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(fr) Courant Alternative #356 (OCL) - Syndicat et syndicalisme
Date
Mon, 19 Jan 2026 18:32:18 +0000
Il existe au sein des courants anarchistes / communistes de conseil /
autonomes une critique radicale des organisations syndicales comme
agents d'intégration du prolétariat au capitalisme, allant jusqu'à
considérer que les militant·es syndicaux font partis de la "classe
d'encadrement du capitalisme" (voir entre autres A. Bihr "Entre
bourgeoisie et prolétariat, l'encadrement capitaliste", 1989 et Courant
Alternatif n° 354 de novembre 2025). A contrario, des organisations
révolutionnaires peuvent inciter leurs militant·es à intégrer des
syndicats pour essayer d'en modifier les orientations: Révolution
Permanente, Union Communiste Libertaire, certains groupes de la
Fédération Anarchistes, ... ---- Même si la question n'est pas nouvelle
car elle remonte aux origine du syndicalisme: quel regard l'OCL
porte-t-elle sur les syndicats et le syndicalisme?
Tout n'est pas pourri dans les syndicats
Les syndicats sont fondamentalement des organes de cogestion du
capitalisme. Les directions syndicales servent de tampon entre le
capital et le prolétariat, utilisant la colère populaire pour apparaître
comme les interlocuteurs privilégiés pour "négocier". De même, lorsque
des grèves éclatent à l'échelle locale, les directions syndicales se
positionnent le plus souvent en "interlocutrices" et décident (souvent
dans le dos des grévistes) de la fin de la grève pour des miettes.
Cependant, existe l'illusion pour toute une fraction de la gauche
radicale qu'il suffirait aux directions syndicales d'appuyer sur un
bouton pour déclencher la " grève générale".
A contrario, le syndicat est aussi un outil au quotidien contre
l'exploitation au quotidien. Ce sont les entreprises où existent des
syndicats qui subissent de façon moindre les attaques du patronat. Les
militant·es de bases de ces syndicats essaient d'oeuvrer pour le bien
collectif, ne ménagent pas leur peine et leur temps pour aider les
collègues. Les syndicats de base servent de collectif de résistance dans
une entreprise ou une administration, ils regroupent celles et ceux ne
voulant plus se faire marcher sur les pieds, ils permettent aux
travailleuses/travailleurs combatives/combatifs de ne pas être isolé·es,
d'avoir un espace collectif pour souffler et essayer d'organiser la
résistance. De plus, les syndicats protègent les personnes combatives
(mandats syndicaux), peuvent créer un pôle de contestation plus efficace
que des individualités, sont les seules dans le secteur public à pouvoir
déposer un préavis de grève, peuvent amorcer des réactions collectives
par des réunions d'information syndicales, ... A cela s'ajoute des
moyens techniques (caisse de grève; matériel comme mégaphone, tirage de
tracts, connexion avec les médias, ...).
Surtout, la réalité est très diverse selon les entreprises et militer
syndicalement peut entraîner de la répression ou de la placardisation.
Même sans être révolutionnaire, il y a souvent un vrai dévouement pour
le collectif de la part des militant·es syndicaux au détriment de leurs
intérêts matériels immédiats (carrière, primes, postes,...). Bref, il
n'y a pas que du pourri dans les syndicats.
Dérive bureaucratique même à la base
Cependant, militer syndicalement peut déformer même si on n'est qu'un·e
militant·e de base. Nous donnons en résumé quelques problèmes associés
au syndicalisme: 1/ Les décharges extraient de l'exploitation les
syndicalistes, coupant les déchargé·es syndicaux/syndicales du réel de
leurs collègues; 2/ Les protocoles de "dialogue social" (instance et
réunions avec les chef·fes) prennent beaucoup de temps et d'énergie
(dossiers à lire, donner son avis, ...) et font que certains syndicats
voient leurs militant·es "combatifs/combatives" accaparé·es par cela et
sans plus avoir les moyens de faire le travail de terrain à la base
(c'est le but de ces instances: noyer les militant·es syndicaux); 3/ En
étant élu·e, en participant à ces instances, on n'est plus un·e
salarié·e lambda. On côtoie les chef·fes. Ces dernièr·es essaient
consciemment de créer des relations de connivence (appeler par les
prénoms les élu·es, papoter avant ou après les réunions...). Le risque
est alors de devenir un petit notable, mais surtout de croire «avoir
l'oreille de la direction», croire "mieux connaître les dossiers" que
les autres salarié·es...; 4/ L'activité syndicale est essentiellement
aujourd'hui de l'accompagnement de situations individuelles,
transformant les syndicats de lutte en syndicat de service aux yeux des
collègues.
