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(fr) CNT-F - Nous occuperons les écoles tant qu'il le faudra
Date
Tue, 14 Jan 2025 17:40:41 +0000
L'augmentation du nombre d'élèves sans logement met en lumière
l'hypocrisie du concept d'une "égalité des chances" dont l'école serait
garante: comment considérer avec sérieux cette idée (qui ne vise qu'à
mettre les élèves en compétition entre elles/eux pour accéder aux postes
de domination) lorsque l'État ne garantit même pas à chacun.e l'accès à
des conditions d'apprentissage décentes? ---- Le texte suivant, produit
par l'intercollectif grenoblois des écoles occupées, auquel la CNT
participe avec l'intersyndicale «Enfants migrant·e·s à l'école», apporte
un éclairage, à travers le cas particulier de Grenoble, sur la situation
des élèves à la rue, sur les causes de ce phénomène, et sur les moyens
d'action possibles pour lutter contre cela. ---- Cette année encore, le
nombre d'enfants à la rue ne cesse d'augmenter. En France, entre 2000 et
3000 enfants dorment à la rue chaque soir (estimation basse basée sur
les appels au 115 qui exclut les familles qui n'appellent plus faute de
proposition ainsi que les mineur·e·s isolé·e·s).
Sur l'agglomération grenobloise, nous estimons à 450 le nombre d'enfants
à la rue, en squat, bidonvilles, hébergé·e·s chez des tiers ou dans des
hébergements dont ils/elles vont être expulsé·e·s, dont 250 sur la seule
ville de Grenoble. Il s'agit le plus souvent d'enfants dont les familles
sont en demande d'asile, ou déboutées du droit d'asile, sans papiers ou
de mineur·e·s non accompagné·e·s.
Depuis la rentrée, il ne se passe pas une journée sans que des
enseignant·e·s, des parents d'élèves, le RESF, les organisations
syndicales ne soient alertées pour une nouvelle situation d'élève à la
rue dans les écoles, collèges et lycées de l'agglomération.
Depuis la rentrée, il ne se passe pas une semaine sans qu'une nouvelle
école soit occupée pour mettre à l'abri des élèves et leur famille.
L'État piétine le droit inconditionnel à l'hébergement pourtant garanti
par le Code de l'Action Sociale et des Familles, et le Conseil
départemental de l'Isère n'assure plus la protection de l'enfance.
L'augmentation du nombre de familles avec enfants à la rue s'explique
par le manque de places d'hébergements, le manque de logements sociaux,
et par la politique d'expulsion sans solution des squats, bidonvilles et
hébergements de demandeurs/euses d'asile débouté·e·s. Pour les
mineur·e·s non accompagné·e·s, leur présence massive à la rue s'explique
par les dysfonctionnements liés à l'évaluation de leur minorité
(critères non fiables, soupçon permanent, délais très longs et absence
de protection le temps de cette évaluation). À cela s'ajoutent les
effets des lois anti pauvres et racistes criminalisant et précarisant
davantage encore les sans papiers, sans-domiciles et mal-logé·e·s, les
plus récentes étant les lois Kasbarian et Darmanin.
Pour les familles ayant réussi à obtenir un hébergement, même avec un
toit sur la tête, la situation reste totalement indécente:
- hébergements ponctuels juste pour la nuit pour une partie de la
famille avec remise à la rue le matin. L'accueil de nuit n'est même plus
en capacité d'accueillir une semaine sur deux les femmes seules avec
enfants.
- hébergement pérennes mais dans des lieux isolés éloignés des moyens de
transport et des lieux de scolarisation (comme à Voreppe et Moirans).
Nous avons sans cesse dénoncé cet éloignement et les conditions de vie
parfois insalubres, avec des chambres inadaptées à la taille des
familles, une interdiction de cuisiner, un contrôle social très fort...
