|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
_The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours |
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025 |
of 2026
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Alternative Libertaire #369 (UCL) - La Russie et l'extrême droite européenne: une cause commune
Date
Tue, 24 Mar 2026 17:38:01 +0000
Depuis 2022, plusieurs pays d'Europe de l'Est voient l'essor de forces
politiques nationalistes, conservatrices et eurosceptiques. Elles ont
aussi en commun de prôner la fin du soutien à l'Ukraine et une politique
de compromis vis-à-vis du pouvoir russe. Cet essor s'appuie sur la
paupérisation des populations d'Europe de l'Est et une nostalgie de
puissance, qui sont instrumentalisées par le pouvoir russe pour
reconstruire ou renforcer sa domination sur ce qu'il considère comme son
«pré carré» en Europe de l'Est. ---- Robert Fico en Slovaquie avec le
Parti national slovaque, Andrej Babis avec le parti ANO en République
Tchèque viennent de rejoindre le grand réseau des dirigeants européens
amis du dictateur russe, déjà composé entre autre par la Hongrie de
Viktor Orbán, le Rassemblement national (RN) en France, le FPÖ en
Autriche ou encore l'AFD en Allemagne.
ll faut dire que le système politique construit par Poutine depuis 23ans
a de quoi séduire l'arc conservateur: un pouvoir autoritaire et
policier, une mise sous coupe réglée de l'économie et des syndicats, un
ordre moral religieux et résolument anti-progressiste. Mélangeant
traditionalisme religieux, refus des valeurs «libérales», et volonté de
rétablir ou de maintenir sa domination sur son pré-carré de l'ère
soviétique, le pouvoir russe a travaillé pendant des années à assimiler
sur son territoire les forces politiques d'extrême droite les plus
radicales pour éviter toute opposition sur sa droite [1]. Poutine, et le
clan au pouvoir qu'il incarne, a pu aussi puiser dans la doctrine
néo-eurasiste notamment porté par Alexandre Douguine, penseur majeur de
l'ultra-nationalisme russe contemporain [2]. Il a donc travaillé
pendant plus d'une décennie à accueillir, favoriser et construire des
alliances politiques avec les acteurs politiques de l'extrême droite est
et ouest européenne. [3]
Cloner la Hongrie de Orbán
Véritable cheval de Troie de l'influence russe au coeur de l'Europe,
Viktor Orbán est au pouvoir en Hongrie depuis 2010. Il a méthodiquement
détruit les institutions démocratiques du pays, muselé l'opposition,
pris le contrôle des médias directement ou en s'appuyant sur les groupes
fascistes. Il prône un conservatisme social radical, homophobe et
xénophobe [4]. C'est un allié inconditionnel de Vladimir Poutine, à qui
son pays continue à acheter des hydrocarbures et refuse d'appliquer les
sanctions européennes.
Le gouvernement de Poutine cherche à reproduire ce modèle par tous les
moyens, comme ce qui a pu être dévoilé lors de l'élection roumaine de
2024, où les services de renseignement ont révélé des ingérences
multiples (manipulations des opinions via les réseaux, piratages
informatiques, voir un possible financement secret) pour favoriser Colin
Georgescu, candidat d'extrême droite au positionnement pro-russe. La
révélation de ces ingérences à amener l'État roumain à suspendre les
élections.
Un autre candidat d'extrême droite, George Simion, à la tête du parti
Alliance pour l'unité des Roumains (AUR) arrive au second tour des
présidentielles, et y obtient plus de 46% des voix. Bien que plus
mesuré, il défend une politique de neutralité vis-à-vis du pouvoir
russe. En Bulgarie, c'est le parti Vazrajdane («Renaissance») qui défend
la ligne. Ce parti a d'ailleurs joué un rôle central dans les
mobilisations populaires contre l'introduction de l'euro en mai 2025
dernier, et qui ont mené à la chute du gouvernement. Ces manifestations
ont notamment été accompagnées par un flot de «fake news» abreuvant une
population précarisée contre le soutien à l'Ukraine et l'Europe [5].
Et quand ce n'est pas au travers des élections, les tentatives de
déstabilisations peuvent être plus profondes, comme en Moldavie, pays
déjà divisé par une région sécessionniste financé par la Russie, la
Transnistrie, et où en 2023, des soupçons de préparation d'un coup
d'État ont été révélés par la présidente en place. La aussi , un parti
pro-russe, le parti Sor, devait jouer un rôle central [6].
