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(fr) Union Communiste Libertaire (UCL) - Motion 4: Coordination dans la construction des contre-pouvoirs

Date Thu, 22 Jan 2026 19:54:50 +0000


En regardant dans le passé, l'UCL souhaite renforcer une unité stratégique, ni dirigiste ni spontanéiste, basée sur les contre-pouvoirs et la grève générale expropriatrice, en travaillant collectivement sur les tactiques d'animation autogestionnaires des luttes, en homogénéisant stratégiquement la fédération de l'intérieur, et en orientant la sociologie de l'UCL au profit de cette stratégie. ---- Motion adoptée à 81,37% des mandats exprimés (4,90% de votes contre et 13,73% d'abstentions)

Motion

0.1. Un contre-pouvoir est un pouvoir, une puissance sociale, exercé contre le pouvoir établi de l'État et du capital dans le cadre des luttes de masse. Par luttes de masse, il est entendu les luttes à caractère de classe portées par les masses populaires en défense de leurs intérêts. Par masses populaires, il est entendu le prolétariat et les fractions de classes intermédiaires, encadrement, petites bourgeoisies, etc., qui choisissent à l'instant considéré de s'identifier au prolétariat et de se rallier à ce dernier. Ainsi, un contre-pouvoir renforce la conscience de classe et, en s'opposant au capital, impacte les rapports de production de la société. Un contre-pouvoir se mesure à la force et à la vitesse de son action contre le pouvoir. Un contre-pouvoir se mesure donc après l'action, ou au mieux pendant celle-ci.

0.2. Le renforcement de la conscience de classe et l'impact sur les rapports de production rapprochent l'horizon révolutionnaire. Ce potentiel révolutionnaire se réalise si les contre-pouvoirs se maintiennent et se fédèrent à l'occasion d'une situation de crise qu'ils peuvent avoir participé à déclencher. La fédération des contre-pouvoirs forme le double pouvoir pré-révolutionnaire. Ce dernier est caractérisé par un affrontement ouvert avec l'État et le capital. Si cet affrontement est remporté par notre camp social, il y a alors rupture révolutionnaire.

0.3. En période non révolutionnaire, par exemple pendant que ces lignes sont écrites, l'État et le capital cherchent à neutraliser et à dissoudre les luttes et les organisations des masses populaires, par l'intégration, l'institutionnalisation et la répression. Quand leurs manoeuvres réussissent, les contre-pouvoirs ne sont qu'éphémères. L'émergence de la fédération des contre-pouvoirs ne sera donc pas spontanée. Il est nécessaire qu'une action déterminée, organisée et coordonnée soit opposée à celle de l'État et du capital. C'est la première raison pour laquelle la coordination s'impose.

0.4. L'idée que la révolution est le produit d'un contre-pouvoir exercé par les masses directement contre le capital et l'État, sans substitution, n'est pas propre au courant communiste libertaire. D'autres courants emploient des concepts similaires, que le nom retenu pour en parler soit «contre-pouvoir» ou non. Le courant communiste libertaire puise dans ces concepts, en reprend certains éléments, et souhaite s'inscrire dans un dialogue plutôt qu'un rejet dogmatique.

0.5. Notre objectif stratégique est l'exercice du contre-pouvoir par des assemblées générales populaires qui s'opposent au capitalisme, au racisme et au patriarcat, et qui fonctionnent suivant un modèle fédéraliste autogestionnaire. Nous pensons, non pas que la fin justifie les moyens, mais que les moyens doivent être mis en adéquation avec les fins. Nous estimons que les moyens susceptibles en période non révolutionnaire de préfigurer de futures assemblées générales populaires sont par exemple les syndicats, associations et collectifs de lutte. En effet, les masses y prennent conscience de leur puissance et se servent de ces outils pour construire des rapports de forces structurés et organisés durablement, hors du champ des élections bourgeoises.

0.6. Pour construire des contre-pouvoirs à partir de cette base, notre courant théorise un concept d'intervention sur le terrain des luttes, l'animation autogestionnaire des luttes. Cette conception de la pratique sociale se tient à distance à la fois du dirigisme et du spontanéisme. Par dirigisme, il est entendu la conviction fossilisante qu'il incombe aux militant·es révolutionnaires de prendre la direction les masses, quitte à empêcher l'auto-organisation. Par spontanéisme, il est entendu la croyance naïve en une capacité des masses à mener la révolution sociale sans aucune intervention d'une minorité consciente. Ces deux écueils peuvent provenir de nous-mêmes, de nos propres contradictions, hésitations et tensions. Ils peuvent aussi provenir d'autres courants politiques organisés assumant parfois tout à fait ouvertement d'être dirigistes ou spontanéistes. Quelle que soit la provenance, la mise à distance vis-à-vis de ces écueils exige un travail constamment renouvelé. C'est la deuxième raison pour laquelle la coordination s'impose.

0.7. Au sein des organisations et des luttes de masse, nous avons des adversaires, des militant·es qui ne partagent pas nos valeurs ou nos objectifs tactiques. Ces adversaires ne sont pas nécessairement plus spontanéistes ou dirigistes que nous mais, bien souvent, se regroupent et se coordonnent. Cela nous impose de riposter collectivement pour défendre et poursuivre notre construction des contre-pouvoirs. C'est la troisième raison pour laquelle la coordination s'impose.

