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(fr) CNT-AIT - De la visioconférence comme arme étatique pour contrer le mouvement lycéen … et comment la saboter ?
Date
Fri, 9 Oct 2026 09:01:34 +0300
I. Message sur X du Ministre de l’Éducation Nationale ---- Édouard
Geffray on X: « Un lycée incendié, des personnels aspergés d’essence, un
bilan de blessés qui s’alourdit : les violences commises depuis ce matin
aux abords des lycées sont d’une extrême gravité. Elles dépassent
largement la seule question de l’École. […] Ceux qui commettent ces
violences doivent être poursuivis et sanctionnés. Chacun doit mesurer la
responsabilité de ses paroles et de ses appels à la mobilisation. Notre
responsabilité est claire : protéger les élèves et les personnels, et
permettre aux enseignements de se poursuivre. J’ai donc demandé que les
cours soient assurés à distance lorsque des dégradations ou des blocus
empêchent l’accueil des élèves en toute sécurité. Ces décisions seront
prises au cas par cas par les chefs d’établissement, en lien avec les
autorités académiques. Les préfets seront préalablement informés pour
coordonner la sécurisation des abords. La violence ne privera pas nos
élèves de leur droit fondamental à l’instruction.»
Édouard Geffray@EdouardGeffray
12:31 PM Oct 1, 2026
49.9K Views
Ce bref texte n’a pas pour ambition de décortiquer le message du
ministre, mais plutôt d’en souligner le recours à la technologie du
distanciel, à la visioconférence, pour (apparemment) contrer la
mobilisation lycéenne et les blocages physiques.
II. Le distanciel : un échec pédagogique déjà constaté
Dans ce petit extrait d’un article plus fourni[1] plusieurs
interlocuteurs soulignent l’échec pédagogique des stratégies
d’enseignement reposant exclusivement sur du distanciel, préférant des
usages hybrides de ces technologies dans l’enseignement supérieur. « Les
causes de ce désamour sont multiples. D’abord, un constat d’échec
pédagogique. Le tout distanciel rime avec isolement et motivation en
berne. En premier cycle universitaire notamment, un minimum de
socialisation et d’encadrement sont cruciaux pour éviter le décrochage«
, pointe Henri Benoit, vice-président formation initiale à l’université
Grenoble-Alpes (UGA) et président de la FIED (Fédération
interuniversitaire de l’enseignement à distance). « Au niveau post-bac
et même jusqu’au master, on est obligés de faire de la discipline« ,
ajoute Lidija Nikolic, directrice d’IIM, école du digital du pôle
universitaire Léonard de Vinci. Même sur le 100% à distance, un minimum d’i
nteractions humaines directes est requis. « Nos inscrits doivent venir
sur site au moins quatre demi-journées par semaine : le must pour avoir
un rythme régulier et un suivi« , témoigne Amandine Uhmann, tutrice du
campus connecté de Millau.
Or le ministre veut transposer l’expérience limite du Covid-19 à une
situation de crise politique. Si cette expérience est un échec
pédagogique en faculté, elle le sera a fortiori en lycée où les
interactions humaines sont encore plus nécessaires (entre autres). Le
ministre fait donc fi de l’expérience croisée de la pandémie et de ses
suites pour tenter d’annihiler la Fronde lycéenne, fondamentalement
politique. Il agit ainsi au mépris des élèves et de leur revendications
légitimes, tentant de les court-circuiter (au nom de leur sécurité).
III. Le distanciel, un pis-aller pervers qui doit poser question à ses
acteurs
Technologie unique ou hybridée, le distanciel a besoin d’interlocuteurs
de l’Éducation Nationale (EN) pour l’animer, ainsi que de collaboration
technique pour la mettre en œuvre. Ceci pose la question de la casse de
la grève lycéenne par leurs propres professeurs. Est-ce possible d’un
point de vue éthique et pédagogique (sinon syndical) ?
D’un point de vue pédagogique, la réponse a déjà été donnée. D’un point
de vue éthique, on voit mal un professeur d’un lycée fermé faire cours
aux lycéens connectés qui ne sont pas dans les rues, même s’ils ne sont
pas dans les périmètres interdits où la violence extrême de la
Préfecture va s’appliquer à coup sûr. Il y a là une rupture fondamentale
de l’égalité d’accès à l’enseignement. Mais l’éthique n’est peut-être
pas le point fort de certains professeurs élitistes ou collaborateurs de
leur direction sans état d’âme, qui sait ?
IV. Une seule action possible et valable : le sabotage technique
Il est impossible à l’État d’assurer la maintenance du matériel connecté
au domicile de chaque enseignant. Aussi vaut-il mieux assurer une panne
mineure dans son propre PC (débrancher la fibre par exemple) et refuser
ainsi de collaborer à l’ukase ministérielle.
Cela peut s’apparenter également à une grève du zèle si la connexion est
artificiellement ralentie par l’ouverture de plusieurs applications
coûteuses en même temps. Le micro ou la caméra peuvent être défectueux…
De multiples failles existent (et les compagnons informaticiens sauront
les diffuser). Le tout est d’être consciencieux et de bien saturer le
téléphone de l’administration pour demander une aide technique à la
visioconférence, ou pour signaler une panne…
Il est par ailleurs assurément inutile de claironner sur les toits qu’on
fera grève de la visioconférence. Cela n’alimenterait qu’un fichage et
une répression accrue. Il importe ici plutôt d’être malin et d’entrer
dans une action de résistance anonyme à long terme : le sabotage, qui
n’est valable que tant qu’il n’est pas explicitement repéré en tant que tel.
Voilà la conclusion de cette brève. L’usage de la technique n’est jamais
neutre et même une petite avancée comme les applications de
visioconférence peuvent être détournées à des fins scélérates, comme
c’est le cas aujourd’hui. Aux acteurs d’être malins et de faire échouer
sans avoir l’air d’y toucher ce dispositif technique à l’utilisation
pervertie.
Des profs’ solidaires des lycéens
[1]
https://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/enseignement-superieur-le-presentiel-reprend-
ses-droits.html
https://cnt-ait.info/2026/10/05/visio-lyceens/
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