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(fr) A Strasbourg, avec la Ligue Communiste Révolutionnaire(trotskiste), des libertaires du collectif de chômeurs connaissent la violence du délit dopinion...

From OCL-Strasbourg <ocl_relex@hotmail.com>
Date Tue, 12 May 1998 13:27:21 +0200


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  A Strasbourg, avec la Ligue Communiste Révolutionnaire(trotskiste),
des libertaires du collectif de chômeurs connaissent la violence du
délit d’opinion

Depuis un siècle le 1 mai représente  pour l’ensemble des classes
laborieuses, désirant  de s’émanciper, un lieu d’unité devenu plus de
fait que de réalité. L’intégration des mouvements sociaux dans la vie
politique insti-tutionnelle et parlementaire, ont fait qu’à l’intérieur
même des forces voulant se battre contre le capitalisme et le salariat,
les clivages se sont accentués et les divergences, tant idéologiques que
pratiques sont devenues inconciliables.
Pourtant, il ne nous semble pas opportun que cette date soit le jour des
règlements de compte et des gladiateurs.

Le collectif des chômeurs et précaires de Strasbourg pendant plus de
trois mois a regroupé, entre autre, de multiples militantEs défendant de
multiples opinions politiques. A notre grande satisfaction, dépassant
ces clivages de chapelle, l’assemblée générale du collectif a été
souveraine, elle contrôlait l’ensemble des décisions et quand cela était
nécessaire, elle mandatait pour un temps souvent très court. Notre
participation a toujours dépendu aussi de cette démocratie directe.
Malgré une idée de l’avant garde très soutenue, la LCR à Strasbourg a
participé elle aussi à ces assemblées générales. La LCR à Strasbourg a
tenté et tente d’impulser ses propres stratégies, liées à la confiance
qu’elle noue à son camarade, Christophe Aguiton, porte-parole d’AC !
(Agir ensemble contre le chômage !).
A nos yeux, cette orientation ne cherchait qu’à faire aboutir une
reconnaissance institutionnelle du mouvement de chômeurs. De plus, cette
orientation se refusait à aborder les noyaux principaux du problème : le
travail, la reconnaissance du seul profit comme richesse, les circuits
financiers, l’économie, les rapport nord/sud, bref le capitalisme.

