|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
_The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours |
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025 |
of 2026
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Alternative Libertaire #370 (UCL) - Face à l'extrême droite: Un antifascisme de masse et de classe
Date
Fri, 3 Apr 2026 16:27:45 +0100
Après la mort d'un militant fasciste à Lyon le 14 février dernier, notre
camp social a gardé la tête froide et a continué de revendiquer son
antifascisme malgré les tentatives de récupération. Mais face à
l'avancée toujours plus grande de l'extrême droite, il devient urgent de
s'interroger sur la forme que doit prendre cet engagement. ---- Le
flottement n'aura été que de courte durée après la mort de Quentin
Deranque à Lyon. Il aura suffi de quelques jours pour confirmer son
activisme parmi les franges les plus violentes et radicales de l'extrême
droite. Les enquêtes viendront même dessiner le profil d'un individu
ayant solidement conceptualisé ses idées fascistes [1], ultime démenti
du récit porté par l'extrême droite d'un «bon catholique» qui aurait
presque été là par hasard. Ce travail journalistique a rapidement coupé
court aux récupérations de l'extrême droite. Il a aussi permis de voir
que la mort du militant a fait suite à plus de deux heures à refuser de
se rendre à l'hôpital, renforcé dans cette décision par ses «camarades»,
dans une dangereuse attitude viriliste.
En parallèle, il a été rassurant de constater qu'après quelques
hésitations, l'ensemble du mouvement social et de la gauche
révolutionnaire a fait front commun et a tenu de manière presque unanime
un discours clair sur la nécessité d'un front antifasciste, évitant
l'écueil du rejet de toute violence, dans lequel toute la gauche
parlementaire est tombée. Non pas pour revendiquer la violence comme
mode d'action, mais pour affirmer la nécessité de se défendre face à
celle de l'extrême droite.
Faire front commun
Dans les semaines et les mois à venir, la question de la solidarité
antifasciste va continuer à se poser, alors que les arrestations se sont
enchaînées ces derniers jours. Quelles que soit les conclusions des
enquêtes sur le déroulé des faits, et quelles que soient les analyses
que nous en tirerons, il sera aminima nécessaire de dénoncer d'une seule
voix le traitement médiatique et politique de ces inculpé·es. Traité·es
comme des coupables par une grande partie des médias et des partis
politiques, ils et elles n'auront par profité de la sacro-sainte
présomption d'innocence pourtant si souvent brandie dans d'autres
circonstances. L'identité de certain·es inculpé·es a même été révélée
publiquement par le torchon fasciste Frontières, probablement renseigné
par une police dont on connaît la couleur politique.
Tenir la rue?
Mais au-delà de cette affaire, après les appels unitaires à
l'antifascisme vient alors une question: de quel antifascisme
parle-t-on? Ou en d'autres termes: quelle stratégie pour barrer
réellement et efficacement la route à l'extrême droite?
Cette résurgence des discours antifascistes a eu l'effet prévisible de
réanimer ici et là des groupes de l'Action antifasciste (AFA).
Pré-existant à la Jeune Garde -dont la dissolution semble plus que
jamais actée- ces groupes partagent avec elle l'idée d'organisations
spécifiquement antifascistes, accompagnée généralement de pratiques
similaires: un travail de veille pour identifier les militantes et
militants d'extrême droite locaux, et des pratiques sportives plus ou
moins martiales, dans l'objectif affiché de «tenir la rue» et d'assurer
des pratiques d'autodéfense populaire.
Une des tâches historiques les plus utiles de ces mouvements a souvent
été la veille et la publication d'informations et de cartographies de
l'extrême droite, comme le fait depuis longtemps le collectif La Horde.
Ces dernières années, ce travail a été largement rejoint par la presse:
Streetpress, Mediapart, Libération, et plus récemment Blast ou
l'Humanité, consacrent tous une part importante de leurs moyens aux
enquêtes sur l'extrême droite, avec l'avantage de pouvoir profiter d'une
logistique et d'une protection personnelle et juridique bien supérieure
à celle permise par un groupuscule politique. On peut se féliciter de ce
sursaut et de ce travail, qui ne remplace néanmoins pas totalement le
travail de terrain des organisations militantes, qui lui sert souvent de
source.
