée pour proposer des contre-mesures, étape par étape, pour chacun de ces scénarios. Les questions suivantes constituent une base de réflexion, non exhaustive. Jusqu'à quand l'organisation peut-elle feindre l'indifférence? À partir de quand doit-elle déployer des mesures spéciales, et de quelles mesures s'agit-il? Comment combattre les rhétoriques d'union sacrée inter-classistes? Qu'est-ce que le passage à la loi martiale ou à la conscription obligatoire impliquent pour notre organisation? À partir de quand désobéir à son employeur, étatique ou privé? Sur quelles résistances appuyer dans nos organisations syndicales?

4.3.5. En fonction des avancées de ces travaux, les prochaines coordinations fédérales travailleront à préciser notre politique anti-militariste et plus généralement notre internationalisme, afin de préparer le terrain pour une prise de position plus conséquente et cohérente au congrès suivant.

https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Battre-le-fascisme-partout

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