0.8. L'UCL a donc vocation à former et à coordonner des animateur·rices autogestionnaires des luttes, en mettant les moyens en adéquation avec les fins et donc en évitant toute forme de fraction secrète. C'est un de ses principaux rôles en période non révolutionnaire, et c'est l'objet de cette motion.

0.9. La motion commence par tirer un bilan de cette coordination depuis la création de l'organisation; elle planifie ensuite une stratégie d'amélioration de cette coordination; et enfin elle propose des étapes tactiques concrètes pour la mise en application de cette stratégie. Par stratégie, il est entendu le plan de long terme et à grande échelle permettant d'atteindre les objectifs. Par tactique, il est entendu la manoeuvre élémentaire, de court terme et à petite échelle, mettant en oeuvre concrètement la stratégie.

0.10. Le terme contre-pouvoir a aussi été employé jusque-là par l'UCL dans un deuxième sens, directement synonyme de syndicats, associations et collectifs de lutte. On parle alors de s'implanter dans un contre pouvoir et non pas de le construire; on parle alors d'être un contre-pouvoir et non pas de l'exercer. Cette notion est en vérité plus proche de celle de fronts de lutte ou d'organisations de lutte. Avant la création de l'UCL en 2019, le courant communiste libertaire en France était divisé entre Alternative libertaire (AL) et la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA). AL parlait à la fois de contre-pouvoirs, de fronts de lutte et d'organisations de lutte. La tendance à employer le terme contre-pouvoir indifféremment pour toutes ces notions peut être repérée dès les dernières années d'AL. La CGA ne parlait pas de contre-pouvoirs et s'intéressait par contre à la théorie spécifiste d'Amérique latine sur les fronts de lutte. La fusion entre AL et la CGA a retenu le terme de contre-pouvoir.

0.11. Dans les années qui ont suivi cette fusion, l'UCL a connu un fort turnover militant. À cause de ce turnover, le glissement sémantique s'est généralisé et a rapproché notre conception du contre-pouvoir de la conception promue par le libéralisme politique. Ce dernier présente en effet la presse libre, les syndicats libres, les associations libres, les partis d'opposition pouvant se présenter aux élections libres, etc., comme des contre-pouvoirs. Mais le libéralisme ne tolère aucun impact de ces contre-pouvoirs sur les rapports de production capitalistes. Il importe de revenir au sens premier de la notion de contre-pouvoir pour lui redonner toute sa force et sa portée révolutionnaire. Les syndicats, associations et collectifs de lutte ne sont pas des contre-pouvoirs. Mais, par notre action coordonnée, nous pouvons parvenir à ce qu'ils exercent un jour un contre-pouvoir populaire.

1. Bilan

1.1. L'UCL de 2019 à 2025

1.1.1. Dès sa création en 2019, et dans la continuité de ses organisations mères AL et CGA, l'UCL a adopté un discours volontariste sur l'implantation de ses militant·es dans les organisations de lutte de masse. Cette politique d'implantation sociale est parfois appelée «marcher sur deux jambes». Les deux jambes, l'organisation spécifique communiste libertaire et les organisations de lutte de masse, sont ainsi comprises comme fonctionnant en parallèle, en harmonie, à égalité, sans relation de subordination.

1.1.2. Cette absence de subordination signifie que nous n'envisageons pas l'implantation dans les luttes de masse comme un mandat donné par l'UCL. Nous nous opposons au principe de la courroie de transmission. Dans le mandat impératif que nous pratiquons au sein de l'UCL et que nous souhaitons généraliser à toute la société autogérée, il est indispensable de bien identifier la structure donneuse de mandat. Quand nous assumons par exemple un mandat syndical, il s'agit bien d'un mandat donné par l'organisation syndicale, selon les modalités décidées par celle-ci, en toute indépendance. Mais si l'implantation sociale n'est pas un mandat donné par l'UCL, alors quel est le rôle de l'UCL dans cette implantation? Une fois que les camarades sont en position d'animation autogestionnaire des luttes, quels droits et devoirs cela implique-t-il vis-à-vis de l'UCL? L'UCL n'a jusque-là pas eu de réponse collective à apporter à ces questions.

1.1.3. Parallèlement à la difficulté à répondre à ces questions, il a toujours été entendu que la coordination au sein de l'UCL n'excluait pas d'autres formes de coordination, que ce soit dans des cadres informels ou au sein de tendances ou réseaux formalisés. Ces autres formes de coordination peuvent être éphémères ou pérennes et peuvent par exemple impliquer d'ancien·nes ou de futur·es membres de l'UCL, des militant·es sans parti ou avec, des révolutionnaires, des réformistes, etc. La compatibilité de ces coordinations avec l'UCL se juge à l'aune des valeurs et des objectifs. Ces autres formes de coordination ont sans doute été à double tranchant: elles nous ont certes permis de trouver des allié·es, mais elles nous ont aussi parfois rendu aveugles à la nécessité de renforcer la coordination au sein de l'UCL.

