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(fr) Die Platform [DEU] - En avant pour la Journée internationale de lutte féministe! -- 99 féminicides en 2025! (de) [Traduction automatique]
Date
Thu, 2 Apr 2026 17:25:36 +0100
Le 8 mars n'est pas un jour férié. C'est une journée où nous rendons
collectivement visible ce qui est autrement normalisé, relativisé ou
individualisé. Dans le monde, une femme sur trois et une fille sur trois
subissent des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. Les
personnes queer, trans, agenres et non binaires sont particulièrement
touchées. En Allemagne, en 2025, une femme était tuée par son
(ex-)partenaire presque tous les trois jours. ---- Les violences faites
aux femmes et aux personnes TINA (No Alternative To Women) sont ancrées
dans les conditions matérielles. Elles naissent là où se créent des
dépendances: le logement transformé en marchandise, le travail salarié
sous-payé ou le travail de soins invisible et non rémunéré. Nombre de
femmes et de personnes TINA restent dans des relations abusives car
elles n'ont pas les moyens de les quitter. Le système capitaliste a
besoin de la famille nucléaire hétéronormative comme lieu de travail
reproductif non rémunéré et pour stabiliser la propriété privée. Il a
besoin de corps sexualisés, de disponibilité émotionnelle comme
ressource et de compétition plutôt que de solidarité. L'État capitaliste
crée les conditions matérielles et idéologiques qui rendent possible la
violence patriarcale, voire le féminicide.
Dans le néolibéralisme, les entreprises se parent de slogans féministes
tout en exploitant les travailleurs. Le féminisme «girlboss» célèbre les
femmes occupant des postes de direction, tandis que les femmes BIPOC et
les personnes TINA (No Alternative) continuent d'occuper les emplois les
plus précaires et les moins bien rémunérés.
La représentation est célébrée comme si le genre du patron avait la
moindre importance. Au lieu de s'attaquer aux causes profondes de la
violence et de la domination, les féministes libérales réclament des
sanctions plus sévères et un renforcement des forces de l'ordre, faisant
appel à un État prétendument défaillant et ne souhaitant que des
réformes de ses institutions et structures racistes et patriarcales.
La lutte féministe ne doit pas se limiter à une politique symbolique,
mais exiger un changement concret et tangible. Cela implique, entre
autres: la socialisation du logement, la collectivisation des tâches de
soins, la réduction du temps de travail avec maintien intégral du
salaire, la mise en place de structures de protection autogérées plutôt
que de la police, le développement de réseaux de solidarité plutôt que
l'isolement, et l'instauration d'une démocratie directe sur les lieux de
travail et dans les quartiers plutôt que d'une politique représentative.
La révolution féministe est un processus de longue haleine visant à
construire le pouvoir par la base, notamment par des grèves féministes
qui paralysent systématiquement la production et la reproduction.
Nous devons organiser des luttes pour le logement et des occupations
illégales afin de soustraire véritablement le logement à la
marchandisation. L'auto-organisation dans les secteurs des soins, de
l'éducation et du commerce est nécessaire car l'exploitation patriarcale
y est particulièrement visible. Nous avons besoin d'espaces surs et
autonomes et d'une lutte collective contre les violences patriarcales.
Une éducation politique organisée qui analyse et nomme systématiquement
les violences est essentielle. Nous avons besoin d'une pratique qui
incarne véritablement la solidarité féministe.
En temps de guerre, les violences patriarcales n'apparaissent pas comme
un effet secondaire, mais comme une composante intégrante de la logique
de la guerre. Environ 676 millions de femmes et de filles vivent
actuellement dans des zones de combat, un chiffre historique. Les
violences systématiques et sexistes ne sont pas accidentelles, mais
constituent une stratégie: les violences sexuelles sont délibérément
utilisées pour humilier, détruire et contrôler les communautés. Les
violences contre les personnes trans, non binaires ou de genre générique
sont beaucoup moins documentées, mais leur brutalité est tout aussi
probable.
(Avertissement: mention de violences sexuelles)
Au Soudan, des camarades témoignent de viols collectifs, de viols en
réunion et d'esclavage sexuel perpétrés par des milices dans le cadre de
violences ethno-politiques, tandis que les structures de protection et
de soutien s'effondrent.
Des violences sexistes sont également documentées en Ukraine, en
Palestine, au Rojava et en Iran. La logique est similaire: des groupes
armés instrumentalisent les notions nationalistes de masculinité pour
briser les communautés, dégrader symboliquement les corps «ennemis» et
imposer une domination patriarcale, en particulier là où l'ordre
étatique est fragile.
La guerre est ainsi l'expression de luttes de pouvoir impérialistes dans
lesquelles les hommes cisgenres sont privilégiés en tant que combattants
et protecteurs, tandis que les femmes et les personnes sans alternative
sont systématiquement rendues vulnérables. Patriarcat et militarisme se
renforcent mutuellement: lorsque l'ordre social s'effondre, la
domination masculine est souvent imposée avec une extrême brutalité pour
reprendre le contrôle des territoires, des ressources et des corps.
Cette violence est structurée de manière à la fois raciste et
coloniale. Les vies jugées dignes de protection sont déterminées par
les rapports de pouvoir mondiaux: la violence dans les régions
coloniales est normalisée, voire déshumanisée, tandis qu'en Europe, elle
est scandalisée. L'impérialisme continue d'opérer par la militarisation,
la production d'images de l'ennemi et la dévalorisation de certains
corps. La lutte féministe doit donc considérer le patriarcat, le
militarisme, le racisme et le colonialisme conjointement.
En tant qu'anarchistes, nous ne nous contenterons donc pas de condamner
les symptômes ni de réclamer une paix abstraite. Nous voulons attaquer
la logique même de la guerre et appréhender la violence patriarcale
comme un élément structurel et systémique, afin de créer les conditions
nécessaires à la reproduction de la guerre, du patriarcat et du capitalisme!
Le 8 mars, nous pleurons toutes les personnes assassinées dans le cadre
de la lutte féministe. Nous croyons les survivants et survivantes et
dénonçons les auteurs de ces violences ainsi que les structures qui les
protègent. Nous luttons pour toutes les personnes dont la vie est
constamment menacée: pour les personnes queer agressées, pour les femmes
BIPOC et les personnes TINA sans papiers, pour toutes les personnes dont
le corps est instrumentalisé par la violence patriarcale. Cette journée
n'est ni un événement marketing ni un appel aux puissants. C'est une
journée de lutte. La libération ne nous sera pas accordée; nous devons
la conquérir collectivement. Il n'y a pas d'égalité dans l'exploitation.
Pour un monde sans domination, sans capitalisme et sans idéologie
patriarcale. Pour une vie digne. Pour la révolution anarcha-féministe!
https://www.dieplattform.org/2026/03/08/erklaerung-zum-8-maerz-2026/#more-3543
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