Nous saluons donc la décision de fermeture du centre de Voreppe au mois
de mars remplacé par un lieu à Grenoble. Nous serons attentif·ves aux
conditions de vie dans ce nouveau centre.
- hébergements pérennes en colocations non choisies qui peuvent
entraîner des tensions entre les familles.
Contrairement aux discours des chef·fe·s de l'Éducation Nationale, ces
situations d'extrême précarité concernent bel et bien l'école et
l'institution scolaire car elles constituent une entrave majeure au
droit à l'éducation: il n'est pas possible de grandir et d'apprendre
sereinement en dormant mal, en ayant peur, faim et froid. C'est
pourquoi, face à la défaillance des institutions, la solidarité des
personnels et des parents d'élèves s'organise partout en France. Des
collectifs se mobilisent autour des familles et élèves à la rue
notamment en occupant des écoles: depuis la rentrée, à Grenoble, déjà 13
écoles ont été occupées pour mettre à l'abri 18 familles dont 48
enfants. Des chiffres équivalents à ceux du mois de juin 2024 alors que
l'année ne fait que commencer. En cette fin d'année 2024, à l'entrée de
l'hiver, 10 écoles sont toujours occupées.
Mais la lutte paie puisqu'à Grenoble, grâce à l'action de
l'«Intercollectif des écoles occupées et mobilisées de l'agglomération
grenobloise», ces deux dernières années, la mairie a pris en charge
l'hébergement de la majorité des familles des écoles occupées qui ne se
sont rien vu proposer par l'État à la veille des vacances d'été.
Nous savons cependant que rien n'est pour autant réglé car le nombre de
familles et d'enfants vivant à la rue en augmentation constante exige
des solutions politiques globales. Ce n'est pas à nous, personnels de
l'Éducation Nationale et parents d'élèves, de pallier les carences des
institutions, les écoles ne doivent pas devenir des centres
d'hébergement-bis. Nous rappelons le caractère intenable des situations
qui s'éternisent pour les collectifs de parents et de personnels
solidaires qui continuent parfois à subir des pressions et menaces
scandaleuses de la hiérarchie de l'Éducation Nationale ou des services
de la mairie.
Mais il est de notre responsabilité à nous, avec le soutien des
syndicats et des associations, de continuer à rendre visible la
situation et à mettre la pression sur la préfecture, l'Éducation
Nationale, le Conseil Départemental, la Métropole, et les mairies afin
qu'elles assument leurs responsabilités.
Nous exigeons qu'aucun·e élève ne subisse la violence de la privation de
toit et de la précarité.
Nous exigeons:
- la création de places d'hébergement d'urgence, dignes et pérennes à
proximité des lieux de scolarisation des enfants
- la création et l'attribution de logements sociaux
- et pour ce faire la réquisition des logements vides.
- Nous exigeons aussi la régularisation de tou·tes les sans papiers
présent·es sur le territoire, qui vivent ici, travaillent ici, étudient ici.
Nous occuperons les écoles tant qu'il le faudra! Réquisition des
logements vides!
Un toit, une école, des papiers pour tou·te·s!
Le texte ci-dessus, s'il a été écrit et concerne spécifiquement la
situation à Grenoble, reflète également la situation d'autres lieux en
France. On peut par exemple citer le cas de Strasbourg où des écoles
sont occupées et pour lesquelles on peut suivre la lutte notamment sur
les réseaux sociaux ou les sites des syndicats CNT.
La CNT soutient toutes les luttes qui visent à trouver une solutions
pour les élèves sans logement, et font vivre la solidarité face aux
politiques répressives et à la destruction des services publics menées
par l'État.
Personnels de l'éducation et parents d'élèves qui souhaitent soutenir
les élèves sans toit et leur famille: le Réseau d'Aides aux Élèves sans
Toit met à votre disposition un Toitoriel, document qui expose les
démarches et moyens de lutte possibles pour faire face à ces situations.
https://www.cnt-f.org/spip.php?article3749
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