1.1.4. Au niveau local, les pratiques sont hétérogènes. La base commune implicitement admise par tous les groupes locaux est qu'un·e militant·e qui demande des informations ou des conseils sur son militantisme de masse doit les recevoir si possible. Au-delà de cette base d'entraide sur demande, quelques groupes locaux ont récemment mis en place des pratiques formalisées de rédaction et de diffusion de comptes rendus internes sur le militantisme de masse de leurs membres. Ces pratiques sont encore embryonnaires et marginales dans l'organisation.

1.1.5. Au niveau fédéral, le bilan est très maigre. Les commissions d'intervention sont en berne, tout comme les groupes de travail Solidaires et CGT. Le groupe de travail Planning familial s'est récemment lancé et son existence est peu connue. Ces instances fédérales permettent ponctuellement des échanges d'informations ou de conseils, mais guère plus. Les commissions d'intervention sont concentrées sur l'intervention de l'UCL dans le débat public, plutôt que sur la coordination de l'intervention des militant·es de l'UCL dans les fronts de lutte. Le recensement fédéral des implantations locales dans les organisations de masse n'a pas été terminé et s'est soldé par un échec, faute de conviction collective quant à son intérêt. Les priorités stratégiques mises en avant par les premiers congrès de l'UCL, comme par exemple l'unification syndicale, la contre-offensive trans ou l'implantation dans les quartiers populaires, n'ont que trop peu été déclinées collectivement dans notre militantisme de masse. Aucun bilan n'en a été tiré jusque-là.

1.1.6. L'enquête sociologique de 2025 indique qu'environ 75% d'entre nous sont syndiqué·es. L'enquête de 2020 indiquait, elle, un taux de syndiqué·es de près de 60%. La hausse est notable et positive mais elle est à mettre en regard de la baisse globale de nos effectifs. La hausse s'explique peut-être par des départs de militant·es non syndiqué·es.

1.1.7. Nous faisons parfois preuve d'une réticence à recruter pour l'UCL dans notre entourage professionnel ou dans les organisations de masse. Cette réticence peut avoir différentes explications, par exemple: appréhension vis-à-vis de l'indépendance des mouvements sociaux; isolement; surexposition de l'UCL. Quoi qu'il en soit, le recrutement et la formation d'animateur·rices autogestionnaires des luttes pâtissent d'un état de fait de recrutement passif, où nous laissons les personnes venir à nous.

1.1.8. En 2025, nous sommes essentiellement implanté·es dans les secteurs de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche, de la santé et du social, et de l'informatique, sur des postes à niveau de diplôme élevé (près de 50% de bac +5 ou plus). Il s'agit là d'un biais sociologique connu dans l'extrême gauche, mais qui n'est pas pour autant indépassable. Certains partis sont mieux implantés chez les ouvrier·ères ou les employé·es que l'UCL et parviennent à attirer plus de travailleur·ses peu ou pas diplômé·es. Nos implantations féministes, LGBTI, antiracistes ou sur d'autres fronts de lutte sont elles aussi limitées. En dehors de quelques métiers dans quelques secteurs professionnels, nos militant·es sont donc souvent isolé·es. Cet isolement tend à s'auto-entretenir et constitue évidemment un obstacle à la coordination collective.

1.1.9. Pour expliquer le faible degré de coordination de nos militant·es là où notre nombre n'est pas un obs tacle, nous avançons l'hypothèse supplémentaire suivante. Il y a dans le concept d'animation autogestionnaire des luttes une profonde contradiction dialectique, une articulation difficile entre dirigisme et spontanéisme. Cette contradiction nous place collectivement en porte-à-faux. Trouver un équilibre est difficile dans la pratique comme dans le discours et le fait même d'en parler entre nous est compliqué.

1.2. Regarder dans le passé pour comprendre le présent

1.2.1. On peut essayer d'expliquer ce bilan en remontant plus loin dans le passé. L'UCL est, par la branche AL, issue du courant anarchiste plateformiste. Dans la Plateforme organisationnelle générale des anarchistes de 1926, les auteurs, un groupe d'anarchistes russes ou ukrainiens en exil en France, théorisaient l'unité tactique. Ils entendaient par là une «concordance rigoureuse» entre les «méthodes tactiques employées par les membres séparés». Pour éviter les contradictions entre tactiques, le choix était fait de rejeter la diversité des tactiques.

1.2.2. Mais l'Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL), ancêtre d'AL, active de 1976 à 1991, s'était éloignée du plateformisme. Elle avait fait le choix d'abandonner l'unité tactique, qu'elle jugeait trop dirigiste pour la période historique de reflux des luttes dans laquelle l'UTCL évoluait. À la place, l'UTCL proposait un concept nouveau d'unité stratégique, qui permettait de laisser plus d'autonomie et de réactivité aux militant·es dans les luttes et de rendre l'organisation plus attentive aux évolutions et aux revendications des mouvements sociaux. Cependant, dans son bilan final, l'UTCL disait craindre d'être allée trop loin dans la direction du spontanéisme.