Ces différentes tentatives font partie d'un plan global du pouvoir russe
dont les objectifs sont à la fois de paralyser les institutions
européennes en favorisant une opposition de dirigeants à la ligne
illibérale et opposé à toute délibération collective, de s'assurer du
maintien des exportations pour ses hydrocarbures, et par la même
occasion de pouvoir profiter des divisions pour étendre son influence et
assurer sa domination impériale.
L'alliance internationale réactionnaire
S'ils sont plus ou moins discret sur leur soutien à ce projet, les
nationalistes ouest-européens adhèrent à la vision prônée par Poutine.
Ils souhaitent mettre à bas les institutions «progressistes» européennes
et instaurer un ordre anti-démocratique et débarrassé de tout germe de
résistance populaire. En cela, ils sont de plus en plus ouvertement
soutenus par les capitalistes ouest-européens, tout comme Poutine et
Orbán ont derrière eux des franges importantes de leurs bourgeoisies
nationales fortement associées à l'exercice du pouvoir, tel que
Konstantin Malofeïev en Russie. Que ce soit le RN en France ou l'AFD en
Allemagne, tous ont profité du soutien russe ces dernières années, et
savent qu'ils devront renvoyer l'ascenseur s'ils prennent le pouvoir [7].
Il est certain que le pouvoir russe souhaite l'émergence d'un ensemble
illibéral le plus vaste possible en Europe, constitué d'autant d'États
vassalisables. On aurait cependant tort de réduire la vague
réactionnaire à une simple opération de guerre hybride menée par
Poutine. Il existe aussi en Europe une extrême droite pro-occidentale,
atlantiste et même russophobe, notamment en Pologne ou encore en Italie
sous la férule de Meloni. Mais derrière les lignes de fractures dont le
conflit en Ukraine est l'épicentre, l'ensemble de ces forces s'entendent
sur l'essentiel: le maintien de la domination capitaliste et la haine de
toute velléité égalitaire.
La mainmise du mouvement trumpiste sur les États-Unis donne une
nouvelle coloration à cette entente: lui aussi souhaite le démantèlement
de l'UE au profit de l'impérialisme nord-américain. Et il n'hésite pas à
favoriser Poutine et ses alliés pour y arriver: il a notamment autorisé
la Hongrie à déroger aux sanctions occidentales sur le pétrole russe,
principal moyen de financement de la guerre en Ukraine.
Il faut aussi se rappeler avec force que ce qui fournit une base
sociale à l'ensemble de ces empires réactionnaires, c'est bien la
désespérance dans laquelle ont été plongés des pans entiers du
prolétariat des pays d'Europe de l'Est par les féroces politiques de
libéralisation et l'appauvrissement mené par les «libéraux» occidentaux
dans ces pays. Aujourd'hui, la tâche des mouvements révolutionnaires et
socialistes n'est donc pas de servir de bouée de sauvetage à un modèle
libéral occidental lui-même gagné par la militarisation et
l'autoritarisme mais de faire preuve d'un véritable internationalisme
des peuples face aux impérialismes, concurrents pour dominer, mais unis
pour nous écraser.
Groupe de travail Europe de l'Est de l'UCL
Notes:
[1] Voir « Russie: Dénazification bien ordonnée commence par Poutine »,
Alternative libertaire no329 , juillet-aout 2022.
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Russie-Denazification-bien-ordonnee-commence-par-Poutine
[2] Sur le parcours d'Alexandre Douguine: « Du national-bolchévisme à
l'eurasisme, qui est vraiment Alexandre Douguine ? », The Conversation,
1er septembre 2022.
https://theconversation.com/du-national-bolchevisme-a-leurasisme-qui-est-vraiment-alexandre-douguine-189515
[3] « Les aventures européennes de l'extrême droite(2) », La Horde, 9
juillet 2015.
https://lahorde.info/les-aventures-europeennes-de-lextreme-droite-2
[4] « Hongrie: Construction d'un État fasciste », Alternative libertaire
no254 , octobre 2015.
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Hongrie-Construction-d-un-Etat-fasciste
[5] « En Bulgarie, fronde contre une entrée imminente dans la zone euro
», France 24, 31 mai 2025.
https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20250531-en-bulgarie-fronde-contre-une-entr%C3%A9e-imminente-dans-la-zone-eur
[6] Voir la page Wikipédia du parti Sor.
https://en.wikipedia.org/wiki/%C8%98or_Party
[7] « Montée des extrêmes droites en Europe: la Russie espère une "lente
victoire" », France 24, 14 juin 2024.
https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/vu-de-russie/20240614-mont%C3%A9e-des-extr%C3%AAmes-droite
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?La-Russie-et-l-extreme-droite-europeenne-une-cause-commune
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center