A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
The last 100 posts, according
to language
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Trk�_
The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Trk�
First few lines of all posts of last 24 hours ||
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008
Syndication Of A-Infos - including
RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}
(fr) Expulsion, occupation de toit et GIPN - Marseille
Date
Thu, 27 Nov 2008 22:52:33 +0100 (CET)
occupation et expulsion de la rue de la république, samedi 22 novembre
« Nous ne revendiquons riens. On n'attend rien de personne. Face à la répression et
à l'exploitation, organisons nous-mêmes la résistance. On aura ce qu'on prendra. On
s'en fout du droit. »
Il est 23h50'54'' quand la petite troupe de gens massés au pied du 69 rue de la
République reçoit ce SMS de revendication signé « les occupants du toit du globe ».
Dans la journée du samedi 22 novembre, des banderoles (« ils investissent, nous
aussi ») avaient été déployées depuis un immeuble occupé depuis quelques jours au
moment où la manifestation pour le droit au logement passait sous les fenêtres du
bâtiment.
Alors que les ministres du logement, de l'urbanisme, de l'aménagement du territoire
et du développement durable devaient se réunir le lundi 24 à Marseille, un petit
groupe de gens avait décidé de se réapproprier un de ces innombrables lieux vacants
de la rue de la République. Depuis des années, le patrimoine immobilier de cette
rue comme de l'ensemble du périmètre Euromed passe de mains en mains: banques,
fonds de pensions, etc. qui ont vidé le quartier de ces habitants à coups
d'expulsions, d'intimidations, d'incendies, etc. Aujourd'hui, la moitié de la rue
appartient à ATEMI dont la banque Lehmann brothers, largement actionnaire,
est désormais en faillite. D'où ces quelques slogans criés sous les banderoles: «
la rue de la république est vide, reprenons-la », « Lehmann brothers est mort, vive
la crise! » Le soir même, une discussion était proposée dans le lieu « pour
construire ensemble les ripostes et solidarités à venir contre l'aménagement urbain
et ses expulsions » (extrait du tract). Il s'agissait aussi d'emblée de faire vivre
collectivement cet ancien hôtel avec son bar (le Globe) au rez-de-chaussée. Le
projet n'était pas de faire une occupation spectaculaire et éphémère mais de
prendre un espace pour habiter et vivre ensemble, créer un espace de discussions et
de rencontres qui puissent faire émerger des solidarités concrètes face aux
offensives des urbanistes.
Il est 20h30. Une soixantaine de personnes mangent et discutent entassés dans le
bar quand les flics donnent l'assaut. Ils explosent la vitrine alors que des
personnes se trouvent juste derrière. S'ensuit une course poursuite dans
l'immeuble. Les gens refluent dans les étages en érigeant des barricades de fortune
derrière eux pour ralentir l'avancée des gardes mobiles. Ce qui s'est révélé
relativement efficace. Tout le monde se retranche au dernier étage et un petit
groupe monte même sur le toit. Ce ne sont pas spécialement les habitants du lieu et
le tout n'est pas vraiment prémédité. La cinquantaine de personnes restée au
dernier étage se fait finalement sortir de l'immeuble et séquestrer dans la rue qui
est bloquée mais les occupants du toit du globe demeurent.
Pendant ce temps, quelques personnes se regroupent dans la rue de la république et
hurlent « non aux expulsions ». Peu à peu, des passants les rejoignent, le trafic
est bloqué par un imposant dispositif policier: CRS, gardes mobiles, BAC. Sur le
toit comme dans la rue, personne ne cède aux basses man?uvres des flics: chantage
(« descendez du toit et on libère tout le monde »), intimidations, pressions de la
BAC... Une quarantaine de personnes de la caravane du logement (regroupement
d'associations pour le droit au logement) débarquent. Les flics relâchent la
cinquantaine de personnes parquées. Et tout le monde se regroupe.
Tout au long de la nuit, pleins de gens restent, arrivent ou se relaient. Il y a eu
jusqu'à 150/200 personnes dans l'attroupement malgré le froid. Au début, la
situation est un peu flottante: la police est manifestement dans l'indécision. On
imagine que ça téléphone dans tous les sens. les autorités se concertent.
Parallèlement, les occupants de la rue sont eux aussi dans l'expectative. Une
poubelle flambe, une voiture de flic est caillassée et rien ne se passe. C'est
l'attente.
A l'intérieur, les keufs tentent de mettre la pression aux occupants du toit et
saccagent le lieu. Une ribambelle de négociateurs se relaient pour les faire
descendre dont le commissaire divisionnaire et le sous-préfet mais rien n'y fait.
En bas, la caravane du logement apporte des boissons chaudes et de la bouffe fort
réconfortantes par ce temps de grand mistral. Des couvertures, de la nourriture et
un mégaphone sont discrètement fournis aux occupants du toit, histoire que la
détermination ne cède pas face aux assauts de la fatigue et du vent. En bas, le
groupe diminue mais l'ambiance est bonne. La rue de la République n'a jamais été
aussi vivante depuis des années: chants et slogans qui se répondent entre en haut
et en bas, partie de foot, spectacles... Cela dure toute la nuit.
Au petit matin, 12 cars de CRS arrivent en renfort et le GIPN prend position. Le
préfet mal à l'aise sur le toit tente une ultime négociation. En vain. Il ne peut
rien faire pour les revendications des occupants, à savoir:
l'abolition de la société de classes, de l'état et du capital le relogement de tous
les habitants de la rue de la République dans leurs anciens logements refaits à
neuf ou à défaut le fait de garder la maison.
Pendant ce temps, des habitants du quartier (le peu qu'il reste) apportent café et
croissants. Finalement, sur les coups de 10h, le GIPN procède à l'expulsion et les
occupants sont placés en garde-à-vue au commissariat de l'Evêché où se déplace, lui
aussi, le petit groupe de gens encore présents au pied de l'immeuble. La présence
est continue jusqu'à 16h, heure de leur libération, à priori sans poursuites. A
cette occasion, s'est encore une fois manifestée une solidarité concrète: des
travailleuses de la maison de retraite ramènent du café et des petits gâteaux, des
anciens habitants ont aussi été présents de longue.
Ce sont 24H aux cours desquelles quelque chose a été rompu et arraché à la
normalité: un rapport joyeux à la rue, une détermination à ne pas se laisser
intimider par l'occupation policière du territoire et tenter de faire vivre
ensemble nos désirs.
Le tout aura sans doute coûté très cher: l'important dispositif policier, le tram
bloqué pendant une douzaine d'heures, et la rue encore quelques heures de plus.
Cela n'aura duré que quelques heures.
Vivement la prochaine fois.
On est pas fatigué, on est déterminé.
Ni flic, ni fric, ni expulsions
A la prochaine, pour notre meilleur et pour leur pire.
Rendez-vous pour un repas de quartier dimanche 30 nov à 12H, rue Moisson.
[ expediteur/expeditrice <toitduglobe(a)gmail.com> ]
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe http://ainfos.ca/cgi-bin/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center