1.2.3. Dans cette motion, nous formulons l'hypothèse que l'UCL est elle bel et bien allée trop loin dans cette direction. En lieu et place d'unité stratégique, il ne nous reste plus qu'une unité théorique et éthique. Théorique, car nous portons toujours dans les luttes de masse la même analyse matérialiste des systèmes de domination et de leur renversement. Éthique, car nous incarnons toujours un même idéal autogestionnaire, démocratique, sincère. Mais l'unité stratégique a échappé à l'UCL quand celle-ci a cédé au spontanéisme. La construction des contre-pouvoirs par l'animation autogestionnaire des luttes n'est plus qu'une stratégie parmi d'autres. Parfois même, elle semble se réduire à un slogan et perdre son caractère stratégique.
2. Mieux se coordonner, pour et par l'unité stratégique

2.1. L'unité stratégique, ni dirigiste ni spontanéiste

2.1.1. Le dirigisme, le spontanéisme et l'autogestion ne sont pas juste des idées ou des intentions abstraites. Au contraire, ce sont avant tout des pratiques qui dépendent du contexte historique et de la conjoncture du niveau d'organisation des masses populaires. Dirigisme et spontanéisme n'ont pas le même sens pendant un mouvement de grève générale massif comme Mai 68 ou dix ans plus tard, quand l'UTCL analysait le reflux des luttes.

2.1.2. Par exemple, se réunir entre camarades de l'UCL avant une assemblée générale pour étudier et préparer l'ordre du jour peut être une bonne chose pour l'autogestion ou, au contraire, relever du dirigisme. C'est bénéfique pour l'autogestion si de nombreuses forces politiques sont attendues à cette assemblée générale et si on sait que certaines vont tenter d'imposer leurs vues contre l'avis majoritaire des personnes en lutte. Au contraire, c'est dirigiste si l'affluence à cette assemblée générale va être faible, les débats peu animés, et si l'UCL est la seule force politique organisée attendue.

2.1.3. Pour situer le dirigisme, le spontanéisme et l'équilibre autogestionnaire, il faut raisonner en termes de positions dans un champ du pouvoir analysé avec attention. La pratique autogestionnaire prend les positions jugées utiles ou nécessaires, mais ne les monopolise pas durablement. Notre niveau de coordination doit dépendre de cette analyse.

2.1.4. C'est en vertu de cette analyse qu'il semble que l'UCL ne peut pas actuellement viser une unité tactique. L'UCL est une organisation très modeste au sein d'un mouvement social fragmenté dans une période de rapport de forces historiquement faible pour les masses populaires. Un trop haut niveau d'interventionnisme tactique ne pourrait et ne saurait exister sans nous faire tomber dans le dirigisme (par exemple si nous incitions nos militant·es à viser systématiquement certains mandats précis dans les fédérations ou les syndicats professionnels). Plaquer aujourd'hui une unité tactique homogène sur des luttes hétérogènes serait une politique contraignante, inadaptée et sourde aux revendications et aux aspirations légitimes des masses populaires. Au contraire, dans un mouvement social divers et en constante reconfiguration, nos tactiques doivent être également diverses et capables de souplesse.

2.1.5. L'UCL part donc d'un état spontanéiste d'unité seulement théorique et éthique et doit se déplacer sans aller jusqu'à un état dirigiste d'unité tactique. Nous situons l'équilibre autogestionnaire dans la conjoncture actuelle au niveau de l'unité stratégique. Ni dirigiste ni spontanéiste, l'unité stratégique communiste libertaire respecte, valorise et défend l'indépendance des mouvements sociaux. Elle est pensée et coordonnée collectivement mais se déploie à visage découvert. Elle est politiquement plus affirmée qu'une simple unité théorique et éthique mais elle laisse libre cours à des tactiques diverses adaptées à des réalités hétérogènes - ce qui ne signifie pas que l'organisation se lave les mains des questions tactiques, nous allons y revenir.

2.1.6. L'objectif de l'unité stratégique est la construction des contre-pouvoirs. L'unité autour de cet objectif clairement identifié donne du sens à la coordination des animateur·rices autogestionnaires des luttes.

2.2. Les contre-pouvoirs et la grève générale expropriatrice

2.2.1. La construction des contre-pouvoirs n'est pas un slogan. C'est notre stratégie, avec un contenu qu'il nous faut redécouvrir, repréciser, pour pouvoir ensuite concrètement se coordonner. En retour, l'amélioration de notre coordination affinera notre perception du contre-pouvoir.

2.2.2. La construction du contre-pouvoir populaire doit déboucher sur une grève générale expropriatrice, annonciatrice de l'entrée dans la phase du double pouvoir et de la possible rupture révolutionnaire. Cette grève expropriatrice doit être véritablement générale et donc doit dépasser la seule sphère du travail salarié. En particulier elle doit être féministe et viser le travail gratuit des femmes. C'est cette perspective de grève générale expropriatrice qui explique et justifie les choix que l'on fait de nos investissements aujourd'hui dans les organisations de masse que sont les syndicats, plannings familiaux, collectifs d'habitant·es, etc. C'est dans cette perspective que nous nous coordonnons. C'est aussi dans cette perspective que nous pouvons investir des collectifs internationalistes ou antifascistes, en y encourageant les pratiques unitaires et les rapprochements avec les organisations de masse. En effet, la solidarité internationale et l'autodéfense populaire sont nécessaires à la fois aujourd'hui pour nos luttes et demain pour défendre les contre-pouvoirs puis la révolution.

