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(fr) Comite de Solidarite avec les Zapatistes, au Brésil (ca,en)

From "Peregrine (David)" <peregrine@cybergal.com>
Date Thu, 28 May 1998 06:31:16 -0400 (EDT)
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--Message reçu en castillan, et traduit en français par un jeune étudiant de langues vivantes,
en Angleterre, <peregrine@cybergal.com>.  Attends-toi à des fautes !
--Il s’agit d’une déclaration de solidarité du Brésil envers les zapatistes.

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  Nous sollicitons des camarades la diffusion de ces informations par tous les moyens
électroniques et conventionnels disponibles.  Nous remercions tous ceux qui puissent les
traduire en anglais ainsi qu’en d’autres langues.
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  Comité de Solidarité avec les Communautés Zapatistes
  São Paulo - Brésil

  Le 5 mai 1998, l’acte du lancement du «Comité de Solidarité avec les Communautés
Zapatistes» se réalisa dans l’amphithéâtre de la Faculté de Droit de la ville de São Paulo,
auquel participèrent plus de 400 personnes, représentant environ 100 organisations de la
société civile locale.

  Parmi les présents étaient Javier Elorriaga, coordinateur du Front Zapatiste de Libération
Nationale (FZLN), et Edur Velasco, également dirigeant du FZLN.  Parmi les organisations de
la société civile brésilienne qui participèrent à la création du comité sont le Mouvement des
Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST [Movimento Sem Terra]), la Centrale Unique de
Travailleurs (CUT), le Mouvement des Sans-Abri (MTST), La Centrale des Mouvements
Populaires (CMP), le Mouvement Noir Unifié (MNU), le Parti des Travailleurs (PT), le Parti
Communiste du Brésil (PCdoB), le Parti Socialiste Ouvrier Unifié (PSTU), des syndicats
ouvriers, des représentants du mouvement étudiant, du mouvement féministe, du mouvement
anarcho-punk, de l’église progressiste, des parlementaires, des représents de divers
regroupements et mouvements populaires.

  Le comité présenta son manifeste pour soutenir les communautés zapatistes et ses actions
initiales de solidarité, comme des manifestions contre la politique du gouvernement mexicain
dans le Chiapas, devant le consulat du Mexique à São Paulo.

  Javier Elorriaga et Edur Velasco participèrent à une semaine d’activités organisée par le
comité, laquelle comprit des débats avec divers milieux sociaux, des contacts avec des
sydicats, avec le MST et d’autres organisations populaires, et des voyages dans d’autres
états brésiliens.  À Rio de Janeiro les représentants du FZLN préconisèrent la création
d’encore un comité de solidarité avec les communautés zapatistes et voyagèrent dans le nord
du pays aussi, pour connaître la réalité des communautés rurales qui souffrent les effets de la
sécheresse depuis plusieurs mois.  À São Paulo, en plus, ils participèrent au lancement du
livre «La Revolución invencible», une anthologie des communiqués du sous-commandant
Marcos et du EZLN, traduits par les sociologues Massimo Di Felice (italien) et Cristóbal
Muñoz (mexicain).  On reproduit ci-dessous le manifeste du Comité de Solidarité avec les
Communautés Zapatistes et sollicite sa diffusion.  Merci !

MANIFESTE

  Tandis que les porte-paroles du capitalisme en sa version actuelle, le néolibéralisme,
proclament sa victoire et décrètent la «fin de l’Histoire», ce modèle-ci condamne des millions
et des millions d’êtres humains à l’exclusion du système productif et nourrit la croissance de
la barberie dans de nombreux pays.

  L’Amérique Latine n’est pas à l’abri de cette tragédie.  Les derniers 500 ans de son histoire
son remplis de massacres et de l’oppression contre les peuples indigènes, les Noirs et les
pauvres en général.  Ce sont cinq siècles d’exploitation et de misère propagées dans la
région qui se présentent aujourd’hui comme un abîme social de plus en plus profond.

  En même temps, l’histoire des peuples latino-américains, qui ne s’écrit pas uniquement dans
les livres de l’histoire officielle, est aussi une histoire de luttes et de résistance permanente
aux oppresseurs.

  Dans cette époque où la globalisation --ou l’internationalisation des marchés-- et la formation
des grands blocs économiques tels que le Marché commun européen, l’Accord de libre-
échange nord-américain (ALÉNA/NAFTA) et le Mercosur cherchent à dominer la scène
mondiale, dans de nombreux pays les mouvements sociaux qui s’opposent à ces modèles
d’intégration verticale se rendent plus forts et commencent à réaliser des alternatives aux
politiques néolibérales.