Au fil des années, ces groupes antifascistes ont pour la plupart fait le
constat que les actions de veille et d'autodéfense n'étaient pas
suffisantes, et ont cherché à être moteurs dans des cadres unitaires
auprès d'autres organisations, ou à porter des propositions politiques
alternatives, parfois révolutionnaires, parfois en cherchant à s'allier
à la gauche réformiste, comme l'a fait la Jeune Garde en faisant élire
Raphaël Arnault avec le soutien de LFI [2]. Mais si de nombreux groupes
aux effectifs souvent conséquents ont éclos ces dix dernières années
-l'AFA Paris-Banlieue en 2012, la Jeune Garde en 2018 à Lyon, puis dans
plusieurs autres villes ...- on ne peut que faire le constat que leur
seule action ne pourra pas suffire à endiguer la montée de l'extrême droite.
Chez les communistes libertaires, il est d'usage de dire qu'on milite
pour un antifascisme de masse. L'interprétation de cette ligne inclus
souvent un certain regard critique sur les organisations antifascistes
spécifiques, leurs pratiques volontiers musclées se prêtant mal à la
massification. Elles portent aussi le risque de se voir déléguer un
travail antifasciste qui devrait concerner tout le mouvement social. Il
nous semble aussi que pour combattre le fascisme sur le long terme, il
est indispensable d'y opposer un projet de société conséquent,
nécessairement révolutionnaire, anticapitaliste et émancipateur.
Ne pas déléguer l'antifascisme
Mais surtout, il faut porter partout ce projet antifasciste! Si l'on ne
veut pas que siammo tutti antifascisti ne reste qu'un slogan, nous
devons lui donner corps partout où nous vivons, où nous travaillons, où
nous militons. Si l'on refuse que l'antifascisme soit le sujet de
quelques organisations spécifiques, c'est pour mieux le porter à tous
les endroits de nos vies. Car, en retour, le fascisme aussi tente de
s'immiscer partout, prêt à toutes les récupérations. On le voit dans les
tentatives d'entrisme syndical, comme en juillet dernier à Mertzwiller
près de Strasbourg, où un député RN a pu prendre la parole lors d'un
rassemblement contre la fermeture d'une usine, ou dans les tentatives de
récupération des luttes féministes par des collectifs d'extrême droite
comme Némésis.
Au sein des syndicats, l'association Visa [3] a connu ces derniers mois
plusieurs développements documentés par Alternative libertaire [4], et
constitue un véritable exemple d'antifascisme de terrain intégré à un
front de lutte, en l'occurrence le syndicalisme. Au sein des luttes
féministes et LGBTI, le travail de veille fait souvent partie intégrante
de l'action des militantes et militants, alors que le fémonationalisme
et l'homonationalisme [5] sont largement investis par l'extrême droite.
Alors que nous entrons dans une année de campagne présidentielle qui va
hélas servir de mégaphone à la propagande d'extrême droite, nous allons
devoir serrer les rangs et incarner partout un antifascisme populaire et
combatif. Pour opposer aux idées mortifères de l'extrême droite un front
uni pour l'émancipation et la solidarité, soyons toutes et tous
antifascistes!
N. Bartosek (UCL Alsace)
Notes:
[1] Alexandre Berteau et Marie Turcan, « Quentin Deranque, catholique
traditionaliste à la ville et néonazi en ligne », Mediapart, 12mars 2026.
[2] À ce sujet, l'article « L'antifascisme, l'État, la rupture
révolutionnaire et nous » détaille, dans ce numéro, un point de vue
révolutionnaire communiste libertaire.
[3] Vigilance et initiatives syndicales antifascistes.
[4] « Les collectifs syndicaux antifascistes s'enracinent », Alternative
libertaire n°362, été 2025.
[5] Le fémonationalisme et l'homonationalisme sont des concepts
désignant l'instrumentalisation des luttes féministes et LGBTI par
l'extrême droite, les conservateurs ou l'État.
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Face-a-l-extreme-droite-Un-antifascisme-de-masse-et-de-classe
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center