2.2.3. Pour mieux dessiner le contre-pouvoir à construire, il faut interroger la place de chaque secteur, et de chaque métier au sein de chaque secteur, dans cette grève générale expropriatrice. Cette réflexion doit partir de la réalité des classes laborieuses et des implantations de l'UCL, pensées dynamiquement et non pas comme un fait statique et inamovible. Comment décloisonner les grèves sectorielles pour construire des grèves générales interprofessionnelles? Comment prendre en compte l'expertise des travailleur·euses sur leur travail, et donc sur les impacts de leur grève, afin de mieux appréhender la dynamique de chaque secteur? Comment éviter l'écueil de la grève par procuration? Les secteurs traditionnellement jugés bloquants le sont-ils par nature ou parce que l'auto-organisation, notamment syndicale, y est déjà forte? Dans quelle mesure les reconfigurations actuelles du capitalisme affaiblissent le pouvoir de blocage de ces secteurs? Dans quelle mesure ces reconfigurations nous obligent à investir d'autres secteurs ou métiers où l'histoire des luttes est moins ancienne et ancrée? De quels secteurs ou métiers aurons-nous le plus besoin, après l'expropriation, pour reprendre en main la production et la reproduction?

2.2.4. L'expérience du confinement en 2020 a montré que les «premières et premiers de corvée», école maternelle et primaire, santé, logistique, etc., loin de certains fantasmes ouvriéristes, sont des secteurs clés pour bloquer l'économie. Cela a confirmé l'importance de notre analyse sur les secteurs féminisés. La difficulté à mettre massivement en grève les services publics de l'éducation et de la santé n'en est que plus problématique. En revanche, l'enseignement supérieur joue un rôle économique nettement plus indirect, voire sacrifiable par l'État et le capital pour ce qui est de l'enseignement supérieur public universitaire. Mais la levée des cours libère les énergies étudiantes et la non délivrance prolongée de certains diplômes finira par secouer le marché du travail. Les secteurs de la logistique et du commerce, quant à eux, permettent d'écouler les biens produits dans les pays du Sud. Ils offrent donc le débouché commercial indispensable à la réalisation des profits. Ces secteurs sont peu syndiqués et remplis d'entreprises petites et moyennes, mais aussi de certaines grandes concentrations. Certains points des chaînes logistiques sont cruciaux. Le travail social, enfin, pèse sans doute peu économiquement mais son importance pour la reprise en main autogérée de la société est évidente. Il ne s'agit là que d'exemples; une réflexion d'ensemble doit être menée.
3. Des chemins tactiques vers l'unité stratégique

3.1. Travailler ensemble les tactiques d'animation autogestionnaire des luttes

3.1.1. Choisir de se donner une unité stratégique, ce n'est pas pour autant décréter qu'il ne faut pas s'interroger sur les tactiques. C'est laisser ces interrogations entre les mains des militant·es au plus près du terrain, donc quand c'est possible dans leurs groupes locaux. Si la stratégie est la construction des contre-pouvoirs, alors les pratiques individuelles d'animation autogestionnaire des luttes doivent devenir des tactiques au service de cette stratégie.

3.1.2. Dans cette perspective, les commissions d'intervention doivent être des outils. Elles pourraient par exemple lister des questionnements tactiques de base: choix de se syndiquer dans un syndicat plutôt qu'un autre, de rejoindre une organisation féministe ou antiraciste plutôt qu'une autre, types de tâches et de mandats à privilégier selon la situation, marche à suivre pour promouvoir les pratiques autogestionnaires et identifier et dépasser les éventuels blocages, type de luttes à privilégier sur le territoire et dans la période, informations à connaître sur les courants politiques sous-marins présents dans le syndicat ou la lutte locale, etc. Ces listes de questionnements tactiques pourraient ensuite faire l'objet de discussions collectives, dans les groupes locaux puis en retour dans les commissions. C'est en permettant et en nourrissant de tels échanges non décisionnaires à l'échelle fédérale sur les tactiques des militant·es et de leurs groupes locaux que les commissions d'intervention retrouveront une utilité et attireront des militant·es.

3.1.3. Il est indispensable de rendre réguliers les compte-rendus d'activité dans les luttes et organisations de masse au sein des groupes locaux. Cela permet la diffusion des informations, la formation des nouvelles et nouveaux militant·es, et c'est un préalable à toute forme de coordination plus poussée. Ces comptes-rendus doivent être utiles, à la fois pour les militant·es novices ou implanté·es dans un tout autre front de lutte, et pour les militant·es en responsabilité ou avec des mandats lourds au sein de leur organisation de masse. En plus d'être utiles, ces comptes-rendus doivent être utilisés, et servir effectivement de base à des discussions dans les groupes locaux et dans les commissions d'intervention.