  Le 1er janvier 1994, pendant que commençait l’ALÉNA, au sein du jusqu’alors oublié état
mexicain de Chiapas, des milliers de combattants de l’«Ejército Zapatista de Liberación
Nacional» (l’Armée Zapatiste de Libération Nationale -- EZLN) poussèrent leur cri de «¡Ya
Basta!» («Ça Suffit!») et surprirent le monde avec leurs actions éclair, leurs figures indigènes
en passe-montagnes et leurs armes.

  Depuis cette date, le Zapatisme s’est convertie en un mouvement sans précédent dans
l’histoire récente des luttes sociales du continent.  Au-delà d’être une guérilla, la résistance
des communautés indigènes et paysannes du Chiapas rebelle inspire des millions de citoyens
en Mexique et partout dans la planète, qui, depuis ce janvier 1994 jusqu’aujourd’hui, se
solidarisent avec l’EZLN dans leur lutte pour terre, travail, abri, santé, éducation, alimentation,
indépendance, liberté, démocratie, justice, et paix.  C’est un mouvement qui ranime les
espoirs et qui proclame au monde: «L’Histoire ne s’est pas terminée»

  Ce cri de «¡Ya Basta!» résonne aux périphéries des grandes villes, dans la campagne, dans
le Premier et Tiers Mondes, dans les milieux sociaux qui ne se soumettent pas au modèle
néolibéral.  Celui-ci est le même cri contre l’exclusion sociale qui, au Brésil, unit dans une
seule lutte les travailleurs urbains, les paysans, les sans-terre, les chômeurs, les exclus, les
femmes, les jeunes, les Noirs, les indigènes.  C’est pour cela que nous croyons
qu’aujourd’hui, l’EZLN et le MST (Movimento Sem Terra) représentent les deux mouvements
populaires les plus importants de cette planète.

  Le peuple brésilien ne pourrait rester indifférent, car les blessures toujours ouvertes par les
massacres de Corumbiara et Eldorado de Carajás, il y a deux ans, qui touchèrent des
dizaines de paysans sans terre, eurent les mêmes traits cruels du récent massacre de
quarante-cinq paysans chiapaneques à Acteal.

  C’est pour tout cela que nous autres camarades de divers mouvements populaires,
organismes de la société civile, partis de gauche, syndicats et autres organisations sociales,
nous reconnaissons dans le cri de «¡Ya Basta!», et nous proposons de construire ensemble le
«Comité de Solidarité avec les Communautés Zapatistes».

  Un comité composé de bénévoles, qui n’aura ni maître ni dirigeant et qui appartiendra
pourtant à tous les camarades qui s’identifient à la lutte des communautés zapatistes
résistantes, qui croient au rêve d’un monde juste, égal, et libre, et qui veulent vivement
réaliser ce rêve: «Un monde où il y a de la place pour de nombreux mondes».

  Ce Comité de Solidarité avec les Communautés Zapatistes propose de:

  --Étudier et diffuser la lutte des communautés zapatistes, organiser de l’appui politique et
matériel, dénouncer et réaliser des protestations contre les attaques du gouvernment
mexicain du PRI, exécutés par l’armée fédérale ou par les groupes paramilitaires, contre
l’EZLN et contre les communautés indigènes et paysannes, tels que le massacre du 22
décembre 1997, à Acteal, Chiapas.

  --Organiser des échanges entre les communautés zapatistes et les camarades brésiliens qui
se solidarisent avec sa lutte, en participant aux «Campings Civils pour la Paix» ainsi qu’aux
autres actions de solidarité.

  --Soutenir la révolution mexicaine et zapatiste, pour l’humanité et contre le néolibéralisme,
en exerçant l’internationalisme, en soutenant les mouvements qui luttent pour la libération des
opprimés partout dans le monde.

  --Participer au «Réseau Intercontinental de Solidarité, pour l’Humanité et contre le
Néolibéralisme» et au «Réseau Intercontinental de Communication Alternative» souscrivant à
la «Seconde Déclaration de La Realidad», d’août 1996.

  Pour l’accomplissement des Accords de San Andrés;
  Pour la fin de l’occupation de l’armée fédérale mexicaine dans le Chiapas;
  Pour le recommencement des négociations de paix;
  Pour la punition de tous les responsables des massacres et violations des droits humains
des villages indigènes et paysans;
  Pour l’adhésion à la Déclaration des Principes de l’EZLN;
  Pour la Démocratie, la Liberté et la Justice !

  Comité de Solidarité avec les Communautés Zapatistes

  São Paulo -- Brésil, mai 1998.

  Pour davantage d’informations, contacter:
--Pedro H. Ortiz <phortiz@sti.com.br> / <phortiz@hotmail.com>
--Beth Seno <eseno@usp.br>

--Traducteur: <peregrine@cybergal.com>

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