A l’intérieur de la maison des potes, avenue de Colmar, la LCR a
organisé, comme traditionnellement, un barbecue pour le 1er mai, et elle
a désiré y inviter le collectif de chômeurs et précaires, issu du
mouvement de cette année. Aimant tout simplement les banquets, nous nous
y sommes rendus avec de nombreux et nombreuses camarades et amiEs du
collectif. Mais, même si la LCR s’est toujours défendue d’une certaine
forme d’unité, elle en rejette pas moins d’autres formes. Ainsi, ce jour
là, toujours si près de la pertinence du débat politique, la LCR a joué
avec certains d’entre nous ce que finalement elle sait très bien jouer à
Strasbourg  depuis de nombreuses années : le bruit de chiotte,
l’insulte, l’intimidation , l’agression et la violence.
A peine arrivés, certains membres du collectif se sont fait insulter
pendant que nous autres libertaires étions constamment harcelés
verbalement et physiquement sur des propos qui dépassaient souvent le
cadre politique. Les points politiques qui nous étaient reprochés
étaient d’avoir très fermement critiqué le rôle d’Aguiton dans le
mouvement de chômeur (non respect de l’AG de la maison des ensembles
dont il dépendait, son rôle moteur dans les négociations avec le
gouvernement et ce qu’il a défendu, critique politique de la direction
d’AC !…). Et puis toutes choses ne sont pourtant coutumes, les bruits de
chiottes et les rires à deux francs sont apparus : « vous nous avez
traité de flic »… Vous êtes des flics… Vous êtes des sociaux démocrates…
vous êtes des supos du patronat… que des bonnes blagues dans un style
allégé !
Mais le fond était qu’en nous invitant, comme pour Jospin, il y avait
les bons précaires et les autres.
En nous agressant dès notre arrivée, le piège est tendu. L’agression
physique devait engendrer une réponse physique. Et le trotskiste aurait
pris à la bourgeoisie son imaginaire de l’anarchiste, il l’aurait
répété.
Mais, en étant de toute façon bien moins nombreux que la petite horde de
l’avant garde musclée, et ne désirant évidement pas jouer ce jeux là,
nous avons essayé de ne pas répondre à la provocation, souvent physique,
pour pouvoir plutôt partager des analyses de luttes avec des amiEs et
s’enivrer gaiement.   Mais pendant quatre heures, le harcèlement et la
violence d’une partie de la LCR sont montés en crescendo. Notre
agacement aussi. Le final de ce triste orchestre s’entama lorsque l’un
de nous a fait l’objet d’une agression désirant le faire chuter du haut
d’un escalier. Cette agression plus « dynamique » que les précédentes a
été perpétrée essentiellement par quelques militants de la LCR (bien
connu pour être des dirigeants de leur organisation). Le reste des
militants et jeunes militants (manquant certainement de consignes) n’ont
pas réagi, et ont ainsi laissé faire ces actes. Il leur appartiendra
certainement de se positionner face à de tels comportement virils,
reflétant les pires aspects des comportements masculins et des manières
que l’éducation patriarcale a appris aux mecs de se comporter.
Durant ces quelques heures, notre réaction a été celle de nombreuxSE
militantEs anarchistes. Refuser la marginalisation dans laquelle la
gauche et la gôche de la gôche veulent historiquement nous enfermer dans
les mouvements. Ne pas céder, entre autre devant la violence, à nos
positions plus que critiques de la social-démocratie au pouvoir et de
ses alliés. Ne pas faire du combat macho le moyen de débat. Garder la
place puisque nous y avons été invités, que ce n’était pas eux que nous
étions venus voir, et que nous nous y plaisions tout simplement.
Ainsi le dernier acte de l’orchestre du jour produisit son apothéose :
le fracas. Le fracas fut inévitable pour se dégager, le départ fut
obligé pour éviter que l’agression ne crée la spirale immédiate de la
riposte de l’agression. Quant à la violence qui a été la nôtre, elle n’a
été que le fruit d’une provocation subie pendant quatre heures et d’une
agression physique plus grave que les précédentes. Bien entendu, comme
certainement de nombreuse personnes sur place, notre comportement
n’était pas détaché des conditions climatiques et des accompagnements
gastronomiques. Bien entendu, là n’était absolument pas le problème.

Un tel comportement de la LCR montre bien les énormes difficultés que
cette organisation rencontre. Elle cherche d’un côté à être un
partenaire privilégié de la gauche plurielle, et par conséquent du
gouvernement. Et puis de l’autre côté à être un élément présent dans les
mouvements. En essayant de jouer un rôle de tampon entre les mouvements
sociaux et les partis de pouvoir, la LCR cherche à se positionner comme
le représentant du mouvement, comme le parti communiste a essayé de
l’être longtemps.
A y regarder de près le mouvement de chômeur de décembre-février 97/98,
la LCR tient comme position celle d’un déclencheur du mouvement (par AC
!) et que celle d’être capable de l’arrêter pour ne pas affaiblir de
trop le gouvernement… En même temps, la LCR continue de reposer sur son
identité gauchiste du début des années 70 qui l’a mené aux événement de
73 qui ont abouti à son interdiction, de sa culture du service d’ordre
musclé et du coup de poing politique.
Le problème de cette marge historique que pose la stratégie politique,
actuelle, de la LCR, impliquée dans son appartenance au cartel de la
gôche de la gôche, et de son identité de barricade, passée, interprète
bien les difficultés internes que cette organisation trotskiste
rencontre. En ciblant de manière éphémère le courant libertaire, elle
croit recoudre le sac percé.

De tels comportements sont certainement pour la LCR un aveux d’échec,
mais qu’elle en assume seule ses positions.

Organisation Communiste Libertaire - Strasbourg
C/O Alaf - BP 14 - 67033 Strasbourg

E-mail : ocl_relex@hotmail.com



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