3.1.4. Plus généralement, nous devons transformer notre compréhension de l'implantation dans les luttes de masse. Il faut aller d'une compréhension contaminée par le libéralisme (individualiste, consumériste, méritocratique) vers une compréhension collective, de groupe. L'implantation des camarades dans les organisations de masse ne résulte pas d'un mandatement, mais ne doit pas non plus donner lieu à une observation passive. La relation avec le groupe doit être une relation de soutien tactique réciproque. Il doit être possible: d'échanger avec son groupe local sur la base des comptes-rendus d'activité pour cerner collectivement les enjeux réels des luttes; d'identifier où envoyer des renforts issus de nos rangs quand les décisions prises par les masses peinent à être mises en application par manque de main d'oeuvre militante, en veillant à ce que l'UCL ne prenne jamais toute la place et prépare son propre retrait; de réfléchir ensemble préalablement à toute prise de responsabilité, en soupesant les bénéfices pour l'auto-organisation des masses et les risques d'enrôlement dans la bureaucratie des militant·es en responsabilité, qui peut mener à une perte de lien avec l'UCL et de perspectives révolutionnaires; de réfléchir ensemble, de même, avant de démissionner de telles responsabilités; de permettre des échanges fructueux au niveau fédéral entre militant·es, en responsabilité ou non.

3.2. Homogénéiser stratégiquement la fédération de l'intérieur

3.2.1. Outre les tactiques d'animation autogestionnaire des luttes, il s'agit aussi de penser tactiquement l'unification de la stratégie de l'UCL.

3.2.2. Il est important que les commissions d'intervention, avec l'appui de la commission Relations intérieures, reprennent et mènent à bien le recensement fédéral des implantations dans les organisations de masse. Ce recensement permettra aux groupes de travail et commissions d'intervention de trouver des camarades ressource dans les groupes locaux et de les aider à se coordonner. La sécurisation de ce recensement a déjà été pensée et ne devrait plus constituer un obstacle. Les commissions d'intervention conduiront également la réflexion, esquissée ci-dessus, sur la grève générale expropriatrice. Ces travaux portés par les commissions d'intervention sont des projets concrets, qui exigent que des militant·es s'y consacrent, mais qui en retour sont susceptibles de participer à redynamiser les commissions d'intervention. Des rapports remis régulièrement en coordination fédérale rendront compte de l'avancée de ces travaux.

3.2.3. Une fois les commissions d'intervention redynamisées, les instances fédérales décisionnaires (coordination fédérale, secrétariat fédéral, congrès) pourront penser et déployer la stratégie de construction des contre-pouvoirs de manière transversale, dans une véritable unité stratégique concevant les différents fronts de lutte comme complémentaires et non pas comme séparés voire concurrents. Les coordinations fédérales, en particulier, ne doivent plus être de simples chambres d'enregistrement d'orientations et de campagnes votées mais trop peu appliquées. Un temps important de l'ordre du jour des coordinations fédérales doit être dédié au bilan des orientations et des campagnes préalablement décidées: leur déploiement effectif par les groupes locaux, le public touché, l'impact sur la construction des contre-pouvoirs. Une campagne qui ne sert pas de point d'appui à la stratégie de l'UCL de construction des contre-pouvoirs doit être remise en cause.

3.2.4. La question de la coordination, de l'unification de la stratégie, soulève celle de la formation. La création et le déploiement de la formation «Animation autogestionnaire des luttes», annoncée par la commission Formation dans sa motion Former pour la révolution, au congrès d'Angers, doit devenir une priorité de la commission Formation. Pour libérer des énergies dans la commission Formation, la formation d'accueil «Militer à l'UCL» doit voler de ses propres ailes grâce à des formateur·rices en nombre suffisant hors de la commission Formation. En effet, l'organisation de cette formation d'accueil reste aujourd'hui très chronophage pour la commission Formation qui constitue encore la majorité de l'équipe de formateur·rices.

3.2.5. En outre, l'UCL proposera des formations fédérales «Militer dans tel ou tel front de lutte» (syndical, etc.) ou affinera celles déjà existantes. Ces formations ne seront pas des redites des formations d'accueil dans les organisations de masse, mais seront des outils pour travailler à la construction du contre-pouvoir dans une perspective communiste libertaire et autogestionnaire. Elles permettront de mutualiser les connaissances et de coordonner nos interventions. Ces formations seront conçues conjointement par les commissions d'intervention et la commission Formation et donneront lieu à l'édition de cahiers de formation, afin d'être appropriables y compris par les camarades ayant peu de temps pour suivre les formations internes de l'UCL.