De tout cela découle que lorsque la colère collective émerge, souvent
les élu·es syndicaux/syndicales se positionneront comme dirigeant·es
"naturel·les" du mouvement social. Ils/elles peuvent esquiver les envies
de leurs collègues sous prétexte de s'appuyer sur leur connaissance des
dossiers, de connaître la direction et de pouvoir "négocier" au nom des
collègues, et donc diriger le mouvement plutôt que de le laisser
s'autogérer... et par là, devenir un·e "bureaucrate" syndical·e. Et même
si les syndicats suivent la volonté des collègues, au quotidien ils sont
enlisés dans la défense immédiate sans avoir les moyens de poser des
dépassements à la situation actuelle, ce qui les entrainent malgré eux
vers un côté co-gestionnaire. Surtout, au regard de la précarité qui se
généralise, les syndicalistes sont souvent en CDI ou fonctionnaires, et
apparaissent plus privilégié·es que bien de leurs collègues... et les
liens de fraternité/sororité ne sont pas toujours faciles à créer.
Militer syndicalement autrement?
Cependant, des syndicats essaient de contrer ces déformations:
syndicalisme basiste (sans hiérarchie au sein du syndicat), rotation des
mandats, décharges minimales, ... De telles approches militantes sont
souhaitables mais cela ne modifie pas fondamentalement la fonction
politique des syndicats. Au mieux, cela permet de préparer à la base des
ruptures avec les directions syndicales lors de mouvements qui se
radicaliseraient.
Des courants révolutionnaires essaient pourtant de développer des
courants syndicaux révolutionnaires à la CGT, FSU,... Nous sommes
critiques car cela laisserait considérer qu'il suffirait d'avoir la
bonne direction et l'appareil syndical serait en rupture avec sa
politique actuelle. Les syndicats en tant qu'institution ne sont pas que
victime de leur direction comme outil de régulation de classe. La
dynamique des syndicats est aussi la conséquence de l'action locale des
militant·es de base qui refusent de rompre avec leur direction même
s'ils/elles sont plus radicalisé·es... même parmi ces militant·es
révolutionnaires.
Car fondamentalement aujourd'hui, militer syndicalement c'est avant tout
faire un travail de défense des intérêts immédiats des collègues. Les
syndicats s'adaptent aux salariés et l'action syndicale est rarement vue
comme une perspective plus large de transformation radicale. Il y a peu
de tentatives d'injecter de la politique et d'avoir des perspectives
d'actions offensives car ceci s'avère difficile. Au sein même des
syndicats on peut entendre que telle ou telle position est "trop
politique", relayant ce que bien des collègues disent "les syndicats,
c'est trop politique"... alors que c'est par nature politique.
Concrètement, et par exemple, dans une entreprise qui réorienterait sa
production vers l'armement, il est très difficile de faire prendre une
position critique à un syndicat. Les militant·es syndicaux·ales
révolutionnaires sont dans une tension entre défendre certaines
positions politiques et les collègues qui n'adhèrent pas à ces
positions. On ne peut pas juste poser le problème sur l'aspect moral
«pas bien de fabriquer des armes» sans poser les questions fondamentales
du salariat car refuser des commandes c'est pour bien des collègues se
retrouver au chômage et sans perspective de réemploi.
Conclusion
L'OCL n'a pas de politique organisationnelle sur le fait de militer ou
pas dans un syndicat. Certes, les structures syndicales sont des rouages
du système d'exploitation. L'OCL critique les permanent·es
syndicaux/syndicales mais pas la fonction des délégué·es. Bref, c'est
une position pragmatique laissée à la libre autonomie de chaque camarade
car selon l'entreprise, selon la dynamique des sections syndicales, cela
peut servir d'y militer.
Si nous militons syndicalement, c'est pour essayer de tenir la fameuse
"double besogne" de la Chartes d'Amiens: défendre des revendications
immédiates et quotidiennes des travailleurs, et en même temps porter des
perspectives de transformation d'ensemble de la société "par
l'expropriation capitaliste". Cela veut dire essayer de politiser notre
activité syndicale et professionnelle (car on peut le faire sans être
dans un syndicat). Il n'y a pas d'incompatibilité de faire le travail
syndical de base et porter auprès de ses collègues (syndiqué·es ou non)
une orientation plus politique.
Au-delà des salarié·es permanent·es d'une entreprise, se pose la
question de l'efficacité de la forme syndicale pour les précaires. Il y
a certainement des modes organisationnels à repenser, même si cela reste
un champ très difficile à organiser dans une entreprise vue la rotation
de ces précaires. En dehors des entreprises, les collectifs de précaires
qui émergent de-ci de-là restent microscopiques car bien des précaires
ont adopté·es des solutions individuelles pour s'adapter aux nouvelles
formes d'exploitation.
Bref, fondamentalement, pour des révolutionnaires ce n'est pas simple
d'intervenir sur le travail tout en étant critique du travail.
Des membres de la CJ de Brest
https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4616
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