3.2.6. Une division du travail tacite s'effectue dans l'organisation entre militant·es très impliqué·es dans l'UCL et peu en dehors d'une part, et militant·es très impliqué·es hors de l'UCL et peu dedans d'autre part (même si de nombreuses réalités se trouvent à divers points entre ces deux pôles). Questionner cette division du travail est nécessaire pour une meilleure coordination de nos militant·es. Il faut travailler à éviter qu'une coupure trop nette ne continue de s'opérer entre ces deux profils militants. Cette coupure appauvrit notre organisation, nos analyses et la puissance de nos actions. Elle entraîne parfois des départs (suite à une perte de vue de l'organisation) ou une perte de lien avec les réalités du terrain. La coupure peut être atténuée par exemple par des contacts téléphoniques réguliers entre les secrétaires de groupes locaux et les camarades qui n'ont pas eu le temps de venir en réunion de groupe depuis longtemps. Un des objectifs de ces contacts réguliers doit être de permettre la participation de ces camarades à la vie du groupe. Notre stratégie révolutionnaire de construction de contre-pouvoirs ne peut être réalisable que si nous parvenons à militer à la fois à l'UCL et à l'extérieur.

3.2.7. Pour aider les différents profils militants à se comprendre, il nous faut aussi conserver l'objectif de maximiser la proportion de militant·es de l'UCL syndiqué·es et implanté·es dans des organisations de masse. Il y a bien des situations matérielles qui rendent cela difficile et il est pour le moment précieux d'avoir des camarades qui se dédient quasiment uniquement à notre organisation, à ses groupes locaux et à ses instances fédérales. Mais il demeure fondamental de ne pas accepter une situation de fait qui amènerait à nourrir la coupure. Il est de la responsabilité des groupes locaux d'identifier les blocages qui peuvent être levés et de les lever collectivement. Une implication syndicale est presque toujours possible (par exemple au niveau interprofessionnel, dans des commissions de syndicalisation, d'aide aux sans-papiers, d'accueil juridique, etc., à défaut d'un syndicalisme au niveau professionnel). Les exceptions sont rares et doivent le rester.

3.3. Orienter la sociologie de l'UCL au profit de notre stratégie

3.3.1. Une fois les militant·es de l'UCL réuni·es derrière la stratégie de construction des contre-pouvoirs, l'étape tactique suivante consiste à inscrire l'UCL, organisation évidemment composée d'individus, dans une dynamique sociologique qui évolue.

3.3.2. L'enjeu de notre intervention et coordination dans les organisations de lutte pose la question de notre recrutement et de notre développement. En effet, intervention et coordination ne peuvent avoir de véritables impacts que si elles s'effectuent à des endroits centraux du rapport de forces.

3.3.3. Si le recrutement est une question politique, alors il manque à l'UCL une véritable politique de recrutement, aux contours dessinés collectivement. L'état de fait du recrutement passif et la réticence à recruter pour l'UCL dans notre entourage professionnel ou militant doivent être dépassés. Notre politique de recrutement doit se positionner sur un spectre reliant deux pôles. Le premier, prioriser l'évolution quantitative et ainsi augmenter le nombre de militant·es de l'UCL sans tenter d'en changer le «visage». Le second, prioriser la modification d'implantation sociale de nos membres et aller recruter des adhérent·es travaillant dans certains secteurs ou investissant certains fronts de lutte. Il s'agit, non pas de choisir un pôle, mais de placer le curseur sur une position intermédiaire soigneusement réfléchie. Pour dynamiser notre capacité à nous coordonner dans les luttes, nous devons d'abord atteindre une masse critique (un nombre suffisant de militant·es) qui est encore lointaine, que l'on parle de milliers ou de dizaines de milliers de militant·es ou même plus. Cette masse critique est aussi nécessaire pour sécuriser notre trésorerie.

3.3.4. Il faut donc en priorité accroître notre nombre de militant·es et réussir à nous implanter dans les espaces géographiques où nous ne sommes pas encore présent·es. Cela n'empêche en rien les groupes locaux ayant déjà atteint une taille importante de réfléchir à une modification d'implantation sociale locale et à déployer leurs actions en conséquence. Mais le nombre substantiel de groupes de taille très restreinte nous semble rendre prématuré de leur demander de privilégier un type de profil plutôt qu'un autre. De nouvelles enquêtes sur la sociologie de l'UCL seront réalisées périodiquement pour mesurer l'évolution.

3.3.5. Sans attendre la masse critique qui nous permettra de mieux orienter les recrutements, nous pouvons d'ores et déjà travailler à une communication et à un fonctionnement interne plus inclusif. Il faut par exemple 54 renouer avec les tracts en bandes-dessinées des débuts de l'UCL ou avec le projet de Manifeste facile à lire et à comprendre (FALC).

3.3.6. Dès maintenant, nous pouvons aussi déployer un volet de politique d'embauche permettant d'aiguiller nos camarades recherchant un travail ou un secteur d'activité. Il ne s'agit pas d'établir des militant·es dans l'industrie comme des trotskistes ou maoïstes ont pu le faire en France dans les années 1970-1980. Il s'agit de s'installer dans des secteurs propices au déploiement de notre stratégie de construction des contre pouvoirs, en soupesant les critères issus de notre réflexion sur la grève générale expropriatrice.

3.3.7. Une contradiction devra être résolue, entre l'orientation vers des secteurs où une tradition syndicale forte existe, ce qui permet d'importants droits syndicaux et des conditions d'emploi tendanciellement meilleures qu'ailleurs, et l'orientation vers des secteurs souvent précaires et peu syndiqués mais au coeur des reconfigurations actuelles du capitalisme, secteurs féminisés, sous-traitance, auto-entrepreneuriat, très petites entreprises, etc. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'aider les camarades à vivre au mieux leurs choix professionnels, afin de rendre matériellement possible l'apprentissage et la pratique de l'animation autogestionnaire des luttes. Adossé à la commission Travail, un petit groupe de référent·es fédéraux sera mandaté pour que cette politique d'embauche connaisse le succès dans la prochaine période.
4. Correction du Manifeste - Contre-pouvoir, double pouvoir et rupture révolutionnaire

4.1. Nous corrigeons le Manifeste pour préciser la «définition» des contre-pouvoirs dans le sens de ce qui est défendu plus haut, en soulignant l'importance de concevoir les choses en termes d'«exercer» un contrepouvoir et/ou construire le contre-pouvoir et non pas d'«être» (ou ne pas être) un contre-pouvoir.

Dans le chapitre «Contre-pouvoir, double pouvoir et rupture révolutionnaire», remplacer:

La prise de conscience révolutionnaire s'appuie généralement sur une expérimentation concrète à travers la lutte de classe, les luttes émancipatrices et leur autoorganisation. Syndicats de lutte, comités de privé·es d'emploi, comités de mal logé·es, organisations féministes, collectifs antiracistes, comités dénonçant les violences policières... Tous participent d'une logique de contrepouvoir face au capitalisme et à l'État.

Ces contrepouvoirs sont potentiellement les embryons d'une alternative politique et sociale, mais potentiellement seulement. Ils peuvent le devenir s'ils adoptent des pratiques autogestionnaires et des perspectives anticapitalistes, antipatriarcales, antiracistes, écologistes, révolutionnaires... Le courant communiste libertaire doit y contribuer activement, et veiller à s'opposer aux discours et aux pratiques dirigistes, car la liberté n'est pas pour nous une fin lointaine autorisant le recours à n'importe quel moyen, mais elle est le but et le moyen.

par (en gras ce qui change):

La prise de conscience révolutionnaire s'appuie généralement sur une expérimentation concrète à travers la lutte de classe, les luttes émancipatrices et leur autoorganisation. Syndicats de lutte, comités de privé·es d'emploi, comités de mal logé·es, organisations féministes, collectifs antiracistes, comités dénonçant les violences policières... Tous peuvent préfigurer des assemblées générales populaires capables d'exercer des contre-pouvoirs face au capitalisme et à l'État.

Ces contrepouvoirs sont potentiellement les embryons d'une alternative politique et sociale. Ils peuvent le devenir s'ils se maintiennent et se fédèrent à l'occasion d'une situation de crise qu'ils peuvent avoir participé à déclencher. Le courant communiste libertaire doit contribuer activement à la construction de contre-pouvoirs autogestionnaires et opposés au capitalisme, au racisme et au patriarcat. L'animation autogestionnaire des luttes, ni spontanéiste ni dirigiste, sert cette construction et met en adéquation la finalité révolutionnaire et les moyens aujourd'hui déployés.

Plus loin, remplacer:

Les contrepouvoirs actifs en amont peuvent alors former l'armature d'un maillage d'organes démocratiques - qu'ils se nomment fédérations locales, fédérations d'industries, communes, conseils, comités de quartier ou d'usine, assemblées populaires - qui commencent à reprendre en main les activités économiques et sociales. La fédération progressive de cet ensemble dessine les contours d'un pouvoir populaire concurrençant le pouvoir d'État.

par:

Les assemblées générales populaires constituées en amont et exerçant des contre-pouvoirs durables - qu'elles se nomment syndicats, unions locales, communes, conseils, comités de quartier - peuvent alors commencer à reprendre en main les activités économiques et sociales. La fédération progressive de cet ensemble dessine les contours d'un pouvoir populaire concurrençant le pouvoir d'État.

Nos autres orientations de congrès adoptées depuis la création de l'UCL seront corrigées par un groupe de travail mandaté à cet effet, afin d'harmoniser l'emploi du terme contre-pouvoir. Ce groupe de travail rendra ses travaux lors d'une coordination fédérale et ceux-ci devront être approuvés par un vote à 60%.
5. Ajouts aux Statuts

5.1. Nous complétons les Statuts comme suit.

Ajouter au paragraphe 3.3.9.:

En particulier, des formations continues sur les spécificités et les enjeux du militantisme communiste libertaire dans chaque front de lutte sont régulièrement dispensées.

Ajouter au paragraphe 5.4.1.9. sur la commission Formation:

La commission Formation organise la formation continue en lien avec les autres commissions.

Ajouter au paragraphe 5.4.2.1.2. sur les rôles des commissions d'intervention:

Les commissions d'intervention ont pour tâche de coordonner l'intervention des militant·es de l'UCL sur leur champ d'intervention.

Ajouter un paragraphe 5.4.1.4.:

5.4.2.1.4. La liste des commissions d'intervention et leurs mandats sont précisés dans le Règlement intérieur.

https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Coordination-dans-la-construction-des-contre-pouvoirs

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